"On est loin de l'habitat énergiquement neutre en Belgique"

24/02/14 à 15:02 - Mise à jour à 15:02

Source: Je Vais Construire

L'habitat énergiquement neutre constitue l'un des trois thèmes principaux de Batibouw. Stefan Martens de l'Association des Architectes d'Intérieur explique que la Belgique a encore un long chemin à parcourir.

"On est loin de l'habitat énergiquement neutre en Belgique"

© Thinkstock

L'Europe souhaite que toutes les nouvelles constructions européennes soient pratiquement énergétiquement neutres d'ici le 31 décembre 2020. Les états membres peuvent déterminent eux-mêmes la marché à suivre. Mais Stefan Martens de l'Association des architectes d'intérieur (AiNB ) estime que Belgique en est encore au b.a.-ba.

"Le grand problème de l'Europe, de la Belgique et même de la Flandre réside dans le fait que la plupart des habitations existantes ne permettent pas de faire des économies d'énergie. On peut construire de nouveaux bâtiments qui respectent de nombreuses règles, mais on ne peut le faire éternellement. C'est un emplâtre sur une jambe de bois" explique Martens.

"Le consommateur décide"

Même si le Belge a une brique dans le ventre, le grand nombre de nouvelles constructions ne forment qu'une fraction du nombre d'habitations existantes en Belgique. C'est la raison pour laquelle Martens estime qu'il faut également permettre au patrimoine et aux nombreux bâtiments monumentaux et autres d'économiser de l'énergie. "Malheureusement, la neutralité énergétique est presque impossible quand quelqu'un rénove son habitation. À moins que cette personne ne veuille y consacrer énormément d'argent. Peut-être que tout démolir coûte moins cher, mais ce n'est pas écologique" estime Martens.

Mais comment le consommateur moyen peut-il aspirer à la neutralité énergétique ? En regardant sa maison d'un oeil critique, conseille Martens. "Chacun peut faire de petites choses lors d'une rénovation ou d'une nouvelle construction, telle que l'isolation du toit et l'installation d'une chaudière peu énergivore. C'est toujours le consommateur qui décide. Hélas, la cuisine flambant neuve l'emporte souvent sur la chaudière écologique".

Prise de conscience

"L'Europe nous inonde de directives et de règles et c'est difficile de ne pas s'y noyer" explique Martens. "Il est important d'adapter la politique en Belgique, car tant que nous ne focaliserons pas sur toute la société, nous n'avancerons pas". Martens trouve qu'il faut travailler à la prise de conscience en matière d'économie d'énergie. "Certains consommateurs réfléchissent à ces aspects et certains producteurs s'orientent également sur l'efficacité énergétique, même si pour eux c'est surtout l'aspect commercial qui joue un rôle. C'est une amélioration, mais qui ne vaut pas encore pour tout le monde. Je note beaucoup trop souvent que les gens ne savent pas qu'il est possible d'agir autrement".

"Un jour, j'ai été chez quelqu'un où l'entrée - une surface d'environ seize mètres carrés - était éclairée de sept lampes halogènes qui consommaient 150 watts pièce. C'est un éclairage de plus de 1000 watts destiné uniquement à recevoir quelqu'un. C'est inutile, mais cet homme n'y avait jamais pensé. Je lui ai dit que trois ou quatre lampes LED de 20 à 30 watts chacune, suffisaient amplement à éclairer. C'est ce qu'on appelle penser en terme d'économie d'énergie".

"Je ne vous donnerai pas de douche de pluie"

L'architecte d'intérieur tente d'aider ses clients à vivre de façon peu énergivore, souvent en leur refusant certaines choses. "Quand quelqu'un demande une douche de pluie, je dis non. Je refuse d'installer quelque chose qui gaspille des litres et des litres d'eau et qui nécessite l'installation d'une pompe spéciale qui consomme nettement plus pour tout actionner".

"Vivre et construire de façon peu énergivore dépend surtout de la façon dont nous traitons nos matières premières. Le design peut se révéler très agréable. Une baignoire remplie jusqu'au bord avec un système d'évacuation invisible est fantastique. Mais elle consomme deux ou trois fois plus qu'une autre baignoire. L'efficacité en énergie ne signifie pas nécessairement qu'il faille faire de grandes interventions et il ne faut pas non plus que ce soit au prix du luxe. Les gens doivent réfléchir de façon critique avant de faire des travaux".

"Si la Belgique veut quitter ce stade initial, il faut adapter la politique, mais le citoyen a également un devoir. Chacun peut commencer à petite échelle". (WB)

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