Design et fonctionnalité: l'escalier occupe une place proéminente

24/02/16 à 10:26 - Mise à jour à 10:26

Source: Je Vais Construire

L'époque où les escaliers n'étaient que purement fonctionnels est définitivement révolue. Aujourd'hui, l'escalier se veut un élément esthétique à part entière, qui contribue largement à l'architecture intérieure de la maison.

Oublions ces escaliers traditionnels, préfabriqués et dépourvus de caractère, dont les gens se servent pour se déplacer d'un étage à l'autre à l'intérieur d'un bâtiment. Depuis quelques années, dans bon nombre d'habitations, l'escalier est devenu un véritable objet de design. L'idée n'est pas neuve : dans la plupart des maisons de maître et vieilles demeures de campagne de standing, l'escalier occupe une place proéminente, tel un signe de richesse rehaussant le prestige dont jouissait le propriétaire de l'époque. Dans l'architecture contemporaine, cette idée a (heureusement) reçu une tout autre dimension : un escalier réussi se veut un élément indispensable de l'ensemble, un chaînon crucial dans l'esthétique de l'intérieur.

Les escaliers existent sous toutes les formes et dans toutes les dimensions possibles et imaginables. Du point de vue géométrique, on peut déjà se lâcher dans mille et une directions. Une première question logique vient à l'esprit : faut-il opter pour un escalier droit ou tournant ? Dans cette dernière catégorie, on distingue encore différents modèles : les escaliers quart tournant (simples ou doubles), demi tournant ou à tour complet (escalier à noyau plein ou en colimaçon).

Design et fonctionnalité: l'escalier occupe une place proéminente

© Je vais construire & rénover

Si vous avez le choix, sachez que l'escalier droit est le plus facile à utiliser mais qu'il prend aussi plus de place. Si l'espace est limité, mieux vaut opter pour un escalier tournant. Si on compare les deux, dans le cas d'un escalier droit, il faut compter 14 marches d'une profondeur de 25 centimètres et d'une hauteur de 19 centimètres (2 x 19 + 25 = 63 centimètres), ce qui revient à prévoir une longueur de 3,50 mètres sous l'escalier, à l'étage où celui-ci démarre. Pour un escalier tournant sans palier, cette distance se limite à 1,55 mètres, mais la largeur sera double (165 centimètres contre 80 centimètres - soit la largeur des marches - pour un escalier droit). Par ailleurs, plus l'escalier est raide, moins il prend de place. Ainsi, si on limite la profondeur des marches à 19 centimètres pour un escalier droit, il ne faut plus compter que 2,66 mètres. Mais plus l'escalier est raide, plus il est difficile à emprunter. Il ne faut pas oublier qu'il faut quelque 80 centimètres pour le départ d'escalier et 80 centimètres au-dessus pour une circulation aisée. En dehors du gain de place possible, il faut aussi tenir compte de l'endroit précis du départ de l'escalier et de l'endroit d'arrivée. Ces éléments interviennent en effet dans la détermination du type d'escalier.

Une deuxième question consiste à savoir si l'on veut un escalier d'une seule volée ou un escalier à un ou plusieurs paliers (escalier à repos). Un tel escalier présente l'avantage que l'on peut marquer des pauses en montant, mais les paliers prennent évidemment beaucoup de place. Si on revient à l'exemple précédent, pour un escalier tournant avec paliers, il faut compter quelque 2,55 mètres.

On peut encore se demander si l'escalier sera "fermé" ou "ouvert", avec ou sans contremarches (partie verticale qui fait le lien entre deux marches, ndlr). Dans le cas d'un escalier fermé, il faut aussi décider comment ces marches vont être perçues sous l'escalier : seront-elles visibles ou cachées par un plafond incliné ?

Un escalier à claire-voie (ouvert) laisse d'office passer plus de lumière et paraît visuellement plus léger. Mais un escalier fermé présente l'avantage de pouvoir abriter un espace fermé, par exemple un débarras ou des toilettes.

Pour ce qui est des marches, enfin, il existe une kyrielle de possibilités : marches en L, marches en Z, marches flottantes (directement fixées au mur, sans lien avec une structure d'escalier ou avec les autres marches), marches avec ou sans nez...

Les matériaux

Il a longtemps été entendu qu'un escalier était d'office construit en bois. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. On recense quantité d'escaliers qui se composent - totalement ou partiellement - d'autres matériaux : acier, aluminium, inox, pierre naturelle, béton, verre...

