Un jardin minimaliste empreint d'émotions naturelles

29/08/13 à 14:40 - Mise à jour à 14:40

Source: Je Vais Construire

Le jardin est un élément indissociable de l'architecture (d'intérieur) et s'inscrit totalement dans le minimalisme. "La vraie nature marque son grand retour", explique Pepijn Verheyen.

Un jardin minimaliste empreint d'émotions naturelles

© Tuinlabo

Le jardin est un élément indissociable de l'architecture (d'intérieur) et s'inscrit totalement dans le minimalisme. "La vraie nature marque son grand retour", explique Pepijn Verheyen.

Pepijn Verheyen n'est pas uniquement architecte de jardin. Avec son épouse psychologue, il cherche à créer des jardins en harmonie avec la personnalité de chacun. "Il ressort de notre étude que ce sont plutôt les personnes ayant un raisonnement mathématique qui optent pour un jardin minimaliste, conçu comme une oasis de quiétude : les personnes travaillant dans le secteur médical ou bancaire, les consultants, les chefs d'entreprise et les managers. Par ailleurs, la plupart des architectes choisissent également ce type de jardin", constate-t-il.

Exactement comme dans l'architecture (d'intérieur), Pepijn Verheyen remarque un glissement au sein du minimalisme : le minimalisme structurel laisse de plus en plus de place à une version largement inspirée de la nature. "Ainsi, l'espace extérieur ne se veut plus le simple prolongement de l'espace intérieur mais influence aussi celui-ci. Je remarque aussi que les gens aménagent d'abord le jardin et calquent ensuite l'aménagement intérieur sur ce dernier. On ne donne plus aux buis une tonte sévère mais on leur laisse un look plus naturel. Par ailleurs, les meubles et l'éclairage ne sont plus considérés comme de purs éléments esthétiques."

L'instinct primitif

Pepijn Verheyen constate également que le jardin se transforme en une sorte de cocon sécurisé. "Les gens se fient plus à leurs émotions et à leur instinct primitif. Comme à l'époque où l'homme partait encore à la chasse, il va aménager son jardin en paysage semi-ouvert bordé d'arbres, explique-t-il. À l'intérieur de cet espace semi-ouvert, on procède par sous-espaces dans lesquels la terrasse, par exemple, est délimitée visuellement. Pour créer de la profondeur, nous privilégions les plantes aux nuances de gris (plus elles sont éloignées, plus elles seront hautes, plus elles seront grises), et nous installons à l'avant les plantes à textures plus marquées."

Pepijn Verheyen estime que les accents constituent un élément crucial dans le contexte du minimalisme. "Il est extrêmement important de choisir minutieusement l'emplacement des fenêtres, et de déterminer ce que l'on peut y voir. Pour donner un exemple, on peut accrocher un nichoir devant une petite fenêtre ou prévoir de l'herbe devant une fenêtre basse au niveau du sol, pour y laisser courir quelques poules. Pour renforcer encore cette approche, il faut se concentrer sur une zone en particulier."

Pour terminer, il existe une nette tendance vers un rayonnement plus naturel. "On le remarque dans le choix des plantes, mais aussi dans le type d'éclairage, la mise en oeuvre d'un étang (de nage) ou le choix du mobilier de jardin. En privilégiant la réverbération et l'aspect translucide, nous créons une sorte de stratification, qui génère une expérience plus riche. Dans le cadre de ce minimalisme contemporain, il est essentiel que tout ait l'air simple et spontané en dépit de cette complexité."

Elien Haentjens

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