Nouveau concept de bureau Fosbury & Sons: "On doit réaliser que le travail ne prime pas sur le plaisir"

23/06/16 à 14:54 - Mise à jour à 14:54

Source: Knack

Fosbury & Sons ouvrira ses portes à l'automne 2016. La tour WATT à Anvers abritera ce nouveau lieu de travail. Le but est de créer un espace de travail qui recrée l'atmosphère d'une maison ou d'un hôtel, car un bureau ne doit pas forcément respirer l'ennui.

Nouveau concept de bureau Fosbury & Sons: "On doit réaliser que le travail ne prime pas sur le plaisir"

© Going East

Maarten Van Gool, Stijn Geeraets et Serge Hannecart, les fondateurs de Fosbury & Sons, donnent un nouveau souffle à la vie de travail grâce à leur lieu de coworking dans l'imposante tour WATT, même si ce ne sera pas un lieu de travail classique. Ils ont développé un biotope en collaboration avec le promoteur immobilier L.I.F.E. et le bureau d'architectes anversois Going East qui peut accueillir 250 travailleurs, mais qui propose également un espace de détente, de culture et de réseautage. Pour Stijn Geeraets, le travail ne prime pas sur le plaisir. Il souligne l'importance de ne pas laisser le travail envahir la vie familiale et sociale.

La Belgique est-elle prête pour ce genre de concept?

Stijn Geeraets: Je pense que oui. On le voit dans les chiffres. En Belgique, il y a augmentation de 53% de free-lances par rapport à il y a trois ans. Ces chiffres prouvent que les employés tendent vers l'autonomie. Ils souhaitent s'organiser comme ils veulent. De plus en plus de gens travaillent chez eux, et de plus en plus d'employeurs permettent à leurs employés d'exercer leur métier chez eux pour leur offrir plus de flexibilité. Si vous travaillez à temps plein et votre partenaire aussi, il faut également mener à bien sa vie de famille. C'est ainsi que dans certains cas on se retrouve avec une double fonction de manager : à la maison et au travail.

Il faut pouvoir organiser son temps intelligemment. Les nouvelles générations accordent souvent plus d'importance au temps qu'à l'argent. Elles ont un grandi dans un État-providence, elles n'ont pas dû se battre pour survivre. Moi aussi, je fais partie de cette génération et je souhaite la même chose pour ma vie professionnelle. Tous les jours, nous souhaitons faire ce que nous aimons et produire quelque chose de précieux. Nos grands-parents et nos parents ont dû acquérir cette prospérité et ont donc une autre vision du travail.

Mais ne travaillons-nous pas plus durement que jamais?

Stijn Geeraets: Oui, l'un n'exclut pas l'autre. La nouvelle vision du travail ne signifie pas nécessairement moins travailler. Pour la génération de nos parents, le travail et la vie sont plus séparés. Pour notre génération, la vie et le travail se confondent. Je ne veux pas aller travailler et arrêter de vivre. Je vois ça parmi beaucoup de mes contemporains. Nous ne sommes pas des robots qui travaillent à la pointeuse et ne font rien d'autre jusqu'à ce que les huit heures soient passées.

Le travail, c'est créer de la valeur pour soi et pour la société. Le débat sur les pensions me semble intéressant: si on aime son travail et si on est flexible, on ne doit pas prendre sa pension. Ma liberté, ce n'est pas ma pension et aspirer à cette pension, mais faire ce que j'aime tous les jours et occuper mon temps valablement.

Est-ce surtout le cas de personnes qui ont un job créatif?

Stijn Geeraets: Pas forcément. Pensez à l'usine Ferrari qui est vue comme l'endroit le plus agréable de la terre pour travailler. C'est non seulement grâce aux bolides, mais aussi à l'environnement agréable. Dans l'usine, on trouve des arbres par exemple.

Le secret, c'est donc un lieu de travail agréable?

Stijn Geeraets: Il est très important de prévoir un environnement agréable et inspirant pour ses employés. C'est ce que nous, en collaboration avec Going East, voulons faire. Tout commence par un environnement de travail agréable où on aime aller.

Pourquoi les bureaux ont-ils toujours une apparence aussi banale? Pourquoi n'ont-ils pas d'âme ? Pour attirer les talents de la génération Y, et surtout pour les garder, il faut proposer davantage qu'un beau salaire. Nous souhaitons aider les entreprises pour ça aussi.

Michiel Mertens: Je pense que c'est dû à l'ordinateur. Ce petit bac sur lequel chacun se concentre. On le voit très bien dans la série Mad Men. Au début de la série, les publicitaires se réunissent dans les petites salles avec des canapés. C'était plutôt moderne, et ça ressemble fort à ce que nous souhaitons aujourd'hui.

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