Le seuil vu par le paysagiste

30/06/10 à 18:08 - Mise à jour à 18:08

Source: Je Vais Construire

La végétation joue un rôle important dans la perception de l'avant de la maison. Serge Scheers, de la société d'architectes paysagistes Les Jardins Idée ô, nous définit l'avant-scène.

Le seuil vu par le paysagiste

La végétation, et plus largement l'aménagement des abords, joue donc un rôle important dans la perception de l'avant de la maison. Serge Scheers, de la société d'architectes paysagistes Les Jardins Idée ô, nous définit l'avant-scène.

Quel est le rôle de l'avant-scène?

En fonction de l'architecture de la maison, il faut que les gens se sentent invités à entrer, mais qu'ils comprennent aussi la logique de l'entrée. Il faut qu'ils trouvent aisément la porte, ne la confondent pas avec le garage, voient directement comment y accéder... C'est là le rôle des abords. Le problème, c'est que nombre d'architectes s'occupent de la maison, un point c'est tout. Une fois le chantier fini, le client se retrouve avec des abords horribles et constate que l'accès à la maison n'a pas été prévu... Il n'a plus le budget pour refaire un aménagement et est contraint de mettre un peu de gravier. Et c'est tout.

Y a-t-il un rapport qui s'établit entre la maison et les abords?

Oui, ce sont les lignes du bâtiment qui vont définir le style du jardin. J'aime entrer chez les gens avant de concevoir leur jardin. Je ne concevrai pas un jardin japonisant pour quelqu'un qui affectionne le style fermette! Il faut que, dès la grille, l'habitant se sente chez lui...

N'est-ce pas aussi beaucoup d'entretien de créer des abords "travaillés"?

Il faut penser au côté fonctionnel de la chose. Je crée généralement des jardins qui demandent uniquement une taille de printemps et d'automne. Il faut aussi oublier les plantes vivaces. Je mise plutôt sur les bambous, les buis, les graminées, les formes topiaires. Je travaille sur les masses afin de ne pas laisser trop de place aux mauvaises herbes.

Cela ne veut pas dire que je ne mets pas de fleurs! Les hortensias sont, par exemple, à la mode car ils fleurissent de juin à septembre, ont beaucoup de feuilles et structurent bien la composition. Si le bâtiment est contemporain, je peux marier végétal et minéral, ce qui demande aussi peu d'entretien et donne de beaux résultats.

Y a-t-il des pièges à éviter?

Il faut se méfier des espèces à enracinement important qui pourraient détruire un trottoir, des tuyauteries... Et ne pas oublier qu'un petit arbre peut devenir grand et voler l'ensoleillement, la vue, etc. Pour ce qui est des plantes grimpantes, il faut également être attentif dans leur choix car certaines espèces peuvent abîmer la façade. La vigne vierge, par exemple, laissera des ventouses, pas spécialement esthétiques. Autre remarque, pour les bambous, il faut prévoir sous terre une barrière de racines pour éviter les dégâts.

Quand on a peu de recul entre la rue et la façade, en ville par exemple, ce travail devient inutile?
Un jardin, c'est du cas par cas... Si le recul est minimum, on peut travailler avec un élément qui donne de la vie, comme l'eau, en créant par exemple une passerelle passant au-dessus d'un petit bassin, à emprunter pour entrer. L'idée sera d'attirer le regard vers le sol et pas sur la façade qui écrase.

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