Les chapes : support de finition de sol

24/02/08 à 18:00 - Mise à jour à 18:00

Source: Je Vais Construire

Le support, la couche d'usure, la finition - autant de termes qui se rapportent tous à la chape.

Le support, la couche d'usure, la finition - autant de termes qui se rapportent tous à la chape. Généralement, la pose de la chape signifie que le projet de construction touche à sa fin. Il en existe une large gamme. A vous de choisir la plus appropriée.

Lachapeest posée sur un support. Elle procure une isolation thermique et acoustique, assure l'étanchéité et surtout une surface égale au nivelé parfaitement horizontal. Dans la chape, on incorpore aussi les différents composants techniques (électricité, chauffage, sanitaire...). On distingue différents types de chapes:

l Les chapes ordinaires adhérentes ne sont pas épaisses (de 30 à 50 mm), mais demandent une sous-chape stable, sans fissures.

l Les chapes particulières, non-adhérentes sont séparées du support par une membrane. Elles sont surtout utilisées pour les pièces où l'humidité risque de traverser le support, dans le cas d'un support très poreux ou composé de plusieurs parties. Ce type de chape est généralement plus épais (minimum 50 mm).

l Les chapes flottantes (minimum 50 mm) ne sont pas fixées aux murs latéraux. Elles ne reposent pas sur le support, mais sur une membrane souple. De telles chapes sont surtout utilisées en raison de leurs propriétés isolantes thermiques et acoustiques. Pour l'isolation, on utilise surtout des panneaux en matériaux synthétiques qui supportent le poids de la chape à proprement parler. Celle-ci contient une armature permettant d'obtenir la stabilité nécessaire, bien qu'elle soit indépendante du support.

l Les sous-chapes se trouvent sous les revêtements définitifs. Elles servent d'enrobage pour les tuyauteries et d'isolation. En raison de leur composition particulière, un habillage ne peut être posé sur une sous-chape. Raison pour laquelle, la chape à proprement parler est alors placée par-dessus.

l Les chapes pour sols chauffés incorporent le système de chauffage installé dans le sol. Elles doivent garantir la diffusion égale et régulière de la chaleur produite par ces éléments.

Les chapes sèches et humides

Ensuite, on opère une distinction entre les chapes sèches et humides.Les chapes humides se composent d'un mélange de matières de charge, d'eau et de liants qui sont amenés sur place. Les chapes sèches se composent quant à elles, de panneaux prêts à poser. L'avantage de ces panneaux est qu'ils ne nécessitent pas de période de séchage. Les revêtements peuvent être immédiatement posés par-dessus.

Les chapes sèches

Les chapes sèches se composent généralement de panneaux sur lesquels on peut poser un habillage. Ces panneaux se composent d'un coeur isolant et de couches de plâtre ou de fibres de bois compressé. Ils sont souvent collés sur la sous-chape. La pose de chapes sèches n'est pas le travail d'un spécialiste, mais elles ne conviennent que pour les supports parfaitement planes. Les canalisations ne peuvent y être posées.

Les chapes à base d'anhydrite

Les chapes traditionnelles sont à base de ciment. Une alternative est l'anhydrite, un matériau qui se compose à 85 % de sulfate de calcium (CaSO4). Il est souvent utilisé comme liant pour les chapes autonivelantes. Le gros avantage des chapes à base d'anhydrite, et des mortiers autonivelants en général, est que leur pose demande moins de travail qu'une chape ordinaire. Ce type de chape se coule très rapidement: au bout de 24 heures, on peut déjà y circuler et après quelques jours, on peut y déposer des charges. Néanmoins, l'anhydrite est sensible à l'humidité. Ce type de chape est donc déconseillé pour les pièces très humides ou mal ventilées.

L'anhydrite naturelle est extraite de ce que l'on appelle les évaporites. L'anhydrite de synthèse se libère notamment sous forme de résidu lors de la désulfuration des gaz de fumée ou lors de tout autre processus industriel. Comme il s'agit d'un résidu, son utilisation dans le domaine de la construction constitue une plus-value écologique.

L'anhydrite est mélangée à du sable, de l'eau et un plastifiant pour former une chape fluide. Celle-ci est alors coulée sur le support. La propriété autonivelante permet d'obtenir une répartition régulière de la masse. Le processus de finition est encore amélioré manuellement. Les chapes fluides sont surtout utilisées dans le secteur industriel, où elles doivent souvent rester à nu.

L'isolation de la chape

Pour isoler une chape, on commence d'abord par poser une couche de remplissage. Par-dessus, on pose la couche isolante et ensuite la chape dans laquelle on incorpore les tuyauteries. On peut aussi placer les tuyauteries sous la couche isolante. Les mortiers isolants fonctionnent à la fois comme couche de remplissage et d'isolation. Etant donné qu'en moyenne, une chape est responsable pour un quart des déperditions de chaleur, l'isolation de la chape est très rentable, d'autant plus que certaines intercommunales d'énergie encouragent cet investissement en octroyant des primes.

Pour les sols sur terre-plein, il existe une chape isolante en mortier de polystyrène par exemple. On peut prévoir une isolation supplémentaire - recommandée au-dessus d'une pièce froide comme par exemple un garage ou une fausse cave - en posant une couche isolante sous le support ou entre le support et la chape.

