"Le prix des maisons chutera encore"

19/04/12 à 17:08 - Mise à jour à 17:08

Source: Je Vais Construire

"Une nouvelle chute des prix des maisons et des appartements parait plus que probable, voire pratiquement inévitable". C'est ce qu'a déclaré le journaliste financier et rédacteur en chef adjoint du Knack Ewald Pironet à l'évocation des premières baisses des prix du secteur immobilier particulier. Une bulle immobilière est-elle en préparation?

"Le prix des maisons chutera encore"

© Thinkstock

Pour la première fois depuis de nombreuses années, le prix des maisons et des appartements a chuté. Selon le baromètre des notaires de la fédération du notariat, le prix moyen des maisons a diminué de 2,3% au premier trimestre 2012. L'effondrement du prix des appartements est encore plus important, puisqu'il s'élève à 4,6%. Nous avons posé trois questions à Ewald Pironet, journaliste financier et rédacteur en chef adjoint du Knack.

- Peut-on s'attendre à une nouvelle chute du prix des maisons et des appartements?

Ewald Pironet : "C'est effectivement une possibilité. La baisse des prix au premier trimestre 2012 succède à une hausse moyenne du prix des maisons (+ 10,7%) en 2011. Les experts avaient alors considéré ce chiffre comme une 'exagération'. Le prix des appartements a augmenté de 8,4% sur l'ensemble de l'année 2011. Assez considérables, ces hausses sont en partie corrigées désormais. Malgré tout, maisons et appartements sont plus chers aujourd'hui qu'ils ne l'étaient début 2011.

La baisse du prix des maisons concerne toutes les régions mais touche plus particulièrement la Wallonie. Quant au prix des appartements, il a diminué dans toutes les régions, surtout à Bruxelles (-8,7%).

Les fluctuations locales sont également remarquables: les prix des appartements d'Anvers (-2,9%) et de Flandre-Orientale (-0,3%) ont chuté alors que ceux du Limbourg ont subi une augmentation de 7,2%.

En d'autres termes, l'intensité de la baisse des prix varie fortement en fonction de la région. Une nouvelle rectification est plus que probable, voire presqu'inévitable.

- A quel point risquons-nous de voir se former une véritable bulle immobilière, dont les prix chuteraient de 25% ou plus ?

Ewald Pironet : "Même si une telle crise immobilière n'est pas à exclure en Belgique, ce scénario n'est pas le plus vraisemblable. D'après certains économistes, les habitations de notre pays connaissent une surévaluation de 25 à 30%. Mais cela ne signifie pas pour autant que les prix sont sur le point de s'effondrer.

Tant que la demande en habitations restera suffisante, les prix ne se rétracterons pas. Le risque est en fait bien plus grand de voir les prix s'affaisser progressivement. Dans certains quartiers, cette tendance sera plus nette que dans d'autres, où l'on pourrait même s'attendre à une hausse des prix.

- Qu'implique l'actuelle baisse des prix pour les foyers propriétaires d'une habitation ?

Ewald Pironet : Tant que vous ne souhaitez pas vendre, il n'y a aucune raison de paniquer. Mais admettons un instant que votre maison devienne trop grande pour vous, après le départ de vos enfants. Ou qu'elle soit tout d'un coup trop étroite parce que votre famille s'est agrandie ... C'est au moment où vous souhaiterez revendre que la situation se compliquera : vous retirerez moins d'argent de la vente. Cette situation sera évidemment avantageuse pour d'autres, qui devront dépenser moins pour acquérir une habitation.

Cependant, les véritables problèmes ne surgiront que si ces baisses de prix se retrouvent combinées à d'autres problèmes de taille. Chacun vivra alors dans l'incertitude, renforçant encore la crise immobilière. (EE)

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