Des caravanes à Batibouw ?

12/02/14 à 10:39 - Mise à jour à 10:39

Source: Je Vais Construire

Va-t-on vers une fusion prochaine de Batibouw et du salon de la caravane ? La propension des banques à réduire drastiquement les quotités prêtées pour l'acquisition d'un logement pourrait bien avoir ce type de conséquence inattendue. Explication.

Des caravanes à Batibouw ?

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Va-t-on vers une fusion prochaine de Batibouw et du salon de la caravane ? La propension des banques à réduire drastiquement les quotités prêtées pour l'acquisition d'un logement pourrait bien avoir ce type de conséquence inattendue. Explication.

En prêtant des quotités atteignant péniblement les 70 à 80 %, les banques obligent les jeunes acquéreurs à réunir un apport personnel de l'ordre de 50 000 euros avant de se lancer dans l'acquisition d'une maison. Et cela ne va pas aller en s'arrangeant. D'une part, le prix de la construction ne cesse d'augmenter pour rendre l'offre conforme aux normes énergétiques ; d'autre part, même si les prix ont tendance à stagner ou à légèrement baisser, les maisons existantes seront de plus en plus chères à rénover si l'on souhaite les adapter aux exigences actuelles.

Acquérir un appartement ? Leur succès auprès des investisseurs rend leur prix de vente quasiment identique à celui d'une maison modeste. Il n'y a donc pas de véritable alternative possible en vue. Entre-temps, il faut se loger, et donc payer un loyer. Et en même temps, économiser. Mais comme le plus grand nombre est soumis à la même équation, le coût des loyers grimpe en flèche. Selon Century 21, une augmentation de pas moins de 15 % a été enregistrée en 2013 ! Résultat : même avec deux salaires moyens, il n'est possible d'économiser que des montants mensuels dérisoires qui, mis bout à bout, ne permettent pas d'envisager une acquisition avant 10 ou 15 ans...

Un dernier recours pour les jeunes ? Celui du retour à la caravane. La génération Z - celle des enfants nés après 1995, qui seront demandeurs d'un logement dans les prochaines années - est aussi appelée génération C pour "Communication, Collaboration, Connexion et Créativité". Cette liste de C devra-t-elle être complétée par le C de Caravane ? Inimaginable ? Pas tant que cela : l'achat d'une caravane se finance via un prêt personnel, comme une voiture. Relativement abordable, ce type d'achat n'est soumis ni aux frais de notaire ni aux droits d'enregistrement. Il ne faut donc pas disposer d'un gros bas de laine pour se lancer dans l'opération.

Reste à trouver un terrain. Cela doit être possible... Certains campings tolèrent déjà le logement permanent. Quant aux communes, elles sont censées mettre des parcelles à disposition des gens du voyage. Pourquoi pas, demain, à disposition de leurs propres administrés ? Mais il est aussi une autre tendance issue du tourisme dit collaboratif, celle du "Gamping", contraction de garden et camping. Il s'agit pour un particulier de mettre un bout de jardin à disposition de campeurs et de les autoriser à y planter leur tente ou à y parquer une caravane. La génération de la mobilité pourrait bien pousser la logique jusqu'à habiter dans un logement mobile...

Mais est-ce là l'avenir que notre société souhaite réserver aux jeunes ? Non, bien sûr ! C'est pourquoi, à l'occasion de la grand-messe de la construction, nous plaçons tous nos espoirs dans un sursaut politique qui stimule le secteur de la construction par un électrochoc avant la "mère de toutes les élections". À moins que nos dirigeants décident de ne rien décider et qu'ils reportent la relance du secteur aux calendes grecques, obligeant nos jeunes à camper en périphérie des villes ou au fond du jardin de papa et maman...

Eric Cloes Rédacteur en chef

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