Revêtements de façade

20/03/08 à 22:13 - Mise à jour à 22:13

Source: Je Vais Construire

Les revêtements de façade sont le miroir du bâtiment et reflètent aussi la personnalité des maîtres d'ouvrage.

Souvent opaques, massifs et rébarbatifs, quelquefois translucides ou transparents, légers et accueillants, lisses ou granuleux, chauds au regard ou froids à la main, les revêtements de façade sont le miroir du bâtiment. Au-delà des apparences, le parement d'une habitation reflète aussi la personnalité des maîtres d'ouvrage.

La façade contribue enfin à l'intégration d'un bâtiment dans son environnement par le respect du matériau et des couleurs du cadre existant ou, au contraire, marque une rupture volontaire face à un environnement de peu de qualité.
Rappelons que le parement d'une construction, qu'il soit de type lourd ou léger, n'a pas pour fonction d'assurer la stabilité et la reprise des efforts; ce rôle étant dévolu au mur porteur. La différence entre parement et bardage découle du caractère autoportant du premier et de l'accrochage du second sur la structure du bâtiment.

1. Les parements lourds autoportants

Traditionnellement, ce type de construction est le plus utilisé dans notre pays. Il trouve son origine dans l'évolution du mur plein traditionnel afin de l'adapter aux besoins d'isolation thermique, acoustique et d'étanchéité: le mur se complexifie mais le matériau reste identique. Cette technique est courante, à tel point que nombre de règlements urbanistiques communaux vous en imposent le choix et interdisent les propositions alternatives dont nous parlerons par après.

Les briques de terre cuite

Matériau vernaculaire produit à partir de l'argile présent dans le sol; la brique de terre cuite est notre matériau local. La disponibilité de la matière première, la technique parfaitement maîtrisée de la cuisson, les qualités de solidité et de stabilité des éléments sont les bases d'un succès séculaire. Caractérisant notre cadre de vie, la brique s'impose comme un choix évident.


Les fabricants offrent aujourd'hui une gamme de dimensions et de couleurs aptes à satisfaire le plus difficile des architectes et à rencontrer les envies diversifiées des maîtres de l'ouvrage : depuis les briques rustiques vieillies artificiellement qui s'utilisent en rénovation aux éléments gris, oranges, rouges vifs qui apportent une touche contemporaine en mettant en valeur la volumétrie du bâtiment.

La pierre

Extraite de carrières, la pierre est le second matériau naturellement présent dans certaines de nos régions: grès, schistes et ardoises personnifient l'architecture de nos Ardennes. Malheureusement, le prix d'un parement en pierre est aujourd'hui dissuasif.
Plus coûteuse par son mode de production en plaques ou en pièces taillées, la pierre d'apparat (pierre bleue, marbre et autres granites) est le plus souvent utilisée comme élément décoratif apportant finesse et raffinement à un matériau plus frustre.

Les blocs béton décoratifs

Alternative contemporaine à la brique, le bloc béton se différencie par sa nature, à base de ciment mélangé à du quartz ou du marbre concassé, ainsi que par sa fabrication sous presse, sans cuisson. La régularité des formats obtenus et les teintes pastel aboutissent à un langage architectural fort et sont à la base de son succès dans l'architecture contemporaine.

Le béton

Les voiles béton et les éléments en béton architectonique peuvent être considérés comme l'expression d'une façade qui se veut fermeture et protection contre l'extérieur. Ils donnent naissance à une architecture marquée par de grandes parois pleines, s'opposant ou dialoguant avec des ouvertures soigneusement calibrées.


L'utilisation de panneaux en béton cellulaire, destinés a priori à la construction de halls industriels et de hangars, est quelquefois retenue dans un but économique.
La finition de la texture et de la surface est variée: lavée, sablée, traitée à l'acide, lisse ou polie, structurée ou non.

2. Les bardages

Le principe du bardage consiste à placer à l'extérieur du bâtiment une peau légère fixée à la structure porteuse de celui-ci et assurant uniquement un rôle d'étanchéité. Il est exécuté par superposition de petits éléments assemblés en "écailles de poisson" ou par l'assemblage de grandes plaques à joints ouverts. Tous les matériaux légers résistants aux intempéries sont susceptibles d'être utilisés.


En rénovation, le recouvrement d'un mur existant ancien et dégradé par un bardage est une solution qui répond parfaitement aux améliorations souhaitées par les propriétaires ou exigées par les réglementations. Le bardage permet non seulement de placer une forte couche d'isolant entre les pièces de structure, ce qui répond aux normes d'isolation thermique et aux besoins en économies de chauffage, mais également d'assurer, par son étanchéité, la protection parfaite aux intempéries. De plus, il est exécutable sans démontage et sans modification des ouvrages existants, ce qui rend le coût global de la rénovation bien plus intéressant que la démolition et la reconstruction de façades anciennes.

