Sous le signe de la durabilité

05/04/11 à 14:20 - Mise à jour à 14:20

Source: Je Vais Construire

Les matériaux les plus couramment utilisés en menuiserie extérieure sont le bois, le PVC, l'aluminium et, dans une moindre mesure, l'acier.

Sous le signe de la durabilité

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Les matériaux les plus couramment utilisés en menuiserie extérieure sont le bois, le PVC, l'aluminium et, dans une moindre mesure, l'acier.
Chaque matériau présente des spécificités propres, mais ce sont de plus en plus les performances en matière d'isolation thermique et acoustique, de ventilation et de sécurité qui déterminent le choix.

Et de ce point de vue-là, s'il existe bien sûr des différences entre les matériaux, elles sont finalement assez minimes. Les écarts de prix ont tendance à se réduire et, à l'exception de l'acier, on ne peut plus opter aujourd'hui pour un matériau qui soit résolument meilleur marché ou plus cher qu'un autre.

Ce n'est plus tant le matériau en lui-même qui influencera le prix mais plutôt les performances recherchées, la superficie des fenêtres, leur forme, leur sens d'ouverture... Outre ces options "classiques", le marché propose actuellement bon nombre de nouveautés qui font d'une fenêtre un élément complexe qui devrait aussi offrir, globalement, une solution durable.

Isolation thermique et acoustique
Les fenêtres se composent de trois éléments : les profilés, la vitre et la quincaillerie. Si l'on veut améliorer leurs performances en termes d'isolation acoustique et thermique, c'est au niveau de l'un ou de plusieurs de ces éléments qu'il faut intervenir.

En effet, les performances d'une fenêtre doivent toujours être calculées sur l'ensemble. Même la quincaillerie a son rôle à jouer : une quincaillerie à plusieurs points de fermeture, développée au départ pour renforcer la sécurité et pour permettre la réalisation de plus grandes fenêtres, contribue aussi à une diminution des courants d'air entre l'encadrement de la fenêtre et les vantaux ouvrants, parce qu'elle garantit une meilleure étanchéité entre les deux éléments en position fermée.

Mais c'est principalement le modèle de vitrage utilisé qui détermine la valeur d'isolation d'une fenêtre, pour la simple raison que, proportionnellement, le verre occupe plus de surface que les profilés. Les performances du vitrage sont donc plus représentatives de la réalité.

Cela dit, malgré l'importance du vitrage dans la valeur globale de l'isolation d'une fenêtre, les profilés sont eux aussi déterminants. On constate à ce niveau une évolution très positive tant au plan de l'isolation thermique que de l'isolation acoustique (une bonne étanchéité est un facteur crucial pour empêcher les bruits extérieurs d'entrer).

Dès lors, les modèles les plus récents de portes et fenêtres répondent aujourd'hui sans problème aux exigences posées par la réglementation en matière de performance énergétique des bâtiments au niveau de l'isolation thermique.

De par sa structure cellulaire spécifique, le bois présente une bonne valeur d'isolation, de même que le PVC. Cela n'empêche pas les fabricants de déployer des efforts considérables pour développer des techniques isolantes plus performantes encore.

Quant aux fabricants de châssis en aluminium, voilà une dizaine d'années qu'ils mettent tout en oeuvre pour améliorer les performances isolantes de leurs produits, notamment grâce au développement du système à trois chambres. Faisons le point sur les innovations les plus marquantes.

Le bois
Dans la foulée du développement durable, le bois s'est à nouveau vu reconnaître à sa juste valeur. Le bois est en effet le matériau durable par excellence, disponible sous forme d'essences diverses qui proposent chacune des caractéristiques techniques propres. Il était dès lors logique que l'on assiste à une évolution où les différentes essences de bois se combinent dans un seul et même profilé.

Ainsi existe-t-il actuellement des profilés de fenêtres en bois laminé, se composant de trois ou quatre lattes de même essence ou d'essences différentes, collées sous pression. Les principaux avantages : une stabilité dimensionnelle plus grande et une meilleure isolation thermique.

Par ailleurs, les profilés en bois sont aujourd'hui conçus pour pouvoir supporter une charge plus importante, comme celle d'un triple vitrage.

En outre, on peut aujourd'hui combiner le bois avec de l'aluminium : en habillant la face extérieure du profilé avec de l'aluminium, on améliore deux aspects de la fenêtre : son étanchéité à l'air, grâce à l'absence de lattes à vitrage sur la face intérieure, et son entretien, grâce à l'habillage en aluminium qui protège les profilés en bois du soleil et des intempéries.

Les fenêtres destinées aux maisons passives affichent actuellement une valeur Uw de 0,63 W/m²K. Ces fenêtres présentent un profilé qui combine le bois (à l'intérieur), l'aluminium (à l'extérieur) et un noyau central de mousse isolante thermique. Elles sont en outre dotées d'un triple vitrage isolant, éventuellement combiné à un simple vitrage du côté extérieur pour protéger le pare-soleil intégré.

Le pvc
Les fabricants de profilés de fenêtres en pvc ne sont pas restés inactifs non plus et ont développé de nouvelles possibilités pour limiter davantage encore les déperditions de chaleur par les encadrements. Leurs recherches ont donné naissance à la génération des profilés de fenêtres à 8 chambres à air.

Le système des chambres à air est en fait une barrière thermique. En d'autres termes, l'air contenu dans les chambres sert d'amortisseur. L'air froid de la chambre extérieure ne touche pas l'air chaud de la chambre intérieure, et il y a donc moins d'échanges de chaleur, c'est-à-dire moins de pertes.

Une fois le châssis assemblé, cette barrière est invisible.

Dans les salles d'exposition, ces profilés sont habituellement présentés en coupe - comme si on les avait sciés -, pour que l'on puisse voir effectivement les chambres ou la barrière thermique.

Les profilés à 8 chambres représentent-ils le summum en la matière ou va-t-on encore faire mieux ? Soyons réalistes : les déperditions de chaleur vers l'extérieur ou les infiltrations d'air froid au travers des profilés sont limitées par une succession de parois intermédiaires ; mais si les chambres créées par ces parois sont trop petites, un effet de radiation entre les parois entraînera quand même des déperditions de chaleur.

En conclusion, pour augmenter encore le nombre de chambres, il faudrait aussi élargir les profilés sous peine de travailler à perte.

Outre le nombre de chambres, l'élément de renfort qui se trouve à l'intérieur du profilé a également évolué. Ainsi, dans certains profilés, le renfort traditionnel en forme de tube métallique a été remplacé par deux barrettes de polyamide, respectivement placées à proximité des faces intérieure et extérieure du châssis.

L'aluminium
Pour améliorer les performances thermiques de leurs produits, les fabricants de profilés en aluminium sont passés ces dernières années au système des profilés à 3 chambres. Deux profilés tubulaires en aluminium sont assemblés à l'aide de barrettes isolantes pour former un profilé unique.

La création d'une seconde chambre (extérieure) a permis l'utilisation de barrettes plus larges - en pvc mais surtout en polyamide renforcé de fibres de verre. Ces barrettes délimitent une chambre intermédiaire qui représente une réelle plus-value au plan de l'isolation, sans toutefois nuire à la stabilité de la fenêtre.

Des améliorations plus remarquables encore ont été obtenues d'une part en compartimentant la chambre du milieu (la chambre isolante) à l'aide de barrettes en forme de peigne, complétées par un joint central segmenté, d'autre part en segmentant l'espace entre le vitrage et le profilé à l'aide de joints en EPDM.

(Sofie De Vriese/Eric Cloes)

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