Eric Cloes
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Eric Cloes est rédacteur en chef de Je vais Construire.
Opinion

26/02/14 à 10:05 - Mise à jour à 10:05

La propriété montrée du doigt

L'acquisition de son propre logement aurait-elle une corrélation avec le niveau de chômage du pays ?

La propriété montrée du doigt

© Thinkstock

L'acquisition de son propre logement aurait-elle une corrélation avec le niveau de chômage du pays ? Il y a déjà plus de dix ans que l'économiste britannique Andrew Oswald a établi un lien entre le taux de propriétaires et le taux de chômage en s'appuyant sur des exemples parlants comme celui de l'Espagne, qui compte 80 % de propriétaires et affiche un taux de chômage de plus de 20 %, ou de la Suisse, où le nombre de propriétaires stagne en dessous des 45 % pour un taux de chômage de 4 %. La Belgique ne serait pas épargnée par ce phénomène de cause à effet. Comment expliquer un tel paradoxe ?

Diverses hypothèses sont avancées. La première concerne la mobilité. Le fait d'être propriétaire diminue la propension à déménager pour se rapprocher de son lieu de travail et a un impact direct sur la densité du trafic et les nombreux embouteillages qui en résultent. Or, à cet égard, l'OCDE pointe la Belgique comme le plus mauvais élève de la classe et rappelle fréquemment l'impact financier négatif de ces embouteillages sur l'économie. D'autres propriétaires refuseraient tout simplement un job trop éloigné de leur domicile. Une seconde hypothèse est celle de l'attitude Nimby (Not in my back yard). Les propriétaires s'opposeraient plus activement que les locataires à l'implantation d'entreprises dans leur environnement immédiat. Cette démarche représenterait un frein à l'installation de nouvelles entreprises et donc à la création d'emplois locaux.

Quel crédit faut-il apporter à ces constatations ? Si cette corrélation devait être démontrée, elle remettrait radicalement en cause la politique du logement menée dans notre pays. En effet, la Belgique a toujours encouragé l'accès à la propriété via divers incitants fiscaux. D'autre part, la propriété des biens locatifs est fortement fragmentée et essentiellement aux mains de particuliers peu enclins à actualiser les logements qu'ils proposent, alors que les propriétaires ont davantage tendance à "consommer" pour améliorer le confort et les performances de leur logement. Avec à la clé un impact positif sur l'économie.

Eric Cloes, Rédacteur en chef

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