Où et comment habiterez-vous en 2018 ?

19/01/18 à 14:01 - Mise à jour à 14:00

Source: Je Vais Construire

Occuperez-vous toujours le même logement ou comptez-vous déménager ? Quels travaux envisagez-vous d'entreprendre ? Quels sont les critères qui comptent le plus dans le choix de votre " nouveau " logement ? Tel était le thème de la grande enquête organisée par Je vais Construire & Rénover au mois de novembre dernier et à laquelle pas moins de 1.589 personnes ont répondu. Coup de projecteur sur les principaux enseignements.

Où et comment habiterez-vous en 2018 ?

© Getty Images/iStockphoto

Environ deux tiers de néerlandophones pour un tiers de francophones, 52% d'hommes pour 48 % de femmes, 89 % de propriétaires pour 8 % de locataires et 3 % de personnes qui vivent encore chez leurs parents, voici résumé en quelques mots le profil des personnes qui ont répondu à notre enquête. On notera encore que 60 % des personnes ont plus de 50 ans, pour 40 % de moins de 50 ans. Comme quoi, l'intérêt pour le logement n'est désormais plus la panacée des jeunes...

Des ménages plus petits

Alors que la plupart d'entre nous véhiculent encore le stéréotype de la famille de 4 personnes, la taille moyenne des ménages de notre enquête est de 2,6 personnes, les ménages de 2 personnes représentent même 45,6 % des répondants. Par contre, plus de 34 % des néerlandophones - pour 17 % des francophones - déclarent des personnes faisant partie du ménage mais n'habitant pas en permanence à la maison (étudiants, enfants en garde partagée...). Ce premier enseignement confirme la nécessité de se pencher sur la problématique des logements de plus petite taille et des logements "flexibles", c'est-à-dire capables de s'adapter au rythme de la vie de la famille, par exemple via l'usage de locaux partagés.

A la ville ou à la campagne

Où est située votre maison actuelle ? Près d'une personne sur trois vit dans un village. Environ 52 % des francophones pour 42 % des néerlandophones vivent en ville ou en périphérie. A l'opposé, 26 % des néerlandophones pour moins de 16 % des francophones vivent à la campagne hors des coeurs de village. L'étalement de la Flandre est ici une nouvelle fois confirmé. L'on constate aussi une propension à quitter la ville en prenant de l'âge, alors que la ville dispense en principe plus de services. Un mouvement qui nous questionne sur l'attractivité de la ville pour les seniors, notamment en matière d'espace de détente et de loisirs, et de sécurité.

La permanence de la maison quatre façades

Léo Van Broeck, bouwmeester flamand, déclarait récemment à nos confrères du Knack que "construire une maison quatre façades aujourd'hui est criminel". Notre enquête démontre que ce modèle de vie rassemble pourtant encore beaucoup d'amateurs. Que ce soit au niveau de leur logement actuel ou de leur logement futur, près de la moitié des répondants (48 % dans les deux cas) affirment encore habiter ou rêver d'une maison quatre façades, et ce, sans disparité linguistique. Et cette propension à occuper ou à rechercher le "bien par excellence" ne varie pas fondamentalement en fonction des tranches d'âge ou de la région linguistique, même si l'on note une légère augmentation du pourcentage dans les groupes d'âge plus avancés pour ce qui est de la propriété actuelle. Les plans régionaux d'aménagement du territoire et les décrets tels que le "béton-stop" en Flandre rencontreront probablement encore de fortes résistances lors de leurs mises en oeuvre. Mais c'est bien connu, le changement des mentalités est le plus difficile et le plus lent à mettre en oeuvre... Du travail de persuasion en perspective pour nos responsables politiques.

