Les finitions de parois

17/05/08 à 15:55 - Mise à jour à 15:55

Source: Je Vais Construire

On parle de cloisons pour désigner les parois qui délimitent les pièces mais qui ne sont pas porteuses.

On parle de cloisons pour désigner les parois qui délimitent les pièces mais qui ne sont pas porteuses (c'est-à-dire qu'elles ne participent pas à la stabilité du bâtiment). Par définition, ces cloisons sont donc plus légères et moins épaisses que les murs porteurs et peuvent être réalisées de différentes manières.

Les cloisons en plaques

Très souvent, les cloisons sont réalisées en plaques de plâtre (type Gyproc) ou en panneaux de bois (multiplex ou bois aggloméré) fixés à une ossature.

Des lisses en bois ou en métal sont vissées au sol et au plafond de la pièce puis reliées par des montants verticaux, également en bois ou en métal. Cette structure (qui fait en moyenne 50 mm d'épaisseur, et jusqu'à 75 mm si le plafond est plus haut, comme dans un loft) sert de squelette à la cloison. De part et d'autre de ce squelette vient se fixer une plaque de plâtre ou un panneau de bois. Dans l'épaisseur du squelette peuvent être posés les conduits techniques ainsi que le matériau d'isolation thermique et acoustique.

Pour une question de résistance, si l'on veut par exemple accrocher des étagères à l'une de ces cloisons, il est assez courant de placer non pas une, mais deux épaisseurs (plaques ou panneaux) de part et d'autre de la structure. Ce type de paroi "doublée" permet également de mieux isoler acoustiquement les pièces les unes des autres.

Si le principe est le même pour le bois et le plâtre, il existe toutefois des différences entre les deux : les panneaux de bois sont un peu plus chers que le plâtre, mais aussi plus résistants. En revanche, les parois de plâtre offrent une surface plus lisse et uniforme (car les joints entre plaques sont biseautés et enduits par après, tandis que dans le cas des parois de bois, les jonctions sont visibles, ce qui est moins esthétique). Il est donc possible de créer des parois mixtes, qui cumulent les avantages du bois et du plâtre, en plaçant de part et d'autre de l'ossature un panneau de bois et, par-dessus, une plaque de plâtre.

en carreaux ou en blocs

Les cloisons peuvent également être réalisées en carreaux ou en blocs pleins de plâtre, de 5 à 10 cm d'épaisseur. Ce type de parois autoportantes offre l'avantage d'être rapidement mis en £uvre et d'offrir une bonne isolation acoustique. Il est également possible de réaliser les cloisons non porteuses en blocs maçonnés ou collés de faible épaisseur (7 à 10 cm) dans les mêmes matériaux que les murs porteurs : blocs de béton, d'argex, de terre cuite, de béton cellulaire, de béton silico-calcaire... L'inconvénient majeur de ces murs pleins, c'est qu'il faut les balafrer de saignées pour faire passer les conduits techniques.

des variantes

Il existe également de nombreuses cloisons atypiques, qui permettent de séparer les pièces de façon plus ou moins nette. Les cloisons en verre ou en briques de verre, par exemple, permettent d'isoler acoustiquement une pièce, tout en laissant passer la lumière (et la vue si le verre est transparent) dans une pièce qui ne bénéficierait pas de fenêtre. On retrouve aussi dans les habitations contemporaines des cloisons amovibles, sur rails, qui permettent de moduler l'espace au gré des besoins. Certains architectes imaginent aussi des parois perméables de type claustra, ou encore des rangements intégrés qui servent en même temps de séparation entre deux pièces. Il est également possible de réaliser des cloisons qui ne montent pas jusqu'au plafond et offrent une sensation d'espace plus importante.

demi-cloisons

Les demi-cloisons permettent de parachever un mur (pour créer un lambris par exemple). L'ossature est fixée directement sur ce mur et les panneaux de bois ou les plaques de plâtre sont attachés par-dessus. Ce type de revêtement mural permet également d'éviter les saignées dans la paroi originelle, puisque les conduits techniques peuvent passer entre celle-ci et les panneaux de finition.

Le faux plafond

Le rôle du faux plafond est de dissimuler les conduits d'équipement qui passent au plafond, d'apporter une isolation supplémentaire sous la dalle ou d'animer visuellement les plafonds par des jeux de formes, des différences de niveau ou de matière... Le faux plafond permet aussi de réaliser des éclairages encastrés ou indirects sans s'attaquer à la face inférieure de la dalle de structure.

Le principe constructif d'un faux plafond est assez similaire à celui d'une cloison. Des lisses en métal ou en bois sont vissées à intervalles réguliers sur la dalle de structure. Des panneaux en bois ou en plâtre sont alors accrochés à ces profilés. Pour créer un espace plus important entre la dalle et les panneaux du faux plafond, on peut fixer aux lisses des suspentes qui permettent de descendre les panneaux de la hauteur voulue. Ce procédé est architecturalement intéressant pour faire varier les hauteurs sous plafond, dans un loft par exemple.

