Recouvrement de toiture: quel matériau choisir?

vendredi 22 février 2008 à 00h25

Architect Schellen

Architect Schellen

Le choix du matériau de recouvrement de votre toiture sera souvent déterminé par la forme de celle-ci: pointue, plate voire arrondie. Malheureusement, ce choix ne nous incombe pas toujours...

En Europe occidentale, les toitures inclinées s’inscrivent dans une tradition de longue date. Il suffit de visiter Aubechies, Bokrijk ou encore d’ouvrir une bande dessinée d’Astérix. Logique, car sous nos climats pluvieux, il a toujours été difficile d’étanchéifier les toits plats et de préserver cette étanchéité. Ce n’est qu’au cours du vingtième siècle que nous y sommes réellement parvenus.

A l’heure actuelle, les architectes utilisent volontiers les toitures plates, parce qu’elles permettent plus de possibilités en termes de créativité et d’aménagement de pièces sous-faîtières. En Flandre, où la tendance dans le secteur du bâtiment est dominée par les fermettes, les toitures plates ouvertes ont particulièrement la cote.

L’architecte et le maître de l’ouvrage ne peuvent pas toujours faire comme bon leur semble. En effet, dans les centres des villages et des villes, comme dans les lotissements, ils doivent respecter certaines prescriptions urbanistiques. Celles-ci concernent aussi la forme, la hauteur et même le matériau de recouvrement. L’Etat veut ainsi éviter que l’image urbaine ne devienne trop chaotique.

Une maison à toiture plate dans une rangée ne comportant que des maisons à toiture inclinée, ou le contraire, est tout, sauf heureux. Une maison avec une toiture recouverte de tuiles située entre plusieurs maisons aux toitures d’ardoises ne vaut guère mieux. Dans certaines communes wallonnes, l’obtention d’un permis pour une toiture plate relève presque du miracle!

Dans le cas de toitures plates, le matériau doit être étanche; le choix des matériaux est donc limité. Par contre pour les toitures inclinées, le choix est beaucoup plus vaste. L’aspect esthétique n’entre pas en ligne de compte pour le revêtement des toitures plates, parce que le recouvrement est rarement visible depuis le rez-de-chaussée ou depuis la partie habitée de la maison.

Contrairement aux tuiles par exemple, les matériaux d’étanchéité des toitures n’existent pas en plusieurs couleurs et modèles. Le point sur les principaux matériaux de recouvrement des toitures:

Les toitures inclinées

Les tuiles

Les fabricants de tuiles octroient spontanément une garantie de trente ans sur les qualités naturelles. En cas de rénovation, il n’est même pas nécessaire de récupérer les anciennes tuiles fragilisées. Il existe de nouvelles tuiles de haute qualité sur le marché ayant subi un traitement spécial pour obtenir un aspect vieilli. Depuis quelques années, on utilise de plus en plus les tuiles pour habiller des façades verticales.

Dans un environnement humide et boisé, on utilise de préférence une tuile émaillée. Grâce à cette couche d’émail, les tuiles sont moins sensibles à la formation de mousses, d’algues et de moisissures. Une tuile émaillée sèche plus lentement qu’une tuile ordinaire. Renseignez-vous lors de l’achat quant à sa résistance au gel (garantie).

Autre traitement de surface: l’engobage. Dans ce cas, la tuile sèche, non encore cuite, est aspergée d’une suspension à base d’argile, à laquelle on a ajouté des oxydes colorants. Au cours de la cuisson, cette couche d’engobe se grèse dans la surface de la tuile, ce qui lui donne un aspect mat ou satiné.

Tant pour le faîte que pour les pans latéraux, il existe quantité d’accessoires tels que des modules de connexion pour les faîtières, les pans de toiture triangulaires et autres. Plus le nombre d’accessoires est important et plus la note finale s’en ressentira.

Les tuiles en béton

Les tuiles en béton ne sont pas cuites. Le mélange d’argile, de ciment et de sable durcit comme du béton. Ces tuiles sont disponibles en grands formats et sont donc un peu moins chères. En raison de leur poids, elles nécessitent cependant une charpente plus solide. Elles ne conviennent en aucun cas pour les toitures aux formes complexes et sont généralement plus sensibles à la formation de mousses.

Les ardoises naturelles

Les ardoises naturelles figurent parmi les recouvrements de toiture les plus durables et les plus coûteux. Mais une belle toiture en ardoise peut défier les siècles. Comme c’est le cas de tout  produit naturel, la qualité des ardoises n’est pas toujours égale. La présence de cristaux de quartz en surface et la teneur en carbonate de calcium jouent un rôle.

Les ardoises artificielles

Les ardoises artificielles se composent d’un mélange de ciment, de fibres d’armature et de minéraux. La couche superficielle possède des propriétés anti-mousse et sur le dossier, on applique une résine acrylique. Outre les nuances classiques des ardoises naturelles, les ardoises artificielles sont également disponibles dans les teintes vertes, roses, bleu foncé et mauves.

La plupart des fabricants octroient une garantie de trente ans sur les propriétés naturelles et quinze ans sur la couleur. Il existe sur le marché des ardoises artificielles qui présentent une surface inégale et des bords cannelés. On les distingue à peine des ardoises naturelles, mais elles sont indéformables. Malgré l’amélioration du produit, les ardoises artificielles sont encore sujettes à la formation de mousses.

Un toit de chaume

Un toit de chaume présente des avantages et des inconvénients. Grâce à toute une série d’astuces et de produits, la sécurité anti-incendie d’un toit de chaume a été nettement renforcée. Le chaume possède d’excellentes propriétés isolantes, mais revient plus cher que les tuiles. Il n’y a pas de gouttière cependant, et la maison est dès lors entourée d’un anneau d’humidité, généralement en galets avec un système de drainage par-dessous, pour éviter la formation de flaques boueuses. L’eau stagnante est l’ennemi juré du chaume. C’est pour cette raison que les chaumiers préfèrent une toiture fortement inclinée.

