CoDT : l'enthousiasme fait place à l'inquiétude

10/06/16 à 14:51 - Mise à jour à 14:51

Les professionnels du secteur de la construction représentés par la CCW (Confédération construction wallonne), l'UWA (Union des architectes wallons) et l'UPSI (Union professionnelle du secteur immobilier) sont unanimement inquiets de l'évolution du nouveau CoDT (Code de développement territorial).

CoDT : l'enthousiasme fait place à l'inquiétude

© Francis Carnoy

Ce nouveau code, en chantier depuis 2008 est censé remplacé l'ancien CWATUPE (Code wallon de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme, du patrimoine et de l'énergie), une lasagne institutionnelle devenue totalement indigeste et impossible à mettre en oeuvre au quotidien.

A l'enthousiasme d'avoir été longuement consultés et écoutés lors de l'élaboration du CoDT bis, succède aujourd'hui une lourde dose d'inquiétude. Celle-ci est due à l'incertitude du résultat du vote parlementaire. En effet, après un long débat parlementaire, on parle de 20 séances de 10 heures, plus d'une centaine d'amendements ont été présentés et risquent de mettre à mal le travail préparatoire effectué en concertation avec tous les professionnels du secteur, mais aussi les administrations provinciales de l'urbanisme et les communes. D'autant plus que les sursauts des derniers jours font état d'un passage en force de la majorité régionale avant les congés d'été. Cette pratique n'est bien sûr pas judicieuse au vote d'un texte qui devrait régir l'aménagement de la Wallonie dans les prochaines décennies. Le président de la CCW, Francis Carnoy, parle "d'une cathédrale prête à s'effondrer si l'on retire une pièce du puzzle."

Les professionnels en appel donc à un large consensus politique et à un vote respectueux du texte originel pour éviter que le texte voté ne soit rapidement remis en cause dans les mois qui viennent et ne subissent, comme le CWATUPE tellement décrié, une salve d'arrêtés correctifs dans les prochains mois. Sans ce large consensus, le nouveau code risquerait bien de créer une situation plus inextricable encore que celle que nous connaissons, et d'avoir de lourdes répercussions économiques pour tout le secteur de la construction qui n'en a vraiment pas besoin.

(Eric Cloes)

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