Ardoises naturelles et artificielles

Matériau naturel d'une longévité exceptionnelle et d'une grande qualité esthétique, les ardoises naturelles sont assemblées sur les parois verticales avec une superposition en "écailles de poisson" garantissant une étanchéité totale aux intempéries. Traditionnellement, cette technique était utilisée pour le recouvrement partiel des parties de construction les plus exposées aux pluies.
L'ardoise artificielle tente, avec plus ou moins de succès, d'assurer le même aspect en garantissant un coût d'exécution plus abordable. La gamme de teinte variant du gris-vert au gris clair, du bleu au saumon, permet de développer une esthétique propre au matériau en bénéficiant d'un prix modéré.

Tuiles et tuileaux

Les tuiles en terre cuite sont utilisées depuis longtemps pour assurer la finition des parois verticales de quelques éléments de construction: joues de lucarne, pignons ou encore murs mitoyens en attente.
La technique de pose des tuiles sur une structure bois rend possible une plus large utilisation sur des pans entiers de façades verticales.

Plus lourde que l'ardoise, la tuile demande un support plus résistant. Comme tout élément en terre cuite, l'entretien est limité à sa plus simple expression et le matériau garantit une durée de vie élevée de la paroi.
Bien que l'usage de pratiquement tous les éléments puisse être envisagé, le choix préférentiel se porte aujourd'hui sur les tuiles plates, dont l'esthétique se rapproche du jeu de l'ardoise naturelle en offrant l'avantage d'un choix varié de formats et de coloris.

Panneaux fibre-ciment

A l'origine, cette offre a été développée comme alternative au bardage en ardoise pour couvrir rapidement, à l'aide d'éléments de grandes dimensions, et à un coût faible, les façades et pignons orientés aux pluies battantes. Les panneaux proposés sont solides, stables, lisses et teintés dans la masse. Ils peuvent être revêtus d'un coating transparent, structuré ou coloré. Attention dans ces derniers cas à la qualité de la couche de finition qui peut disparaître avec le temps. Ce type de parement commence à apparaître de plus en plus fréquemment dans une architecture contemporaine.

Sidings

Ces planches décoratives sont une copie, dans un matériau inerte, de l'esthétique d'un bardage en planche de bois. Elles veulent mettre l'esthétique "western" à la portée du plus grand nombre en évitant les problèmes d'entretien. Bien que peu prisée par les architectes, ces "planches" emportent l'adhésion de maîtres de l'ouvrage par leur aspect bois, leur facilité de mise en oeuvre et leur inaltérabilité. Une variante lisse est disponible.

Eléments de terre cuite

De forme rectangulaire, ces éléments sont accrochés à une structure secondaire (profilés métalliques). Le rythme régulier et les teintes chaudes (habituellement rouge orangé) mettent en valeur les grandes façades pleines en respectant leur géométrie simple mais en y ajoutant une échelle de lecture plus intimiste définie par les joints entre éléments de petites dimensions. La juxtaposition sans recouvrement définissant une surface plane.

L'alternative écologique: le bois

Matériau naturel peu coûteux, facile à produire et à travailler, s'inscrivant dans le cadre du développement durable de nos forêts, le bois est un matériau de bardage à conseiller. La seule limitation à son usage résulte dans les prescriptions urbanistiques déplorables qui l'interdisent dans de trop nombreuses communes par peur de la construction de "chalets" et, dans une moindre mesure, par le souci de l'entretien imposé au propriétaire de la construction.
A cet égard, les déboires proviennent essentiellement du choix d'une essence à la durabilité inadaptée ou du refus d'accepter un vieillissement normal d'un matériau organique. Un bardage en red cedar, en mélèze, ne nécessite pas d'entretien fastidieux et prend naturellement une patine grise avec le temps.


Il faut remarquer qu'une nouvelle conception tend à apparaître (surtout dans les pays nordiques et en Autriche) qui consiste à utiliser du bois local de sapin, facilement disponible et très économique, et à remplacer, après quelques années, les éléments dégradés. La disponibilité de cette ressource naturelle régionale et la mise en oeuvre simple facilitent ce renouvellement.

3. L'alternative métal

Paradoxalement, le bardage métallique est retenu dans deux cas opposés: la construction industrielle de hangars marquée par l'économie absolue du matériau (à la limite la couverture en tôle ondulée des anciens hangars à foin) et l'architecture contemporaine high-tech caractérisée par la recherche d'un matériau innovant.


La disponibilité du métal en rouleaux ou en bandes de grande longueur résout le problème des joints qui risquent d'entraîner des infiltrations tout en évitant la superposition des couches de matériaux exigée par les petits éléments posés en "écailles de poisson". Il est ainsi possible de protéger une façade sur toute sa hauteur sans aucun joint horizontal.

Le zinc

Métal (relativement) bon marché, le zinc est utilisé depuis longtemps en bardage de pignon et maçonnerie. Son esthétique est marquée par la forte présence des joints entre bandes métalliques qui définissent une trame décorative rigoureuse. Depuis quelques dizaines d'années, un laquage de couleur est venu s'ajouter aux nuances prépatinées claires et foncées.
Le cuivre
Par comparaison au zinc, le cuivre est incontestablement plus durable et plus noble comme matériau. Les utilisations en sont identiques mais le coût en est supérieur.