La solution la plus simple est de poser une couche isolante sous le support. Elle peut aussi être placée entre le support et la chape mais il faut alors d'abord égaliser le support à l'aide d'une couche de finition. Le matériau d'isolation entre le support et la chape doit pouvoir résister à toute contrainte. Si la chape et la couche de finition sont comprimées par une charge, elles perdront toute propriété isolante.

L'armature

Dans le cas de béton coulé mais aussi des chapes, on opte de plus en plus pour une armature traditionnelle sous forme de treillis ou une armature de fibres. Ce qui garantit un meilleur malaxage, un temps de séchage plus court et une meilleure résistance contre toute déformation. En outre, de par une solidité supérieure, l'épaisseur de la couche de la chape peut être limitée à quelque 30 mm au lieu des 50 mm habituels. Une armature à base de fibres s'avère très pratique dans les pièces où plusieurs réseaux de conduites et de canalisations doivent se chevaucher dans l'ouvrage, et dans le cas de chauffage par le sol.

Le temps de séchage

Si aucun additif n'est utilisé pour réduire le temps de séchage, il faut compter au moins trois à quatre semaines de séchage pour une chape (fluide). Il faut compter une semaine par cm. Ce délai peut varier en fonction de l'hygrométrie ambiante, la composition du mortier et le type de chape utilisé. Une chape à base de ciment, destinée à un parquet ne peut contenir plus de 2,5 % d'eau par exemple. Pour les carrelages et certaines pierres naturelles, l'humidité n'a aucune influence néfaste. Quant au marbre et la pierre calcaire, c'est tout le contraire, parce que des solutions alcalines contenues dans le mélange à base de ciment risquent de s'y infiltrer et de provoquer des taches.

Les congés du bâtiment?

Le timing du temps de séchage est un souci tant pour les hommes de métier que pour les maîtres d'ouvrage. Tous souhaitent que la chape soit coulée juste avant les congés du bâtiment pour que le temps de séchage coïncide avec la période durant laquelle les ouvriers sont en vacances. Les 'chapistes' sont donc souvent débordés.

Poser un carrelage

La meilleure méthode est de coller les carreaux, qu'il s'agisse de pierres naturelles ou en céramique. Ce système permet d'utiliser une moins grande quantité d'eau, réduisant ainsi le risque de taches ou d'autres dommages. Les joints entre les carreaux sont comblés avec un mélange à base de ciment. La composition de ce mortier dépend de la largeur du joint: plus il est étroit, plus il faudra du ciment; plus il est large, plus il faudra de sable fin. Pour les revêtements de sols des terrasses, on utilise parfois des joints de sable pur. Ce qui facilite l'écoulement des eaux.

On peut non seulement coller les carreaux sur un lit de mortier mais aussi les poser sur un lit de sable durci. C'est surtout le cas dans les maisons anciennes. Lorsque l'on rénove de tels revêtements, il est conseillé de remplacer le lit de sable, même s'il ne s'agit que de remplacer un ou deux carreaux. Un lit de sable ne convient pas aux sols chauffés.

Pourquoi pas du béton?

Le béton non teinté et les carreaux de ciment, avec ou sans coating, sont utilisés pour les garages et les ateliers, pour des raisons d'économie. Mais les sols en béton existent aussi dans une finition plus esthétique.

Pendant des années, les seuls lieux où l'on rencontrait des sols en béton poli étaient les usines ou les magasins. A l'heure actuelle, ce type de sol se pose aussi dans les habitations. En ajoutant des pigments dans la masse ou uniquement dans la couche d'usure, le béton peut être teinté dans toutes les couleurs souhaitées, de telle sorte qu'un revêtement décoratif ou quelque habillement que ce soit s'avèrent superflus.

Le béton utilisé pour un sol poli doit satisfaire à d'autres exigences que du béton ordinaire. S'il doit résister aux graisses et aux solvants, il doit être imprégné d'un produit bouche-pores. Après durcissement, le béton à base de ciment est en fait un matériau poreux dans lequel les salissures risquent de s'incruster. Ne jamais utiliser d'eau de Javel ou de produits alcalins pour le nettoyage au risque de provoquer des changements de tons.

Le chauffage par le sol

Les sols chauffés doivent avant tout résister à toute fissuration, car les variations de température risquent de provoquer un retrait ou une dilatation du revêtement. Afin de résorber ces tensions, il faut prévoir des joints de dilatation et de retrait et incorporer une armature dans la chape.

Lorsqu'un maître de l'ouvrage opte pour un chauffage par le sol, l'architecte peut donner libre cours à sa créativité. Il ne doit donc plus tenir compte de la place que prennent les radiateurs et les convecteurs. Les modèles les plus récents de sols chauffés sont devenus tellement minces, qu'il peuvent aussi être utilisés pour les rénovations, sans que l'épaisseur totale du sol n'augmente au point de devoir remplacer les portes et les seuils.

Koen Mortelmans

Liens

Fédération belge des Carreleurs Mosaïstes (FECAMO), www.confederationconstruction.be/fecamo, 02 545 57 58

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