Votre maison est-elle une bulle immobilière? "Une chute des prix de 25% n'est pas exclue"

03/04/12 à 16:09 - Mise à jour à 16:09

Source: Je Vais Construire

Le marché immobilier belge est-il une bulle prête à éclater ? Quelle est la valeur réelle de la maison dont vous êtes propriétaire ? Comment réagir face au prix demandé pour la maison que vous voulez acquérir ?

Votre maison est-elle une bulle immobilière? "Une chute des prix de 25% n'est pas exclue"

© Thinkstock

La surévaluation des maisons belges a atteint 56%. Notre pays se retrouve donc à la tête des pays d'Europe en matière de coûts immobiliers. Voilà ce qui ressort d'une enquête comparative menée par l'hebdomadaire britannique The Economist. Quelles en sont les implications pour vous? Que faire si vous voulez acheter une maison ? Attendre ou débourser dès que possible ? Et si vous souhaitez vendre ? Faut-il agir immédiatement ou attendre les jours meilleurs ?

Levif.be a posé ces questions à cinq spécialistes. "Les grandes habitations coûteuses auront toujours plus de mal à trouver acheteur."

Johan Van Overtveldt (Knack et Trends) : "N'excluons pas la possibilité d'une baisse de 25% du prix des maisons" D'après le rédacteur en chef du Knack et de Trends Johan Van Overtveldt, il vaut mieux vendre le plus vite possible. "Le marché immobilier belge montre des signes évidents de surévaluation. Il suffit de jeter un coup d'oeil à l'analyse de The Economist publiée hier sur Knack.be pour s'en rendre compte. La recommandation de vendre immédiatement est d'autant plus valable pour les grandes quatre façades : la demande de ces habitations va poursuivre son déclin, dû à une série d'éléments démographiques."

Johan Van Overtveldt conseille à ceux qui veulent acheter une maison de patienter encore un peu, précisément à l'image de l'argumentation qui précède. "Si les prix diminuent au cours de la période à venir - raison pour laquelle il est préférable de vendre maintenant -, il vaudra mieux attendre encore un peu avant d'acheter. Les prix pourraient diminuer de 20 à 25%. Un autre argument est que les taux d'intérêt resteront faibles, sur le court comme sur le long terme."

John Romain (Immotheker) : "Le juste équilibre entre les marchés de l'offre et la demande" Selon John Romain de Immotheker, "il vaut mieux acheter maintenant. Dans la situation économique actuelle, deux facteurs sont d'importance en matière d'acquisition immobilière: des taux hypothécaires bas et la sécurité de l'emploi. Par exemple, le taux d'un crédit logement est bas. Quant à la sécurité de l'emploi, elle varie en fonction de l'acheteur. C'est clair : nous nous trouvons actuellement dans un marché d'achats."

"Vendre est également une bonne idée : nous profitons actuellement d'un bon équilibre entre les marchés de l'offre et de la demande. Mais il existe cependant un certain ralentissement. Nombreux sont ceux qui hésitent à acheter une maison en raison de la situation d'autres pays et à cause d'informations négatives. Cette hésitation et ce ralentissement se ressentent surtout dans les classes de prix supérieures (plus de 250.000 ¤) : les habitations coûteuses se vendent difficilement, d'où une diminution de leur prix de vente."

Danny Reweghs (MoneyTalk) : "Le décalage entre prix d'une habitation et revenus" "Il faut attendre", répond le directeur de MoneyTalk Danny Reweghs à la question : 'que faire si l'on veut acheter une maison ?'. "Le déséquilibre entre le prix des habitations et les revenus n'a jamais été aussi important. La même règle s'applique également à la proportion entre les coûts immobiliers et les revenus de locations. Globalement parlant, l'immobilier belge est le plus cher d'Europe."

Tout comme Van Overtveldt, Reweghs prévoit une baisse des prix "qui atteindra peut-être 20%." Si vous souhaitez vendre votre maison, il vaut donc mieux le faire le plus rapidement possible. Reweghs ne s'attend pas à de violents crashs du marché immobilier comparables à ceux qui se sont produits en Espagne, en Irlande ou aux Etas-Unis. "Les Belges sont des épargnants vaillants. Nous avons suffisamment de réserves pour résister aux gros chocs."

Dajo Hermans (IPI) : "Il est toujours intéressant d'acheter et de vendre" "Acheter et vendre, c'est maintenant. En Belgique, la période est toujours favorable," confie Dajo Hermans, de l'Institut Professionnel des agents Immobiliers (IPI). "Depuis 1981, le secteur immobilier n'a connu aucune crise. Il a toujours été question d'augmentation ou de stabilisation. Le marché immobilier belge est sain - surtout si on le compare à ceux des Pays-Bas ou des Etats-Unis. En d'autres termes, tout moment est favorable à l'achat et à la vente."

"Avant, les augmentations de prix atteignaient parfois les 9 ou 10%. Ces temps-ci, nous avons plutôt affaire à des hausses - de 2,5 à 3%, en moyenne", poursuit Hermans. "Tout le monde s'accorde sans doute pour dire que des augmentations semblables à celles des années précédentes ne se produiront plus. Le marché se stabilise totalement. Le simple fait que les rapports des prix soient toujours restés bien équilibrés, adaptés et peu exubérants, démontre que nous ne sommes pas confrontés à des situations similaires à celles des Pays-Bas ou des Etats-Unis. Nous pouvons encore considérer le marché de l'immobilier comme sain."

Eric Cloes (IkGaBouwen) : "Les vendeurs laissent chuter leur prix de vente" "Il faut acheter maintenant", recommande le rédacteur en chef de Je Vais Construire Eric Cloes. "Le marché est incertain et la demande importante : cela conduit à un effondrement des prix. Après un certain temps, les maisons à vendre sont contraintes de laisser baisser leurs prix. A la suite de quoi le taux sur le prêt hypothécaire a atteint son niveau le plus bas : deux facteurs qui nous placent dans un climat d'achat très favorable.

"Attendez avant de vendre", conseille encore Eric Cloes. "Ceux qui vendent leur habitation maintenant rencontreront des difficultés et/ou devront abaisser leur prix. Les habitations de 150.000 à 200.000 ¤ se vendront assez rapidement, tandis que les plus coûteuses seront plus difficiles à vendre. Les modèles clé-sur-porte n'y sont pas pour rien : elles prévoient en effet de plus en plus d'habitations à bas prix. La demande en habitations plus chères (où les travaux de rénovation sont souvent nécessaires) s'en voit réduite."

Renske De Maesschalck / Eddy Eerdekens

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