Les toits de chaume ne conviennent pas aux maisons constamment à l’ombre, étant donné le risque de formation d’algues. Si vous optez pour le chaume, faites preuve de patience. Les entreprises professionnelles spécialisées ne sont en effet guère nombreuses. Les toits de chaume n’ont plus la cote et la toiture en paille est bien révolue.

Le zinc

Le zinc rencontre un succès grandissant, surtout auprès des architectes, car il se prête bien mieux aux formes arrondies que tout autre matériau. Une toiture en zinc est relativement légère et ne représente donc pas de charge lourde pour la charpente de toiture. Le zinc est un alliage de cuivre et de titane qui permet d’éviter d’importantes déformations en cas de températures élevées.

Attention: les gouttières et les tuyaux de descente doivent être exécutés dans les mêmes matériaux au risque de créer des réactions électrochimiques.

L’acier

L’acier est également fort demandé. Les tuiles en acier existent en formats classiques. Mais on utilise généralement de grandes plaques d’acier dont le relief imite les vraies tuiles. Ces plaques peuvent être, en principe, soit jaune canari voire bleu ciel. Dans la pratique, on retrouve surtout les mêmes teintes que les tuiles ou les ardoises.

Les grandes plaques sont faciles à traiter et bon marché, mais les formes sophistiquées sont exclues. Ce matériau convient parfaitement dans le cas d’une rénovation. La toiture existante peut rester telle quelle et la toiture en acier est posée par-dessus. L’acier est galvanisé et enduit d’une couche de peinture et de granulats de pierre.

Autres matériaux

Les toitures peuvent être recouvertes au moyen d’autres matériaux, mais leur utilisation reste néanmoins limitée dans nos contrées: le cuivre (au lieu du zinc), l’aluminium (au lieu de l’acier). Chez nous, les bardeaux de bois (des lames de matériau de recouvrement) se rencontrent rarement mais sont des valeurs sûres en Amérique du Nord.

On trouve encore des tôles ondulées d’origine en fibre de ciment mais uniquement sur les cabanes de jardin vieilles comme le monde. Les gammes actuelles sont bien plus élégantes grâce à leur revêtement acrylique et à un traitement anti-mousse. C’est un matériau relativement bon marché, mais il convient moins bien pour les formes de toit sophistiquées. Le prix avantageux entre surtout en ligne de compte pour les grandes surfaces.

Pour les budgets serrés, il existe les bardeaux en bitume. Ceux-ci sont bon marché si ce n’est que leur durée de vie se situe bien en deçà de celle des autres matériaux.

Les toitures plates

Le ‘Roofing’

La plupart des couches d’étanchéité de toiture se composent de produits bitumineux, généralement désignés sous le nom de «roofing». Tant les bitumes que les additifs destinés à renforcer l’élasticité et la résistance du matériau sont fabriqués à base de pétrole brut. Les rouleaux de roofing se composent de bitume renforcé par une couche d’aluminium, de polyester ou d’une membrane de verre et d’une couche de finition rugueuse à base de sable, d’écailles d’ardoises ou même de gravillons. Les rouleaux peuvent être posés en une ou plusieurs couches. Les couches de bitume peuvent être collées ou soudées les unes aux autres.

Les bitumes sont souvent qualifiés de ‘plastomères’ ou ‘d’élastomères’. Un  bitume plastomère ne reprend jamais sa forme initiale. Un bitume élastomère par contre, bouge. Il résiste mieux au froid mais moins bien aux rayons UV.

La membrane synthétique

Pour l’étanchéité de la toiture, divers produits synthétiques ont été mis au point. Parmi ceux-ci, le PVC, l’EPDM et le TPO. Les rouleaux d’étanchéité de toiture synthétiques sont disponibles avec ou sans armature et se posent en une seule couche. Pour les fixer, on procède par soudure, vulcanisation ou encollage.

L’EPDM est un caoutchouc synthétique. Il offre une bonne résistance aux rayons UV ainsi qu’aux charges mécaniques notamment engendrées par les passages fréquents. S’il est réalisé sur mesure et livré en un seul morceau, il sera très sensible à la dilatation. Il faut alors prévoir des joints sur le pourtour pour absorber cette dilatation. Au cours des années 80, le PVC a connu un essor marquant grâce à sa solidité et sa pose en une seule couche.

L’utilisation de TPO (membranes de polyoléfines thermoplastiques) connaît un succès croissant ces derniers temps. Elle présente la même solidité, durabilité et possibilité de soudage thermique que le PVC, sans les inconvénients environnementaux de ce dernier (particules chlorées et agents plastifiants).

Récemment, un coating de polyester, qui se pose sous forme de liquide, a été mis au point. Il convient particulièrement bien aux surfaces comportant de nombreuses échancrures comme les terrasses, mais aussi les balcons.

La végétation

Certaines espèces de plantes convenant aux toitures vertes sont disponibles sous forme de tapis de végétation précultivés. On entend par ‘toiture extensive’, un ensemble composé de sédums (plantes grasses), d’herbes et de fleurs. Cette formule exige peu d’entretien. Quant à la toiture verte ‘intensive’, il s’agit d’une véritable toiture jardin comprenant des arbres et du gazon à tondre régulièrement. Ce type de toiture verte demande un bâtiment de construction plus lourde. Les toitures extensives ne peuvent être foulées. Elles sont les plus courantes car nettement moins onéreuses.

Koen Mortelmans

 

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