"Ne vous laissez pas presser par les infos sinistres sur le bonus logement, méfiez-vous des cowboys de la construction"

24/09/15 à 11:44 - Mise à jour à 30/09/15 à 14:17

Le Belge n'a pas seulement une brique dans le ventre, il a aussi l'oeil sur son portefeuille. De surcroît, il est opportuniste, et les " mauvaises " nouvelles ont tendance à l'inciter à passer à l'action. Tout bénéfice pour la reprise du secteur de la construction. Démonstration en trois temps.

"Ne vous laissez pas presser par les infos sinistres sur le bonus logement, méfiez-vous des cowboys de la construction"

© thinkstock

Acte 1. Mi-2014, l'État fédéral annonce le transfert du bonus logement vers les Régions, qui laissent rapidement entendre qu'il faudra désormais compter avec des montants revus à la baisse. Résultat : on assiste, durant le second semestre de l'an passé, à une explosion des crédits hypothécaires. Exemple : on enregistre, en septembre 2014, 85 % de demandes de plus qu'en septembre 2013. La signature d'un crédit avant la fin de l'année permettait en effet de bénéficier des anciennes conditions du bonus logement, plus avantageuses.

Acte 2. Début 2015, pas de "mauvaise" nouvelle. Le nombre de crédits évolue à la hausse, mais de manière modérée. Avec une augmentation de 9,5 % par rapport à 2014, le premier trimestre confirme une lente reprise du secteur, avec toutefois une baisse des achats et des nouvelles constructions, mais une hausse appréciable des crédits à la rénovation (+ 48,5 %) et à l'achat + rénovation (+ 13 %).

Acte 3. Enfin, au printemps 2015, l'état annonce pour 2016 la fin du régime de TVA réduit à 6 % pour les maisons qui ont entre 5 et 10 ans. Bingo ! Près de 65 000 demandes de crédit ont été introduites dans le courant du deuxième trimestre - soit une augmentation de 31 % par rapport à l'an dernier -, et ce, pour un montant global de 6,6 milliards d'euros (+ 22 %). Et c'est forcément à nouveau le secteur de la rénovation qui joue le rôle de locomotive, avec une augmentation de 65,2 %.

Bien sûr, les taux d'intérêt au plancher ne sont pas sans influence sur ces chiffres, mais on ne peut s'empêcher de constater à quel point les effets d'annonce poussent les indécis et les attentistes à entrer dans la danse. Si l'on ne peut que se réjouir de cet engouement qui devrait conduire à une reprise perceptible du secteur, on peut aussi craindre que bon nombre de candidats se ruent précipitamment dans les bras du premier pseudo-entrepreneur disponible. Attention donc à ne pas confondre vitesse et précipitation. Vérifiez plutôt deux fois qu'une les références et la solvabilité de votre entrepreneur. Car si la période peut vous paraître propice aux aubaines, les brigands du secteur auront aussi vite fait de flairer la bonne affaire en vous dépannant rapidement pour un prix surfait et une qualité finale déplorable. Mais nous ne voudrions surtout pas vous freiner dans vos projets...

Eric Cloes

Rédacteur en chef

Source des chiffres : Febelfin.

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