"Il faudra apprendre à vivre sur des surfaces de plus en plus réduites" (Eric Cloes)

25/02/15 à 14:09 - Mise à jour à 14:09

Le salon de la construction Batibouw ouvrira ses portes demain. Nous avons d'ores et déjà interrogé Eric Cloes, rédacteur en chef de Je Vais Construire, sur quelques perspectives d'avenir.

"Il faudra apprendre à vivre sur des surfaces de plus en plus réduites" (Eric Cloes)

© iStock

L'achat d'un terrain à bâtir et la construction d'une habitation deviennent de plus en plus coûteux. Comment voyez-vous évoluer la situation en 2015? Les gens continueront-ils à construire ?

Eric Cloes: Il est exact que la nouvelle construction est de moins en moins accessible, et plus particulièrement en régions flamande et de Bruxelles capitale où les terrains à bâtir sont quasiment devenus impayables. Ce phénomène est moins perceptible en Wallonie où de nombreuses régions offrent encore la possibilité d'acheter un terrain à bâtir d'une dizaine d'ares pour un montant compris entre 50 et 100.000 euros. Le constat est qu'aujourd'hui, ceux qui souhaitent acquérir un nouveau logement se tournent davantage vers les appartements et les maisons groupées construites par les promoteurs. Ces habitats groupés offrent l'avantage de rester financièrement accessibles et de présenter des performances énergétiques conformes aux normes actuelles. Par contre, il faudra apprendre à vivre sur des surfaces habitables de plus en plus réduites.

Cette édition de Batibouw braque les projecteurs sur la 'maison digitale'. Que pensez-vous de l'automatisation d'habitations ? Quels sont selon vous les avantages et les inconvénients ?

La domotique et les applications capables de gérer la maison se multiplient de manière exponentielle. Outre les fonctions de confort (gestion de l'éclairage, des persiennes, de la musique...), de sécurisation de la maison et d'assistance à distance de personnes à mobilité réduite ou de grand âge, les applications les plus récentes permettent aussi la gestion de l'énergie (réglage du chauffage, de la ventilation...). S'il ne faut plus démontrer la pertinence d'une bonne gestion de l'installation de chauffage, il me parait toutefois plus important de donner la priorité à une bonne isolation de la maison. En diminuant les besoins chauffage de la maison, la domotique ou un thermostat intelligent trouvent de moins en moins leur raison d'être utilisés. Entretemps, ces technologies permettront encore de réaliser de substantielles économies en remplaçant favorablement les anciens moyens de régulation.

Le gouvernement flamand a déjà réduit le bonus logement et d'autres primes disparaîtront à l'avenir. Quelles primes sont indispensables ou devraient être créées ?

Les différents gouvernements régionaux ont régulièrement modifié leurs régimes de primes à la rénovation et à l'énergie ces derniers temps. Ce que le consommateur attend, c'est de la stabilité et une vision sur le long terme, mais nos politiciens ne semblent pas encore l'avoir compris... A mes yeux, les primes à l'assainissement et à la rénovation énergétique des logements individuels constituent des priorités. Mais pas dans n'importe quelles conditions. Pour les primes énergétiques, je plaide pour l'obligation d'un audit énergétique avant la réalisation de tous travaux couverts par des primes. Les consommateurs sous-estiment encore trop souvent la difficulté de donner la juste priorité à leurs investissements. Un audit peut les y aider. Le problème est que sans obligation ni soutien de l'audit par une prime spécifique, cette démarche restera anecdotique et les deniers publics risquent bien de ne pas toujours être investis à bon escient. (AB)

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