Combler un manque d'espace en dix étapes

18/05/11 à 16:49 - Mise à jour à 16:49

Source: Je Vais Construire

Lorsqu'on achète une maison, on remet souvent à plus tard l'aménagement du grenier.

Combler un manque d'espace en dix étapes

© Hülsta

Lorsqu'on achète une maison, on remet souvent à plus tard l'aménagement du grenier : on le fera quand on aura besoin d'espace et qu'on aura remis un peu d'argent de côté... L'espace sous toiture est, en effet, un endroit idéal pour aménager des pièces complémentaires. Toutefois, la pente du toit limite souvent la hauteur disponible et la surface utilisable. Nous vous proposons de réfléchir votre projet en dix points.

1. Évaluer l'espace disponible

Tout projet de rénovation commence par une mise sur papier des aménagements souhaités. Les premiers croquis sont souvent réalisés en plan (vue de haut). Pourtant, c'est en coupe qu'il est primordial d'aborder le problème du grenier afin de déterminer les zones où vous aurez une hauteur suffisante pour circuler et pratiquer des activités courantes comme celle de prendre une douche.

Pour ce faire, il faut prévoir un minimum de 2 m, voire 2,10 m si vous souhaitez installer des portes de dimensions standard. N'oubliez pas de tenir compte de l'encombrement des pièces de charpente apparentes dont la hauteur est inférieure à celle du plafond, de la rehausse éventuelle du plancher et de la hauteur utile que vous perdrez en isolant et en parachevant le plafond sous toiture.

Il n'est toutefois pas nécessaire d'avoir partout une hauteur de 2 m. De hauteur réduite, les sous-pentes permettent le plus souvent de positionner des armoires ou d'intégrer des placards. Un mur sous pente d'une hauteur de 80 cm à 1 m pourra aussi recevoir une tête de lit ou un bureau.

Une fois la zone "utilisable" déterminée in situ, dessinez-la en plan afin de la visualiser clairement, en distinguant, d'une part, la zone où l'on peut se tenir debout et, d'autre part, les zones "basses" (entre 2 m et 80 cm) que vous pourrez utiliser pour disposer du mobilier.

2. Organiser l'accès

La plupart du temps, les greniers sont accessibles par une trappe de plafond avec ou sans escalier escamotable. Pour accéder à vos nouveaux locaux, vous devrez donc installer un nouvel escalier, ce qui implique l'ouverture d'une trémie d'accès, de plus grandes dimensions qu'une simple trappe. Ceci nécessite souvent des travaux d'adaptation de gîtage ou un percement de la dalle en béton. Dans ce cas, n'hésitez pas à contacter un architecte ou un ingénieur pour obtenir une validation technique de la solution envisagée.

L'idéal est de pouvoir superposer l'escalier vers le grenier à celui venant de l'étage inférieur pour limiter les pertes d'espace. Sur base des coupes, contrôlez l'échappée (la hauteur disponible entre le nez des marches et le plafond) et vérifiez que vous disposez de la hauteur suffisante au niveau de la marche palière. Si vous n'avez pas assez de place pour positionner un escalier classique, vous pouvez toujours opter pour un escalier en colimaçon, une échelle de meunier ou un escalier à marches décalées, qui n'exigent qu'un faible encombrement au sol.

Si le grenier est "compartimenté" en plusieurs pièces, vous veillerez aussi à situer l'escalier de manière aussi centrale que possible, de manière à limiter les zones de circulation pour conserver un maximum d'espace utilisable. Au contraire, si votre grenier est destiné à rester un grand espace ouvert, vous privilégierez un escalier décentré pour éviter que son ouverture ne vous gêne dans vos déplacements au sein de la pièce.

3. Augmenter l'espace utilisable

Après avoir mené la réflexion relative à l'accès, vous pouvez vous attaquer au futur aménagement des lieux. Si vous êtes limité en superficie au sol ou en hauteur, pensez aux structures à modifier pour permettre une meilleure circulation et une utilisation adéquate des nouveaux espaces : suppression de murs existants, modification d'éléments de charpente, déplacement de conduits de cheminée ou de ventilation...

Il est possible, avec le support d'un professionnel, d'adapter la forme ou la hauteur de la toiture. Très en vogue, la boîte cubique légère déposée "dans la toiture" permet d'obtenir une hauteur habitable sur une importante surface (lire à ce sujet notre reportage "Gain de place en hauteur" dans ce magazine). Sachez toutefois que, si vous modifiez le volume ou la forme de la toiture, l'intervention d'un architecte sera obligatoire pour introduire une demande de permis d'urbanisme.

4. S'assurer une bonne assise

Dans la plupart des maisons construites avant les années 1970, le sol des combles, en bois, n'a pas été prévu pour y circuler, mais uniquement pour reprendre le poids du plafond couvrant l'étage inférieur. Différentes solutions peuvent alors être envisagées :

1. Démonter le plafond des pièces du niveau inférieur et poser un gîtage de section adéquate pour un nouveau plancher. Cette solution radicale rend toutefois les étages inférieurs inhabitables durant les travaux.

