Peut-on encore emprunter "vert" ?

24/09/12 à 09:55 - Mise à jour à 09:55

Source: Je Vais Construire

Les bonifications d'intérêts accordées pour les prêts verts sont passées à la trappe fin 2011. Dans le même temps, les réductions fiscales pour les travaux économiseurs d'énergie ont été fortement revues à la baisse. La construction/rénovation durable est-elle encore intéressante à l'heure actuelle ?

Peut-on encore emprunter "vert" ?

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Les bonifications d'intérêts accordées pour les prêts verts sont passées à la trappe fin 2011. Dans le même temps, les réductions fiscales pour les travaux économiseurs d'énergie ont été fortement revues à la baisse. La construction/rénovation durable est-elle encore intéressante à l'heure actuelle ?

Les mesures de soutien aux investissements visant à économiser l'énergie n'ont jamais laissé le Belge indifférent. Pour preuve, les chiffres que la Febelfin (Fédération belge du secteur financier) a recueillis sur les crédits verts. De 2009 à fin 2011, quelque 216 000 crédits verts ont été octroyés dans notre pays - deux tiers par le biais de crédits hypothécaires et un tiers sous forme de crédits à la consommation (prêts à tempérament). Soit au total la coquette somme de près de 3,5 milliards d'euros.

Le succès des prêts verts s'explique par le système avantageux de bonification d'intérêts que le gouvernement avait instauré dans un cadre ambitieux de relance économique. Il s'agissait d'une réduction de 1,5 % du taux d'intérêt, la différence étant financée par l'État. L'institution financière appliquait directement le tarif réduit et le gouvernement lui remboursait la différence. Mais depuis le début de l'année, cette bonification d'intérêts a été supprimée. En outre, la réduction d'impôt pour les investissements économiseurs d'énergie a été fortement diminuée. Depuis lors, les prêts verts ont perdu la cote. Et l'insécurité quant à l'avenir du système fiscal portant sur les crédits hypothécaires vient encore renforcer cette évolution négative.

Est-ce que ça vaut encore la peine ?

Bon nombre de candidats à la construction et à la rénovation se posent la question : les investissements dans les économies d'énergie sont-ils encore intéressants ? La réponse est toute simple : oui ! Certaines institutions financières proposent des tarifs plus avantageux si vous demandez un crédit pour des investissements verts. Mais pas toutes... Au Crédit agricole et chez Centea, par exemple, on ne distingue plus les tarifs entre les crédits hypothécaires "ordinaires" et les prêts à tempérament destinés à l'immobilier. Tout cela peut encore changer lorsque les compétences en la matière seront définitivement transférées aux autorités régionales.

Plusieurs institutions financières proposent donc encore des crédits verts avantageux. ING, Belfius, KBC et AXA le font déjà sous forme d'un crédit à la consommation pour les rénovations. Ces prêts à tempérament sont liés à certaines conditions. L'argent emprunté doit par exemple être utilisé exclusivement pour l'installation de panneaux solaires, le remplacement d'une ancienne chaudière ou la pose de double vitrage ou d'isolation. "Chez nous, un crédit vert est 1,45 % moins cher qu'un crédit classique à la rénovation, signale Nick Orbaen de chez AXA. Concrètement : vous payez un taux d'intérêt de 4,95 % au lieu de 6,40 %. En outre, le montant de départ est moins élevé : 1 250 euros au lieu de 3 700 euros.

Chez BNP Paribas Fortis, la différence est plus grande encore : 4,95 % contre 7 %. "Mais outre ce crédit vert à la consommation pour les rénovations, nous proposons aussi les "éco-avantages" pour les nouveaux crédits hypothécaires, explique Kim Cauberghs, attaché de presse. Si votre habitation affiche une valeur E de 60 ou moins, ou une valeur K de 35 ou moins, vous remplissez les conditions requises. Dans ce cas, vous pouvez étaler la libération des fonds empruntés sur trois ans, sans frais supplémentaires. Ce qui vous permet d'économiser quelques centaines d'euros.

Le gouvernement doit continuer à stimuler

L'investissement vert est un must, déclare Kim Cauberghs. De nombreux subsides ont certes disparu mais les factures d'énergie continuent à augmenter. En outre, certains investissements - comme les panneaux solaires - sont nettement moins chers qu'avant ; du coup, la diminution ou la suppression du soutien financier s'avère nettement moins lourde. Nous espérons que le gouvernement assumera ses responsabilités et continuera à stimuler les investissements verts. Aujourd'hui, on privilégie les personnes qui rénovent, tandis que celles qui font construire sont quelque peu délaissées.

Chez AXA, on est également convaincu qu'il faut encourager les efforts pour économiser l'énergie. "Même si la bonification d'intérêts a été supprimée par le gouvernement, nous continuons à miser sur les investissements verts, affirme Nick Orbaen. En outre, nous encourageons nos clients qui souhaitent financer une rénovation traditionnelle à emprunter au moins le même montant à des fins écologiques. Et c'est une réussite : près de 45 % des particuliers combinent les rénovations traditionnelles avec les transformations à but écologique. Et ce n'est que logique : il subsiste encore toutes sortes de primes pour ceux qui optent pour une rénovation verte. Je pense à l'isolation, à la pose de vitrage à haut rendement et au remplacement d'une chaudière.

Roel Van Espen

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