Remplacer les fenêtres : quand, pourquoi, comment ?

06/04/11 à 16:36 - Mise à jour à 16:36

Source: Je Vais Construire

Le remplacement de vos châssis ne s'improvisera pas. Faites-vous conseiller par un auditeur énergétique, un architecte ou un bon entrepreneur.

Remplacer les fenêtres : quand, pourquoi, comment ?

© Wymar

Les anciens châssis de fenêtres ne répondent généralement plus aux attentes actuelles en termes de performances acoustiques, thermiques, esthétiques ou fonctionnelles. Faut-il les remplacer complètement ?

Avant toute décision, prenez conseil auprès de plusieurs spécialistes. Un bâtiment forme un tout : lorsque l'un de ses composants est modifié, c'est l'ensemble du système qui peut s'en trouver affecté.

Ce phénomène s'applique particulièrement aux châssis qui combinent notamment des vertus thermiques, acoustiques et hygrométriques.

Autant d'éléments complémentaires, mais qui peuvent s'avérer contradictoires ! Pour améliorer l'une ou l'autre de ces caractéristiques, il n'est pas toujours nécessaire de remplacer la totalité du châssis.

Certains travaux de rénovation sont envisageables : ils peuvent concerner les vitrages, les montants, la quincaillerie... ou tout autre élément qui rend le châssis inapte ou inconfortable à son utilisation.

Pour un meilleur pouvoir isolant, pensez en priorité au vitrage

Si vous souhaitez améliorer les caractéristiques thermiques de vos fenêtres, le changement de vitrage permet de substantielles améliorations, tant au niveau des gains énergétiques que du confort.

Notez que, d'un point de vue thermique, le coefficient de déperdition d'un châssis n'est pas équivalent à celui de son vitrage. La valeur de la fenêtre tient donc compte du vitrage, mais également du type de profilé de châssis et du type d'intercalaires entre les feuilles de verre.

Pensez-y, car l'obtention de primes peut dépendre de la valeur U globale de la fenêtre après rénovation.

Simple vitrage : remplacement immédiat

Dans le contexte actuel de valorisation des performances énergétiques et du climat intérieur des bâtiments, le remplacement de fenêtres à simple vitrage doit s'imposer comme une priorité budgétaire.

Le coefficient de déperdition thermique d'un simple vitrage est actuellement cinq à six fois plus important que celui d'un double vitrage à haut rendement. Une exception cependant : si la toiture de votre habitation n'est pas encore isolée, vous aurez peut-être tout intérêt à y remédier avant de remplacer vos châssis.

L'avis d'un auditeur énergétique s'avérera ici décisif pour guider vos choix et déterminer les priorités dans vos investissements. D'autant plus que tant les travaux d'isolation que le remplacement de simple vitrage par un vitrage isolant sont subsidiés dans les trois régions du pays.

Étant donné qu'un double vitrage est plus épais qu'un simple vitrage, vous devrez le plus souvent remplacer la totalité du châssis.

Le remplacement partiel d'un châssis ou de ses parties ouvrantes uniquement ne s'avère techniquement possible que dans de rares cas et à condition que le châssis d'origine soit en bon état et bénéficie d'un coefficient thermique compatible avec les performances des nouveaux vitrages.

Les travaux de remplacement doivent toutefois s'envisager avec prudence. En effet, les nouveaux châssis sont bien plus étanches à l'air et mettront fin à la ventilation naturelle qui s'effectuait par les interstices des anciennes fenêtres.

Dans ce cas, il n'est pas rare de voir apparaître des phénomènes de condensation en différents points froids de la construction (ponts thermiques).

Pour résoudre ces problèmes, la pose d'un système de ventilation peut s'avérer utile. À cette fin, certaines législations régionales (en Wallonie par exemple) imposent de placer des aérateurs lors de la délivrance d'un permis d'urbanisme incluant le remplacement des châssis.

Attention toutefois : depuis leur mise en service, les logiciels de calcul PEB (performance énergétique des bâtiments) mettent en évidence que ce système de ventilation naturelle est loin d'être efficace en termes de gestion énergétique si les aérateurs ne sont pas pourvus d'un système d'autorégulation efficace et d'un clapet de fermeture intérieur réglable.

Double vitrage : selon l'année de construction En vingt ans, les doubles vitrages ont diminué de moitié leur coefficient de déperdition, notamment par l'incorporation d'un gaz entre les deux feuilles de verre et l'usage d'intercalaires plus isolants. Si vos châssis datent des années 1980 ou 1990, il peut s'avérer utile de remplacer l'ancien double vitrage par un nouveau double vitrage.

Les épaisseurs des intercalaires ayant également augmenté, il sera probablement nécessaire de remplacer aussi les lattes à vitrage (petits profilés intérieurs qui maintiennent le vitrage en place). Si vous souhaitez combiner les avantages thermiques et acoustiques, le choix de deux feuilles de verre d'épaisseur différente ou la combinaison d'un verre simple avec un verre feuilleté offrent un excellent rapport qualité/prix.

L'usage éventuel de verre de sécurité, notamment pour les portes et les portes-fenêtres, fera également l'objet de votre attention : vous devez en effet vous conformer à une récente norme en la matière. Demandez toujours de bien vérifier que les châssis sont aptes à supporter des vitrages plus lourds sans présenter de signes de faiblesse ou de disfonctionnement.

Triple vitrage : rare et destiné essentiellement à la construction passive ou basse énergie ! Les performances des doubles vitrages sont actuellement proches de celles des triples vitrages. C'est le rapport entre la différence de prix et le gain potentiel qui guidera votre choix. Au niveau constructif, un triple vitrage présente un poids nettement plus important et sa pose nécessite des profilés plus résistants, donc souvent plus larges.

Cela peut entraîner un surcoût considérable, de même qu'une perte de luminosité dans le cas de petits châssis. Toutefois, ce choix s'impose généralement comme une évidence dans la construction basse énergie ou passive, à condition de pouvoir utiliser aussi des châssis à forte valeur d'isolation.

Ces détails qui font la différence

Si vous rénovez une ancienne demeure de caractère, vous souhaiterez peut-être utiliser des profilés identiques aux profilés existants, à moins d'ailleurs que vous ne soyez obligé de le faire.

Les principales différences de ces châssis par rapport aux châssis standard actuels sont les suivantes : un nez à la base du châssis pour garantir le rejet des eaux de ruissellement, un mauclaire rainuré (partie centrale de jonction entre les deux ouvrants), des croisillons profilés, des profils ouvrants plus larges et des angles arrondis.

Certaines sociétés sont encore capables de reproduire ces types de profilés en bois, mais leur coût est évidemment plus élevé que celui des fenêtres de fabrication standard.

Et le châssis ?

Comme indiqué précédemment, les performances thermiques d'une fenêtre ne se résument pas à celles du vitrage. En cas de remplacement, on abordera donc aussi la question du matériau retenu pour le châssis.

Si les versions de base des châssis en bois, PVC ou aluminium peuvent présenter des caractéristiques thermiques fort différentes, sachez qu'il est actuellement possible de trouver dans chacun de ces matériaux des gammes offrant des performances relativement similaires, à un prix toutefois plus élevé.

La différence ne se marquera donc plus tellement au niveau des matériaux mais bien au niveau du type de profilé choisi. Demandez au fabricant le coefficient Uf du châssis retenu (valeur d'isolation de la combinaison des profilés ouvrant et dormant) ; cela vous permettra de comparer en toute sécurité.

Cédric Bourgois

En savoir plus sur:

Nos partenaires