2. Poser une (ou plusieurs) poutre(s) en bois ou en acier dans les pièces sous-jacentes, perpendiculairement à la structure du plancher, pour réduire la portée des gîtes existantes. Veillez à ce que ces poutres reposent sur des murs porteurs et non sur des cloisons légères.

3. Poser par le haut des gîtes de doublage, de hauteur supérieure, à côté des gîtes existantes. Cette solution présente un double avantage. Elle ne nécessite pas de démonter les plafonds de l'étage inférieur, et les gîtes de doublage peuvent être posées parfaitement de niveau.

Bon à savoir : lorsque vous travaillez au gîtage, profitez-en pour traiter tous les bois conservés contre les insectes xylophages et contre les moisissures. Rappelons également que tout travail touchant à la stabilité de la construction nécessite l'intervention d'un architecte ou d'un ingénieur. Il vous conseillera quant aux épaisseurs nécessaires et aux solutions les plus adéquates à mettre en oeuvre, et en contrôlera l'exécution.

Une fois la structure consolidée, vous pouvez visser un plancher de base (de type panneaux OSB), que vous parachèverez par la suite avec un revêtement de sol approprié à l'usage des locaux.

5. Favoriser l'éclairage naturel

Il est fort probable que vos combles ne disposent que d'une tabatière (petite fenêtre de toit) ou de quelques fenêtres basses.

En fonction de l'aménagement projeté des lieux, vous ajouterez des fenêtres dans les murs ou dans la toiture. En principe, une modification de façade par le percement ou l'obturation de fenêtres doit faire l'objet d'une demande de permis d'urbanisme, ce qui n'est pas le cas des fenêtres de toiture. Il est toutefois conseillé, dans tous les cas, de se renseigner auprès de l'administration communale quant aux démarches à effectuer et aux autorisations à obtenir. Outre les impositions communales propres à la position et aux dimensions des ouvertures, veillez également à respecter les pourcentages de surfaces vitrées par rapport aux surfaces au sol. Ces pourcentages sont imposés par les règlements de salubrité régionaux.

Ne perdez pas de vue que des fenêtres de toiture orientées au sud peuvent aussi rapidement entraîner une surchauffe en été. L'installation d'un pare-soleil extérieur est dans ce cas chaudement recommandée.

6. Déterminer les performances énergétiques

Les greniers datant d'avant les années 1970 ne sont, pour la plupart, pas isolés. Si le vôtre l'est, ses performances d'isolation dépendront de la date de sa construction ou des rénovations déjà réalisées.

On peut aisément isoler les murs existants en les doublant avec des blocs de béton cellulaire ou en réalisant une contre-cloison dans laquelle l'isolant est intégré. Simples et peu coûteuses, ces interventions offrent un confort supplémentaire non négligeable.

Pour isoler une toiture existante, différentes solutions s'offrent à vous. Si les pièces de toiture (chevrons ou charpente préfabriquée) ont une épaisseur de minimum 16 cm (= standard actuel d'isolation), vous pouvez poser une isolation souple entre celles-ci.

Dans le cas contraire :

- soit, il faudra doubler les chevrons par l'intérieur ou par l'extérieur (uniquement possible si vous remplacez également la couverture de toiture) pour en augmenter l'épaisseur,

- soit, il faudra remplir d'isolant l'épaisseur entre les chevrons et appliquer un isolant en panneaux rigides en habillage intérieur.

La plupart de ces solutions permettent d'obtenir des primes à l'isolation ou à la rénovation ; pensez donc à vous renseigner quant aux épaisseurs et aux valeurs thermiques minimales à mettre en oeuvre pour y avoir droit !

7. Intégrer les équipements techniques...

Une habitation comporte des installations techniques de trois types : l'électricité, le chauffage et le sanitaire. Toutes trois devront être étendues et/ou modifiées, ce qui risque de nécessiter des saignées et des réparations aux étages inférieurs pour y intégrer les alimentations et les décharges. Ne négligez ni l'importance ni le coût de ces travaux !

A. L'installation électrique

Pour en réaliser l'extension, il vous faudra :

- faire monter un câble d'alimentation depuis le tableau principal ou un tableau secondaire ;

- poser un nouveau tableau divisionnaire d'où partiront les nouveaux circuits ;

- alimenter les nouveaux points (prises, interrupteurs, points lumineux, téléphones...) ;

- faire réceptionner l'installation complète par un organisme agréé. Si l'installation existante est ancienne, vous devrez sans doute faire quelques travaux de mise en conformité pour obtenir cette réception.

Lors de la conception de l'éclairage, tenez compte de la hauteur sous plafond. Si elle est limitée, préférez les appareils encastrés et évitez ceux qui dégagent beaucoup de chaleur tels les spots halogènes.

