"La région bruxelloise devra adapter son environnement si elle souhaite que la classe moyenne revienne en ville"

21/01/16 à 13:33 - Mise à jour à 13:33

Source: Je Vais Construire

La région bruxelloise compte pas moins de 13 millions de mètres carrés de bureaux, dont environ 1 million sont vides. Il y a donc suffisamment de possibilités pour transformer cet espace libre en unités d'habitation.

"La région bruxelloise devra adapter son environnement si elle souhaite que la classe moyenne revienne en ville"

© REUTERS

J'habite au bureau

Il ne s'agit pas ici de camper sur votre lieu de travail, mais de vivre dans un ancien immeuble de bureaux. Car Bruxelles arrive à la deuxième place européenne (après Zurich) du nombre de mètres carrés de bureaux par habitant. La Région bruxelloise compte en effet pas moins de 13 millions de m2 de bureaux, dont 8% - soit environ 1 million de m2 - sont vacants et ne répondent plus aux exigences actuelles en matière d'espaces de travail!

Ces bâtiments, relativement récents pour la plupart, offrent dès lors de belles opportunités pour répondre à la demande croissante de nouveaux logements. Depuis un peu moins de cinq ans, divers promoteurs ont compris l'enjeu de ces surfaces disponibles et les transforment en nouveaux ensembles résidentiels. L'un des derniers projets en date est la reconversion de la Tour Léopold, construite à Evere en 1976 et acquise par Matexi en 2014 pour en faire un ensemble de 200 logements contemporains passifs ou basse énergie.

Ce projet présente de nombreux atouts et peut faire figure d'exemple. Ses principaux avantages sont de densifier le logement dans un quartier riche en services et commerces et de circonscrire le chantier dans une zone réduite, limitant ainsi les nuisances pour les riverains. Complémentairement, il n'y a aucun risque de parking sauvage au niveau de la voirie puisque plus de 370 emplacements sont disponibles en sous-sol.

Enfin, on notera que le projet prévoit des espaces collectifs de rencontre ainsi que la création de terrasses extérieures pour chaque logement. On peut regretter que le projet n'inclue pas suffisamment la notion de mixité sociale et que les logements ne soient financièrement accessibles qu'aux ménages et familles disposant de revenus confortables. Mais ne nous leurrons pas, si la Région bruxelloise veut faire revenir la classe moyenne en ville, elle se doit de lui offrir un cadre de vie à la hauteur de ses attentes.

Évidemment, même si ce type de reconversion s'inscrit dans le cadre du développement durable, tous les immeubles de bureaux ne sont pas systématiquement reconvertibles en logements. De nombreux parcs de bureaux situés sur des axes à forte circulation, en dehors des quartiers résidentiels, ne pourront jamais accueillir des habitants sans une refonte complète du quartier accompagnée d'une réflexion sur la création de nouvelles écoles ou l'implantation de nouveaux commerces.

Dans ces cas extrêmes, la balle est clairement dans le camp des dirigeants politiques qui devront définir comment la reconversion de ces bureaux pourra participer à une redynamisation de la ville. Enfin, si cette tendance devait se confirmer, il ne serait pas superflu de prévoir une possible reconversion des nouveaux immeubles de bureaux dans les plans initiaux, histoire d'intégrer un maximum de contraintes dès la construction et de limiter les interventions (et donc les coûts) par la suite.

Eric Cloes

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