Airbnb : 'Du mauvais usage de la maison'

02/03/16 à 08:40 - Mise à jour à 03/03/16 à 09:27

L'actuelle évolution du marché immobilier pourrait bien entraîner une redéfinition du mot " maison " dans nos dictionnaires.

Airbnb : 'Du mauvais usage de la maison'

© BELGA

Maison : "nom féminin désignant un bâtiment construit pour loger une seule famille (opposé à immeuble, appartement)" (d'après Le Nouveau Petit Robert). Certes, la plupart d'entre nous se retrouvent dans cette définition. Et pourtant... Lorsqu'on voit ce que deviennent de nombreuses maisons, on peut vraiment s'interroger sur cette définition pour le moins simpliste. Bien loin de son rôle de nid familial, la maison est aujourd'hui devenue, pour un nombre croissant de citoyens, un moyen de se remplir les poches.

Basé sur le nouveau credo selon lequel le particulier est mieux placé que le professionnel pour offrir un service à ses semblables, la plateforme Airbnb construit son succès à la manière d'Uber. Contourner les circuits professionnels chargés de contraintes et de charges (donc "chers") pour offrir un service (à peu près comparable) à moindre coût grâce à internet et aux réseaux sociaux, c'est la mission que ces sites d'un genre nouveau se sont attribuée. Et les consommateurs, toujours à la recherche du meilleur profit individuel, s'engouffrent dans la brèche. Sans toujours comprendre la portée de leur décision... Les conséquences sont pourtant loin d'être anodines, à commencer par une concurrence déloyale vis-à-vis du secteur hôtelier, important pourvoyeur d'emplois.

À Bruxelles, pas moins de 5 000 logements sont ainsi offerts à la location de courte durée. Convaincus que c'est plus rentable, les propriétaires n'ont que faire de savoir si leur décision conduit à l'explosion des loyers ou à l'impossibilité pour certaines familles d'encore trouver à se loger.

Eric Cloes

Rédacteur en chef

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