Le secteur de la construction manifeste à Bruxelles contre la carte électronique

15/03/17 à 17:18 - Mise à jour à 16/03/17 à 17:18

Source: Belga

Les syndicats du secteur de la construction (Centrale générale FGTB et CSC bâtiment, industrie et énergie) ont manifesté mercredi à Bruxelles auprès de la direction générale "marché intérieur" (DG GROW) de la Commission européenne pour marquer leur opposition à la carte électronique européenne de services pour le secteur de la construction.

Le secteur de la construction manifeste à Bruxelles contre la carte électronique

© Getty Images/iStockphoto

La carte électronique de services doit permettre aux entreprises et indépendants d'aller travailler plus facilement dans un autre Etat membre. "La carte pourra simplement être demandée via un site web. Au moment de la demande, les données pourront éventuellement être contrôlées. Toutefois, si le contrôle ne peut être effectué dans un bref délai, la carte sera délivrée automatiquement. C'est la carte qui garantit que l'entreprise ou l'indépendant est en règle. Selon la DG GROW, cette garantie devra également être suffisante pour les services d'inspection du pays d'accueil. La Commission semble oublier que le secteur belge de la construction est aujourd'hui victime du dumping social", regrettent les syndicats.

Pour symboliser les 20.000 emplois perdus ces cinq dernières années en raison du dumping social, les manifestants ont dressé un cimetière symbolique devant le bâtiment de la Commission.

Les deux syndicats rappellent que le nombre de travailleurs étrangers dans la construction en Belgique ne cesse d'augmenter. "Depuis 2007, le nombre de déclarations Limosa est passé de 50.000 à presque 400.000 en 2015. La Belgique est ainsi le troisième pays européen à accueillir le plus de travailleurs détachés en Europe. En 2014, le secteur de la construction représentait 57% des personnes détachées en Belgique. En réalité, le détachement est devenu un modèle économique qui permet d'occuper des travailleurs de la construction à des salaires très bas dans toute l'Europe. Les règles en matière de détachement sont complexes et difficilement contrôlables. En ce qui concerne les contrôles, les services d'inspection belges sont tributaires de la bonne volonté des services d'autres pays européens. Ainsi, des phénomènes comme des entreprises boîtes aux lettres et des faux indépendants sont devenus monnaie courante", déplorent-ils.

Une délégation de représentants syndicaux devait également être reçue mercredi au cabinet du ministre de l'Emploi, Kris Peeters.

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