Seul 11,9 % des répondants occupent actuellement un appartement ou un loft. Cette proportion monte toutefois à près de 27 % pour les moins de 30 ans, pour retomber rapidement autour des 15 % pour la tranche d'âge des 30 à 40 ans. L'appartement reste donc encore beaucoup d'entre nous un logement de transit. Par contre, près de 30 % des personnes qui envisagent de changer de logement se déclarent attirés par ce type d'habitat. Une tendance bien perceptible sur le marché actuel de l'appartement qui a désormais supplanté celui de la maison individuelle au niveau du nombre de permis d'urbanisme.

Pour ce qui est de la surface habitable, on notera que seuls 8 % des propriétaires occupent un logement de moins de 100m², alors que cette surface devient quasiment un maximum dans les logements actuellement mis en construction.

Content de mon logement

Oui, en général, les propriétaires sont relativement contents de leur logement actuel, en tout cas pour ce qui concerne la localisation, l'accessibilité, la surface habitable, le confort intérieur, les possibilités de garer la voiture et la sécurité, des sujets qui reçoivent une note de grande satisfaction par plus de 70 % des propriétaires. Les sujets les moins satisfaisants concernent le niveau d'isolation et la consommation énergétique, seuls 51 % des propriétaires sont satisfaits de la performance énergétique de leur logement. Logique lorsque l'on regarde l'âge moyen du patrimoine des participants dont 70 % déclarent habiter un logement de plus de 20 ans. Par contre, ce qui l'est moins, c'est qu'à la question "quels travaux envisagez-vous de réaliser dans les 3 ans ?", moins de 20 % d'entre eux envisagent d'isoler le toit ou les murs, de remplacer les fenêtres ou de remplacer l'installation de chauffage. Par contre, les travaux de rafraichissement, le remplacement d'appareils électroménagers ou l'aménagement du jardin sont les plus largement plébiscités. Cherchez l'erreur !

Pas la maison d'une vie

"Ma maison actuelle est celle où j'espère pouvoir vivre jusqu'à mon décès". Seuls 31 % répondent oui. En d'autres mots 69 % des répondants envisagent d'encore changer de logement au cours de la vie. C'est d'autant plus surprenant que 60 % des participants à l'enquête ont plus de 50 ans. Cela l'est déjà moins quand dans les types de logement souhaités dans l'avenir, près de 30 % citent l'appartement, et près de 10 % une résidence service.

A la question "combien de fois pensez-vous encore déménager dans votre vie ?", les réponses 1 à 2 fois représentent la moitié des participants. Sans surprise, plus le logement est qualitatif, moins l'envie ou le besoin de changer se fait sentir. Sans surprise aussi, les locataires sont les plus enclins à vouloir changer : 81 % affirme même vouloir le faire dans les 5 ans, et 64 % d'entre eux désirent devenir propriétaire dans le même laps de temps. Dans le top 3 des raisons pour changer de logement, l'on trouve "pour habiter une maison plus petite, plus moderne et plus confortable".

Le glas des grandes villas de lotissement à la campagne a décidemment bien sonné... 38 % des personnes qui souhaitent changer de logement aimeraient acquérir une maison prête à habiter, tandis que 32 % aimeraient construire eux-mêmes et 23 % acheter une maison à rénover. Ce dernier chiffre est assez étonnant dans ce sens où l'on a longtemps cru que la chute du nombre de nouvelles constructions serait compensée par la croissance du marché de la rénovation. Or c'est vers le marché de la promotion immobilière que la majorité d'entre nous semble vouloir se tourner. Pour ce qui est du type de logement, 41 % souhaiteraient habiter un appartement ou un loft, 48 % une maison 4 façades pour 20 % une maison trois façades, et seulement 10 % une maison mitoyenne.

Un message clair à l'intention des promoteurs : un accès au jardin depuis la voie publique rassemble encore la grande majorité de suffrages. Ceci est probablement aussi le signe qu'une trop grande proximité avec les voisins semblent encore rebuter le plus grand nombre d'entre nous.

Avec quel budget ?