D'autres techniques de faux plafonds, davantage utilisées dans les immeubles de bureaux ou les surfaces commerciales, sont également applicables pour des habitations privées. Il s'agit notamment des faux plafonds suspendus en plaques légères ou en profilés d'aluminium, des plafonds en toile tendue, des faux plafonds ajourés qui descendent visuellement le niveau tout en laissant profiter de la hauteur totale du volume...

Le plafonnage

Afin de donner aux surfaces intérieures un aspect fini, lisse et unitaire, il est d'usage de plafonner murs et plafonds, c'est-à-dire de les couvrir d'une couche d'enduit humide qui sera ensuite peinte ou revêtue d'un papier peint. La solution la moins coûteuse est l'enduit de plâtre, qui sera placé si possible par un spécialiste (demandez-lui s'il a des références et ne vous laissez pas avoir par un prix cassé) pour un résultat à la hauteur de vos espérances. Ce plafonnage humide nécessitera par après un temps de séchage (idéalement d'un an) avant d'être éventuellement peint ou tapissé !

Si vous ne désirez pas attendre tout ce temps, il est préférable d'opter pour un plâtrage à sec, toutefois plus cher. Dans cette formule, des plaques de plâtre sont soit apposées sur le mur par l'intermédiaire d'une ossature (comme une cloison - lire plus haut) ; soit collées directement sur le mur pour autant que celui-ci soit suffisamment plan et ne présente aucun problème d'humidité.

Il existe par ailleurs des enduits décoratifs, qui ne nécessitent pas d'être repeints par après et offrent un aspect particulier au mur : moiré, texturé, faussement vieilli, etc.

Le plafonnage assurant la fonction pare-vapeur des murs extérieurs, il est recommandé d'apporter le plus grand soin aux raccords d'angle, aux jonctions avec les fenêtres...

La chape

La chape est une couche de mortier à base de sable de rivière, de 6 à 10 cm d'épaisseur (minimum 5 cm pour éviter les fissures), placée par-dessus la dalle de sol structurelle (formée de hourdis, de poutrains et claveaux, etc. - voir Je vais Con-struire n° 307 - février 2008) pour égaliser la surface et assurer son horizontalité, mais aussi pour dissimuler les conduits techniques qui passent par le sol. La chape se place évidemment uniquement sur des supports suffisamment rigides. Il n'est pas question, par exemple, de placer telle quelle une chape sur un plancher en bois. En cas de rénovation, il faudra donc superposer au plancher une tôle nervurée, et éventuellement renforcer la structure portante, avant de couler la chape.

chape adhérente ou flottante

Il existe des chapes adhérentes, en contact avec le support ; et d'autres dites flottantes, dans lesquelles une couche intermédiaire souple (de type laine de roche, mousse de polyuréthane...) est intercalée entre la structure porteuse et la chape. Cette désolidarisation permet de réduire les bruits d'impacts entre étages, ce qui peut être très intéressant, notamment dans les appartements, ou d'apporter un complément d'isolation thermique pour une dalle sur cave par exemple. Lorsque la chape n'est pas posée en adhérence, lorsqu'elle est très fine ou lorsqu'elle noie un système de chauffage par le sol, il est conseillé d'armer la couche de mortier à l'aide d'un treillis ou d'un béton contenant des fibres d'armature (de fines particules synthétiques mélangées à la chape à l'état liquide).

chape humide ou sèche

La chape est un parachèvement qui doit être particulièrement bien soigné sur chantier pour pouvoir accueillir, par la suite, n'importe quel revêtement de sol. Pour ce faire, le temps de séchage est très important et est estiméà une semaine par centimètre d'épaisseur (dans des conditions optimales). En Belgique, vu la température et l'humidité, on estime même qu'il faut dix jours de séchage par centimètre d'épaisseur ! Vu la succession des corps de métier sur chantier, il sera évidemment souvent impossible de ne pas solliciter la chape durant tout ce temps. Il faut toutefois essayer d'attendre minimum trois semaines avant de marcher sur le sol, ou placer des planches sur cette chape fraîche afin de répartir la pression. Il est également impératif de ne pas poser de revêtement avant la fin du séchage. Malgré tout, la chape perdra souvent un peu de sa planéité durant ce délai, et une fine couche d'égalisation sera alors nécessaire avant de placer le parachèvement final.

Les désagréments du séchage peuvent toutefois être évités grâce aux chapes sèches, de plus en plus utilisées. Ces chapes sèches sont composées de panneaux (en plâtre, fibro-plâtre, OSB...) recouverts sur leur face inférieure d'un isolant semi-rigide.

Fanny Bouvry

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