L'acier

Peu utilisé dans le domaine de la maison unifamiliale, l'acier pourrait pourtant être une réponse économique au défi de diminution du coût de la construction. Le développement d'une architecture contemporaine, inspirée des bâtiments industriels, pourrait contribuer à assurer une meilleure accessibilité au logement pour les jeunes. L'utilisation de panneaux sandwiches isolés, couplés à une structure à ossature métallique, a donné lieu à quelques réalisations intéressantes qui ne demandent qu'à être développées.
Pour mémoire, nous citerons l'utilisation de panneaux extérieurs massifs en acier Corten.

4. Les revêtements enduits

Les enduits minéraux sont composés d'éléments naturels à base de ciment ou de chaux. Ils sont préparés à base d'eau. Ils sont généralement appliqués en plusieurs phases ou couches.
Les enduits décoratifs dits synthétiques sont réalisés à base de résines artificielles. Ils permettent une application sur une épaisseur plus fine et parfois monocouche. Ils sont plus résistants lorsqu'ils sont appliqués sur des supports qui présentent un risque de fissuration mais sont moins perméables à la diffusion de la vapeur d'eau.

Le support: trois méthodes d'application
La mise en oeuvre peut se faire de trois façons, selon que le mur extérieur est mixte ou massif, isolé ou non:
• Sur mur creux, avec isolation intégrée dans la coulisse.
• Sur mur massif, sans vide, avec report de l'isolation à l'extérieur.
• Sur mur massif, sans isolant.
La première est une méthode efficace mais onéreuse dans le sens où elle impose le surcoût d'une maçonnerie de support, indépendante du mur porteur.


La deuxième alternative du mur massif offre l'avantage d'un moindre coût, d'un gain de place, de la suppression de tout pont thermique. Ce système est toutefois plus fragile aux chocs mécaniques.


La dernière mise en oeuvre proposée est l'exécution d'un mur massif sur lequel est appliqué l'enduit. Cette solution n'est envisageable qu'avec l'usage de blocs isolants, de type béton cellulaire, plus chers à l'achat.

5. L'entretien

Dans toutes les propositions dont nous avons parlé, il est facile d'établir la nécessité de l'entretien en se basant sur la nature du matériau.
La longévité la plus courte est celle du matériau organique: le bois dont la durabilité dépendra soit de la préservation soit du choix de l'essence. Un bois peu résistant demandera un traitement répété, à l'instar d'un châssis de fenêtre avec une périodicité de 3 à 5 ans.

La durée de vie des bardages métalliques dépendra du matériau choisi et de la pollution ambiante. Le zinc ne demandera aucun entretien mais son remplacement devra être envisagé entre 25 et 50 ans alors que cette longévité passera entre 75 à 100 ans, voire plus pour le cuivre.


Les matériaux inertes tels la tuile de terre cuite ou les panneaux en fibre-ciment, sont par définition peu sensibles au vieillissement et ne demandent pas d'entretien. Les dégradations proviendront dans ce cas de la structure de fixation au bâtiment (profilés bois de fixation) ou du vieillissement de la couche de finition (coating sur tuiles béton ou panneaux).


La durée de vie des panneaux de façades est plus difficile à cerner car dépendante de la qualité de fabrication et de leur nature (teintés dans la masse ou non, revêtus ou non, ...). Quelques-uns d'entre eux sont sensibles à la présence de mousse et de micro-organismes après quelques années. Dans tous les cas, la présence d'une fine couche de finition ou d'un coating soumis aux intempéries et aux ultraviolets pourra conduire à un ternissement et à une dégradation esthétique du panneau qui pourra justifier un remplacement alors que les performances techniques demandées seront toujours assurées. Les marques réputées garantissent la tenue de leurs panneaux dans le temps en s'appuyant sur une méthode de fabrication qualitative et constante.

Quelques références de prix

• Briques module 50 (83/m2) 85 à 106 euros par m²
• Briques module 65 (67/m2) 63 à 88 euros par m²
• Blocs de béton 29x19x9 43 à 78 euros par m²
• Jointoiement (vides déduits) 9 à 11 euros par m²
• Bardage tuileaux 75 par euros m²
• Bardage tuiles à emboîtement 35 à 40 euros par m²
• Bardage en ardoises losange de zinc 65 euros par m²
• Bardage en zinc à joints debout 80 euros par m²
• Bardage en ardoises artificielles 40 euros par m²
• Bardage en ardoises naturelles 85 euros par m²
• Bardage en cèdre 70 euros par m²
• Crépi naturel sur isolant 80 à 120 euros par m²
• Enduit au mortier (cimentage) 20 euros par m²
• Crépi acrylique monocouche 52 à 68 euros par m²

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