L'ordre flamand des architectes: "Le secteur est paralysé à l'étranger, il faut que nous en tirions profit"

26/02/14 à 13:42 - Mise à jour à 13:42

Source: Je Vais Construire

"Les architectes en Flandre ont toujours eu du mal" estime Christoph Grafe, le directeur de l'institut flamand d'architecture (Vlaams Architectuur instituut). Pour le secteur de la construction, les temps difficiles ne sont pas encore passés, mais les architectes semblent vivre la crise différemment.

L'ordre flamand des architectes: "Le secteur est paralysé à l'étranger, il faut que nous en tirions profit"

© Phile Deprez

Christoph Grafe: "En tant qu'institut d'architecture flamand, nous nous focalisons surtout sur la dimension culturelle de l'architecture, mais nous entretenons également des liens étroits avec les organisations professionnelles. On a eu l'impression globale que les dernières années ont été plus difficiles. Pourtant, ce n'est pas le cas pour tous les bureaux. Certains bureaux ont plus souffert de la crise que d'autres".

CONSTRUIRE EST UNE NÉCESSITÉ

Quels bureaux ont plus de chance de bien traverser la crise?

Grafe: "Tout d'abord, le bureau dispose d'un atout s'il arrive à se distinguer en fournissant du travail qualitatif et de la recherche bien développée. Mais on a également noté une différence entre les bureaux d'architectes qui travaillent davantage avec les particuliers et ceux qui s'orientent surtout sur les bâtiments publics. Ces derniers ont pu parfois développer des projets intéressants, par exemple en rénovation urbaine".

"En fait, c'est logique. Un certain nombre de projets, tels que les écoles, le secteur de soins, la construction d'habitation et la construction urbaine sont urgents. Il y a une nécessité. Cependant, les bureaux qui se distinguent ont davantage de chance de pouvoir travailler à ces projets".

Pourtant, tous les architectes flamands ont toujours connu une période difficile ?

Grafe: "Si vous comparez aux autres pays, vous voyez clairement que la Flandre a plus de mal que les Pays-Bas par exemple. Ce pays a connu une période très florissante dans les années 90. En Flandre, les choses ne se sont pas passées de la même façon, même les bureaux les meilleurs et les plus intéressants ne l'ont pas la vie facile et ne l'ont jamais eue. La capacité des Pays-Bas n'est tout simplement pas comparable à celle de la Flandre".

"Les bureaux en Flandre ont toujours essayé de contracter le moins possible d'obligations financières et de rester aussi petits que possible. Mais comme justement il n'y a pas eu vraiment de bonne période, et certainement pas d'essor comme aux Pays-Bas, je pense que la crise a touché moins durement l'architecture en Flandre".

Réunir l'expertise

À quoi ressemble l'avenir des architectes flamands?

Grafe: "En fait, nous devons mettre l'état économique difficile des pays voisins à profit. Aux Pays-Bas, la crise a entraîné un recul dramatique. Les architectes flamands étaient mieux préparés à la crise, car ils ont toujours dû travailler dans des situations difficiles. Mais aux Pays-Bas et dans les autres pays les architectes sont organisés différemment et c'est pourquoi ils ont parfois créé de très grandes et donc pesantes organisations. Un grand nombre de ces bureaux travaillent maintenant avec le dixième de leur force d'il y a dix ans".

"On s'attend à ce que les architectes flamands continuent à construire, surtout dans l'enseignement et le secteur des soins et on espère aussi dans le secteur d'habitations groupées. À long terme, cela peut se révéler positif. Mais il faudra que les architectes rassemblent davantage leur expertise pour pouvoir obtenir une plus grande signification sur le marché européen. Alors que dans d'autres pays, le secteur de la construction et de l'architecture sont paralysés, ils continuent à fonctionner ici, ce qui nous permet de jeter un coup d'oeil par-dessus les frontières et d'y jeter un coup d'oeil. Je pense même que cela peut bénéficier au secteur de la construction dans le sens large.

De quelle façon le secteur de la construction peut-il en tirer profit ?

Grafe: "Pendant les projets, les architectes développent une certaine expertise technique avec les entrepreneurs locaux. Si un architecte démarre un projet au-delà de la frontière, il est logique qu'il emmène une partie des gens avec qui il travaillait chez lui dans ce nouveau projet à l'étranger".

"Je ne parle pas de toutes les parties du secteur, mais généralement je pense qu' - indirectement - cela peut être avantageux pour le secteur de la construction si les architectes collaborent mieux et saisissent leur chance de se faire un nom sur le marché international". (WB)

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