Le bois

Le bois est encore toujours le matériau le plus couramment utilisé. Mais l'offre s'est considérablement enrichie. Les escaliers en bois ne sont plus nécessairement massifs et quelconques mais peuvent arborer une allure élancée et épurée grâce à un concept mûrement réfléchi et au bon choix de l'essence. Les escaliers en hêtre, en chêne, en érable ou en pin sont naturellement clairs, tandis que ceux en afrormosia, méranti, iroko et azobé affichent une teinte plus foncée. Quoi qu'il en soit, le bois dégage une certaine chaleur dans la maison. Et si vous n'aimez pas trop l'aspect naturel du bois, vous pouvez toujours le peindre. Outre l'essence et les divers traitements, le bois permet aussi d'innombrables possibilités de façonnage plus créatives les unes que les autres. Un bon professionnel sera à même de réaliser n'importe quel escalier sur mesure. De plus, le bois est un matériau naturel qui est actuellement exploité, dans la plupart des cas, dans le respect de la durabilité.

Bien entendu, les escaliers en bois demandent un certain entretien. Il est conseillé de ne pas laisser le bois "nu" et de le traiter avec de l'huile, une lasure ou un vernis. L'huile ou la lasure soulignent la teinte naturelle du bois, tandis que le vernis permet de donner un effet mat ou brillant au bois (même s'il existe des vernis solubles à l'eau qui conservent la couleur naturelle du bois). Une fois traité, un escalier en bois peut durer jusqu'à vingt ans. Il est toutefois conseillé d'éviter au maximum l'eau et l'humidité.

L'acier, l'inox et l'aluminium

Les escaliers en métal (acier, inox ou aluminium) sont souvent mis en oeuvre dans des bureaux et des salles d'exposition, mais aussi, de plus en plus, dans les habitations modernes. Grâce à l'immense variété des techniques de construction, ils se déclinent dans toutes les formes possibles et affichent généralement un look sobre, voire minimaliste. Les escaliers métalliques aux formes simples et élancées ont aussi leur place dans les intérieurs plus classiques. On peut opter pour l'aspect du métal d'origine ou pour une couche de laque dans une couleur donnée. La structure des escaliers métalliques se combine en outre à merveille avec des marches et des balustrades d'un autre matériau, ce qui offre une liberté énorme en termes de créativité.

Les escaliers en métal sont solides, inusables et ne demandent, en principe, aucun entretien. S'ils sont laqués ou vernis, il faudra toutefois remettre une couche tous les cinq à dix ans. L'inconvénient d'un escalier laqué, c'est qu'il peut présenter des rayures au bout d'un certain temps.

Si les constructions en acier, moins onéreuses, peuvent paraître un peu rudimentaires, l'inox est quant à lui beaucoup plus élégant, mais aussi plus cher. L'aluminium est une bonne alternative à l'inox, à un prix abordable, mais il risque de perdre de sa superbe au fil du temps.

Béton et pierre naturelle

Le béton et la pierre naturelle sont des matériaux intemporels et faciles à entretenir, qui s'adaptent à tous les cas de figure. En fonction de l'aménagement intérieur et de la finition spécifique du béton (brut ou lissé), les escaliers en béton vont dégager un look industriel ou minimaliste. Il en est de même pour les escaliers en pierre naturelle. Les escaliers en béton sont beaux à l'état naturel mais peuvent aussi s'habiller d'autres matériaux (carreaux, pierre naturelle, bois...). Pour ce qui est de la pierre naturelle, chaque type de pierre présente ses caractéristiques spécifiques en termes de couleur et de structure, et influence donc fortement l'allure de l'escalier et du reste de l'intérieur.

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Le placement des escaliers en béton n'est pas une mince affaire. On peut les couler sur place au moment du gros oeuvre ou les placer d'un seul tenant (escalier préfabriqué). Dans ce cas, il faut les protéger soigneusement jusqu'à la fin du chantier, ce qui n'est pas toujours simple pour l'entrepreneur. À cet égard, les marches flottantes présentent l'avantage qu'on peut les placer après le gros des travaux d'ordre structurel. Outre l'escalier flottant, l'escalier en béton en zigzag ne manque pas de frapper l'imagination. Celui-ci est généralement un rien plus cher de par la complexité du coffrage, mais il fera tout aussi belle figure dans les demeures modernes que la variante flottante.