B. L'installation de chauffage

Si les diamètres d'alimentation des radiateurs les plus proches sont suffisants, vous pourrez y raccorder les nouveaux radiateurs. Dans le cas contraire, il faudra retirer des conduites depuis la chaudière jusqu'à un nouveau collecteur ou jusqu'aux nouveaux radiateurs. Prévoyez toujours des robinets d'arrêt sur chaque circuit pour pouvoir y travailler sans vidanger toute l'installation.

C. L'installation sanitaire

Si vous ajoutez un WC ou une salle de bains, il vous faudra alimenter différents appareils en eau. Le principe de raccordement est le même que celui énoncé ci-dessus pour le chauffage.

Pour tous ces éléments sanitaires, il vous faudra également prévoir un raccordement aux égouts. Essayez, si possible, de superposer les WC et les salles de bains aux installations actuelles afin de vous raccorder sur les décharges existantes. Vous y gagnerez en argent et en confort acoustique. Prévoyez aussi un clapet anti-désiphonnage en point haut si vous raccordez de nouveaux appareils sur des conduites existantes, sans quoi vous risquez des odeurs désagréables dans les locaux sous-jacents.

8. Renouveler l'air intérieur

De plus en plus d'habitations sont équipées d'une ventilation mécanique de type C ou D. Si le groupe principal se trouve dans votre grenier, peut-être devrez-vous le déplacer ou même le remplacer en fonction des nouveaux aménagements.

Pour une ventilation de type C, prévoyez des aérateurs sur les fenêtres (de toit) des locaux de vie. Pour les ventilations mécaniques (extraction système C ou système D), deux solutions s'offrent à vous :

- utiliser le groupe existant si sa puissance est suffisante ;

- placer un nouveau système autonome pour vos nouveaux aménagements.

Dans un cas comme dans l'autre, n'agissez pas seul ! Faites-vous conseiller par des professionnels compétents !

9. Parachever les murs et plafonds

Une fois les installations techniques complétées, il faut penser aux parachèvements des murs et plafonds.

Si les murs ont été doublés, il suffira de les enduire comme de nouveaux murs. Le cas échéant, un primer de fixation doit être posé sur les vieux murs avant l'enduisage pour assurer l'adhérence de l'enduit.

La finition de la toiture est souvent réalisée en plaques de plâtre. Cette solution est rapide, économique et facile à mettre en oeuvre. Toutefois, avec le temps, vous risquez de voir apparaître de multiples microfissures aux jonctions des plaques, suite aux mouvements inévitables de la toiture. Pour éviter ce problème, la pose d'un enduit sur une armature enrobée de carton est une excellente solution. Elle est un peu plus coûteuse, mais réduit considérablement les risques de fissuration.

10. Choisir les couleurs

Avant de peindre ou de tapisser, il faudra encore poncer le plafonnage et les enduits. Les plafonneurs n'englobent que rarement ces prestations dans leur prix de base. Veillez toutefois à ce que ce travail soit effectué avant d'emménager : la poussière qui en découle est difficilement compatible avec un local habité et meublé !

Les professionnels conseillent d'attendre un an pour peindre. Quatre saisons pour permettre au bâtiment de se mettre en place et d'assurer son séchage complet. Après quoi, il sera temps de réparer les éventuelles microfissures avant la mise en peinture.

En fonction de leur tonalité, les couleurs que vous choisirez augmenteront ou réduiront l'impression d'espace. Quelques simulations seront les bienvenues pour vous permettre de vous forger une opinion et de choisir en connaissance de cause. Chaque pièce doit être étudiée au cas par cas. Retenez cependant que les teintes claires réfléchissent mieux la lumière (naturelle) et augmentent l'impression d'espace. Au contraire, si vous peignez un mur ou un plafond de couleur foncée, vous diminuerez l'impression d'espace dans la pièce, mais aussi sa luminosité.

Cédric Bourgois

BON À SAVOIR 1. Pensez "sous-toiture" !

Avant d'isoler votre toiture, il est nécessaire de poser une sous-toiture entre la couverture extérieure et la future isolation. Sa fonction est d'empêcher les eaux d'infiltration ou de condensation développées sous le revêtement de toiture de détériorer l'isolant. L'idéal est de poser cette sous-toiture par l'extérieur. Cela nécessite donc un démontage complet de la toiture. Si votre toiture est encore en bon état ou si votre budget ne le permet pas, il existe depuis peu des sous-toitures à poser par l'intérieur. Veillez toutefois à les faire poser par des professionnels pour éviter des problèmes d'infiltration.

2. Pensez "pare-vapeur ou freine-vapeur" ! Une fois la toiture isolée, la pose d'un pare-vapeur ou d'un freine-vapeur est nécessaire afin d'éviter des problèmes de condensation dans l'isolation. Lors de la pose, respectez scrupuleusement les notices des fabricants, notamment en termes de raccords et de jonctions aux murs. La qualité de mise en oeuvre définira le niveau d'étanchéité à l'air. Dans le contexte actuel de recherche de performances énergétiques, cette étanchéité est aussi importante que l'isolation.

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