A la question "quel budget êtes-vous prêt à investir pour changer de logement, 49 % des participants à l'enquête répondent de 200.000 à 400.000 euros (27 % de 200 à 300.000 euros, et 22 % de 300 à 400.000 euros). Les plus petits budgets (maximum 200.000 euros) représentent près de 16 %, alors que les budgets compris entre 400.000 à plus de 500.000 euros sont annoncés par plus de 20 % des personnes concernées. Il est clair que la classe moyenne est ici fortement représentée car de (trop) nombreuses familles ne peuvent se permettre de dépenser autant d'argent pour se loger.

Les critères de choix

La localisation du "nouveau" bien à acquérir remporte cette fois encore et de loin - confirmant ainsi nos enquêtes précédentes de 2015 et 2013 - la palme du critère le plus important, bien avant le prix ou la qualité intrinsèque du logement. Les promoteurs actuels l'ont bien compris, l'on ne compte plus les ensembles de logements situés à proximité d'un parc, des accès aux transports en commun, d'une concentration de services ou même d'une pièce ou d'une voie d'eau.

Dans les critères jugés importants à très importants, on notera deux grandes tendances. Celle de la qualité des espaces extérieurs et celle de la classe énergétique du bien. Pour ce qui est du "vivre dehors", le critère de la présence d'une terrasse ou d'un jardin est plébiscité par 90 % des personnes et la proximité d'un parc, d'une zone naturelle ou d'un cours d'eau par 83,2 %. Pour ce qui est de l'aspect énergétique, encore bien peu prioritaire dans notre enquête de 2015, l'intérêt pour le niveau d'isolation est mentionné comme important à très important par 91,2 % des personnes et le niveau de consommation énergétique du bien par 94,7 %. Le message est clair : les biens éloignés de toute qualité de vie environnementale et/ou à la consommation énergétique élevée perdent rapidement de leur attrait et vont voir leur prix de vente potentiel diminuer dans les prochaines années.

Et la mobilité ?

A la question du niveau de satisfaction du logement actuel en matière de mobilité, près de 60 % des personnes donnent à la proximité des transports en commun une cote de grande satisfaction, tandis que seulement 13% des personnes se disent réellement mécontentes de ce critère. Pour ce qui est de la facilité de parking, près de 74 % sont très satisfaits pour 8 % de très mécontents. Et pour ce qui est de la proximité des services (commerces, écoles, loisirs...), près de 65% sont très satisfaits pour un peu de plus de 7% d'insatisfaits.

Dans la recherche d'un nouveau logement, le critère de proximité des services est important à très important pour 87,5 % des personnes et l'accessibilité aux transports en commun pour 72,8 %. Seulement respectivement 1,2 % et 5,1 % des personnes trouvent ces critères pas du tout important.

Il est clair que la congestion de notre réseau routier et que les préoccupations environnementales commencent à générer de nouveaux comportements et que les promoteurs ne peuvent ignorer les critères de mobilité dans leurs nouveaux développements.

En guise de conclusion

Nous assistons clairement à la fin de la période "une maison pour la vie". La plupart des personnes qui ont répondu à notre enquête en sont à leur seconde ou troisième maison depuis la fin de leurs études et près de deux personnes sur trois envisagent encore de changer de logement avant la fin de leur vie. C'est d'autant plus interpellant que certaines familles osent encore s'endetter pour 25 à 30 ans pour se loger. La généralisation de la portabilité des droits d'enregistrement devrait à l'avenir faciliter la mobilité des familles.

Autres tendances marquantes, l'acceptation de vivre sur des logements plus petits et plus proches des coeurs de ville et de village - adieu villas et grandes fermettes à la campagne - avec des intérêts tout particuliers pour un confort moderne, la possibilité de se détendre à l'extérieur, l'accès aux services et aux transports en commun, et une qualité énergétique digne du 21ème siècle. Le paysage bâti de la Belgique de demain ne ressemblera définitivement plus en rien à celle d'hier.

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