Les mains courantes et les marches

Outre la structure de l'escalier, les mains courantes et les marches se déclinent également en différents designs et matériaux. Certains tombent sous le charme d'une balustrade pleine, d'autres privilégient la version semi-ouverte ou se contentent d'une simple main courante. Ces deux derniers types sont disponibles avec ou sans montants intermédiaires et traverses parallèles, en version élancée, sobre, aux formes droites ou arrondies... Une rampe peut faire partie intégrante de la structure de l'escalier ou être totalement indépendante (par exemple, fixée au mur). Celui qui préfère se la jouer moderne ou qui ne veut pas de points d'appui supplémentaires (notamment si l'escalier se déploie entre deux murs) peut même opter pour un escalier sans rampe, mais il faut savoir que cette solution n'est pas idéale pour les enfants ou les personnes âgées.

Pour ce qui est du choix des matériaux, les possibilités sont légion : l'inox, l'aluminium, le verre, combinés ou non... Il en va de même pour les marches qui, outre le bois, le béton, la pierre naturelle, les matériaux composites et le verre, peuvent encore être habillées avec du cuir (de vache), un tapis (de pierre) ou d'autres matériaux alternatifs. Les marches et les mains courantes à éclairage LED ou spots intégrés sont par ailleurs de plus en plus répandues.

Les escaliers flottants

Les escaliers flottants forment une catégorie à part. Ils donnent l'impression de faire partie de la structure du bâtiment et contribuent de par leur caractère ouvert à l'effet de spatialité dans la maison. Les escaliers flottants se déclinent eux aussi en divers matériaux : bois, béton, pierre naturelle, inox, matériaux composites, etc. Afin d'en assurer la sécurité, il est fortement conseillé de prévoir une rampe ou une balustrade.

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Les marches des escaliers flottants sont maçonnées dans la structure du mur ou directement ancrées sur le mur ou dans le mur à l'aide de broches en métal invisibles (des tiges d'armement ou des tiges filetées), sans nécessiter de support supplémentaire. En principe, ces méthodes de construction ne conviennent pour tous les types de murs - on donnera la préférence aux murs porteurs lourds en béton ou en maçonnerie - et font l'objet de certaines restrictions. Si les marches sont ancrées dans un mur porteur, leur largeur sera limitée afin de réduire les tensions dans le mur et sur les broches métalliques. En règle générale, on compte maximum 90 centimètres, en fonction du matériau dont est fait le mur et de celui des marches. Les escaliers flottants existent aussi dans la variante tournante. Ils sont fixés de la même manière que la version droite.

Impact sur le ressenti de l'espace

Les variantes en matière d'escalier sont légion et dépendent entièrement de votre goût personnel et de l'espace disponible. Mais il est important de faire le bon choix. "La structure, le look et le positionnement d'un escalier auront toujours un impact considérable sur la luminosité, l'atmosphère et le confort visuel de l'espace", nous confie l'architecte d'intérieur Leen Meyvis. "Un escalier bien conçu ne se fait pas remarquer, car il devient un élément logique dans l'espace en question. Si vous souhaitez le fondre au maximum dans la pièce, vous pouvez par exemple assortir les marches au revêtement de sol (béton, parquet, pierre naturelle...). Soignez aussi les détails de finition : le raccord entre la balustrade et le palier d'étage, le raccord avec les plinthes murales... Essayez d'intégrer ces éléments, car s'ils sont mal choisis ou mal mis en oeuvre, l'escalier risque de perdre tout son charme."

En d'autres termes, un escalier joue un rôle crucial au niveau du ressenti de l'espace. Dans le même temps, la balance ne doit pas trop pencher en faveur de l'esthétisme, estime Leen Meyvis. "En toutes circonstances, la fonctionnalité est et reste le critère primordial dans le choix d'un escalier. Il faut pouvoir l'emprunter les yeux fermés. Une bonne rampe ou une balustrade, la présence d'une contremarche et un rapport bien pensé entre les marches forment la base absolue. Des marches en L sans nez, aux lignes épurées, c'est bien joli pour un escalier fermé, mais c'est rarement pratique, parce qu'on réduit la profondeur de la marche. Les marches en Z dotées d'un nez ou d'une contremarche inclinée sont plus confortables. Compte tenu de tous ces aspects, la conception de votre escalier est d'une importance cruciale. En effet, un escalier peut être à la fois sobre et convivial. Un dernier conseil : choisissez toujours l'escalier en fonction de la personne qui l'utilise. Si vous avez des enfants en bas âge, il faut veiller à ce qu'ils puissent l'emprunter facilement et en toute sécurité : il vous faut donc un escalier pas trop raide, avec des marches suffisamment profondes et une bonne rampe pour se tenir... En fin de compte, un escalier sert principalement à se déplacer, pas à décorer l'espace."

Tim Janssens

Remerciements à Leen Meyvis

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