'Pour vivre heureux, vivons cachés !'

27/02/16 à 13:10 - Mise à jour à 24/02/16 à 15:24

Pendant Batibouw, Eric Cloes, le rédacteur en chef de 'Je vais construire & rénover', nous donne quotidiennement sa vision sur le secteur de la construction.

'Pour vivre heureux, vivons cachés !'

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Telle pourrait être la devise du Belge type au sujet de son revenu cadastral. Combien de propriétaires de maisons rénovées, le plus souvent par étapes et sans permis d'urbanisme, n'ont-ils pas omis d'effectuer la déclaration de travaux à l'administration du cadastre ? Combien d'autres n'ont-ils pas renoncé aux primes et autres avantages fiscaux pour éviter qu'on ne leur reprenne d'une main ce qu'on leur avait donné de l'autre ? Basé sur les revenus locatifs fictifs de 1975, le revenu cadastral actuel est pourtant obsolète et très largement sous-estimé. Mais on ne trouve pas grand monde pour s'en plaindre, chacun campant sur son avantage personnel... Avec le temps, d'importantes disparités ont pourtant vu le jour. C'est ainsi, par exemple, que les nouvelles maisons construites avec permis d'urbanisme sont davantage taxées que les maisons rénovées dans la plus grande discrétion, et que les agences immobilières de location paient leurs impôts sur les loyers réels alors que les bailleurs particuliers les paient sur base du revenu cadastral.

Nous sommes, pour notre part, en faveur de plus de cohérence et de justice fiscale. En effet, il n'y a pas de raison que certains propriétaires soient privilégiés parce que la loi est obsolète. Nous soutenons donc un réajustement du revenu cadastral en fonction de la valeur actuelle à laquelle le bien pourrait être loué s'il était de bonne qualité (et non pas en tenant compte de son état actuel). Les propriétaires de biens en mauvais état auraient ainsi l'impression de payer trop cher. En contrepartie, en permettant aux propriétaires de déduire une partie des factures des travaux d'amélioration, notamment sur le plan énergétique, on créerait une situation avantageuse pour tous : les propriétaires seraient encouragés à rénover leur bien de manière plus spontanée, les locataires verraient l'offre de logements en bon état augmenter et, enfin, les entreprises verraient leurs carnets de commandes se remplir plutôt que de subir la concurrence déloyale du travail au noir, encore trop florissant sur le marché de la rénovation. Il y a ici matière à réflexion. Et à action !

Eric Cloes

Rédacteur en chef

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