Trois experts en architecture confient leur vision sur la lumière, l'espace extérieur et le cohousing

03/02/14 à 16:52 - Mise à jour à 16:52

Source: Je Vais Construire

L'architecte renommé Benny Govaert du bureau d'architectes Govaert & Vanhoutte s'est lancé dans un débat avec Geert Salomez, une autorité en matière de l'utilisation de la lumière en architecture et Frank Demulle, à la fois architecte réputé et directeur de l'école supérieure Saint-Luc à Gand sur les éléments générateurs de qualité dans la privée. Nous avons assisté à la séance et partageons avec vous leurs connaissances sur l'importance de la lumière, de l'espace extérieur ainsi que leur vision sur l'avenir du cohousing.

Trois experts en architecture confient leur vision sur la lumière, l'espace extérieur et le cohousing

© Govaert & Vanhoutte

En quelle mesure la lumière influence-t-elle le confort d'habitation? Les trois experts sont d'accord que la lumière joue un rôle capital dans la construction d'un logement de qualité. Geert Salomez souligne l'action thérapeutique de la lumière naturelle et indique que notre horloge biologique est équilibrée par la lumière et la couleur du ciel.

Frank Delmulle explique à son tour que la lumière ne constitue qu'un élément de l'architecture. "L'architecture est holistique et syncrétique, ce qui signifie que l'architecture doit concilier les éléments inconciliables, qu'elle doit former un ensemble avec différents éléments" précise l'architecte. Tout comme en art, il faut des contrastes en architecture. La lumière n'est intéressante que si on travaille également avec le sombre. Ce principe de clair-obscur joue un rôle majeur. L'architecte doit créer un ensemble équilibré avec différents éléments, où la lumière ne constitue qu'un élément. La relation entre l'intérieur et l'extérieur, entre voir et être vu, est déterminée par ce jeu entre ombre et lumière".

Benny Govaert reconnaît également l'importance des contrastes. Il compare l'architecture à la musique, où les contrastes déterminent également la beauté d'une oeuvre. C'est d'ailleurs, explique Govaert, une question très personnelle. Le désir de lumière dépend en effet de l'humeur de l'habitant. C'est pourquoi il est important que les gens choisissent consciemment le jeu de lumière de leur habitation en tenant compte de leur humeur changeante.

Quel impact exerce la surface de l'espace extérieur sur la qualité d'habitation?

Frank Demulle et Benny Govaert soulignent tous deux l'importance de la fonctionnalité de l'espace extérieur. Un exemple concret est une terrasse sur laquelle on peut installer un mobilier. De cette façon, l'habitant peut utiliser son espace extérieur et donc profiter du prolongement de son habitation. "Un espace extérieur permet l'ouverture et l'alternance. C'est une transition pratique entre le public et le privé" raconte Delmulle. Benny Govaert ajoute que l'implication visuelle entre l'espace intérieur et extérieur permet cette transition entre la vie privée des habitants et le monde extérieur.

Pour Geert Salomez, le choix de la surface d'un espace extérieur est d'ordre personnel. Tout le monde n'a pas autant besoin d'un grand espace extérieur et certaines personnes se contentent aussi bien d'un parc public ou d'un bois.

Vision sur le cohousing

Le cohousing est-il l'avenir? Le partage de certains espaces fait baisser le prix et limite le gaspillage. Selon Benny Govaert, en Flandre le cohousing au sens strict est impossible à cause de l'appropriation privée. Mais selon l'architecte des variantes devraient être possibles. En tout cas, la façon dont on a construit en Flandre jusqu'à présent, ne constitue pas un bon exemple pour l'avenir.

Frank Demulle subdivise le problème en deux parties. Son premier point, la "mobilité et l'infrastructure", doit souligner qu'il faut abandonner l'idée que toute famille puisse posséder sa propre habitation à n'importe quel endroit. Les gens veulent une habitation équipée de A à Z, mais c'est également réalisable en entrant dans un système de cohousing. Ce mode d'habitation permet d'éviter le gaspillage.

Pour Delmulle, la seconde partie du problème est lié au thème du "transgénérationnel" qu'il illustre à l'aide du Ksar marocain, où plusieurs générations habitent ensemble. Si ce mode primitif d'habitation est trop poussé pour les Occidentaux, l'architecte estime qu'il faut s'en inspirer. Ainsi, il faut arrêter de construire pour des familles spécifiques. D'après Delmulle, la possibilité de dynamique dans une maison n'est pas suffisamment exploitée. Les architectes devraient créer des logements qui peuvent changer de fonction et peuvent être subdivisés en plus petites unités en cas de nécessité. Ainsi, un appartement d'un million pourrait être transformé en deux plus petits appartements d'un demi-million s'il est habité par deux familles au lieu d'une.

Selon les trois experts, l'avenir réside dans les habitations évolutives et il faut arrêter de penser en catégories.

Light Falls

Pour plus d'informations sur ce projet, surfez sur www.lightfalls.be.

Lotte Philipsen

La réunion-débat entre les trois experts a eu lieu dans le cadre du lancement du dernier projet d'habitation de Govaert & Vanhoutte, Light Falls. Ce projet brise la tradition dépassée et petite-bourgeoise de projets de constructions de grande envergure caractéristiques pour la Belgique et rend aux habitants ce dont ils ont besoin : la lumière, l'air, l'esthétique et l'intemporalité.

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