Edward Barber et Jay Osgerby: 'Les objets naissent souvent de nos propres besoins'

27/01/16 à 11:31 - Mise à jour à 11:31

Source: Je Vais Construire

Au London Design Festival, ils ont décroché la plus haute récompense - la Panerai London Design Medal -, et l'incontournable magazine britannique Wallpaper* leur a octroyé la seconde place dans son top design 200. Depuis que le duo Edward Barber et Jay Osgerby a conçu la torche des Jeux olympiques de Londres en 2012, il collabore avec les enseignes de design les plus notoires.

Edward Barber et Jay Osgerby: 'Les objets naissent souvent de nos propres besoins'

Barber & Osgerby © Connan

Hormis la torche olympique, le Tip Ton pour Vitra est sans nul doute l'une de vos créations les plus connues. Comment cet objet est-il né ?

Tip Ton

Tip Ton © Vitra

Edward Barber : Au départ, nous voulions fabriquer un siège mobile, mais sans pour autant utiliser de mécanisme comme c'est le cas par exemple dans une chaise de bureau. Notre première idée a été de l'incliner, mais cela donnait toujours le même résultat et, esthétiquement parlant, ça ne ressemblait à rien. Au terme de plusieurs croquis, dont certains figurent dans notre nouvel ouvrage One by One, nous avons enfin abouti au concept final. Nous avons ensuite contacté Vitra, parce que ce fabricant suisse a énormément d'expérience en matière de sièges pour les écoles et les bureaux.

Que représente ce concept à vos yeux ?

E. B. : Le Tip Ton a définitivement assuré le succès de notre studio. Non seulement parce qu'il s'agit de notre premier objet pour Vitra, mais aussi parce que ce siège est immédiatement devenu un bestseller. On en produit pas moins de 25 000 par an : une moitié pour les écoles et l'autre, de manière assez inattendue, pour les particuliers. Personnellement, c'est un de mes objets favoris, car il paraît simpliste alors qu'il est en réalité très innovant. Au moindre mouvement, ce siège modifie en effet notre assise. Il nous force à garder le dos droit et nous permet ainsi de mieux nous concentrer sur ce que l'on fait.

Le mouvement est aussi le fil rouge du divan et de la bibliothèque que vous avez conçus pour Vitra...

Mariposa

Mariposa © Vitra

E. B. : Sans que ce soit le but premier, toutes les créations pour Vitra sont effectivement dotées d'un caractère dynamique. On peut ainsi faire pivoter les panneaux du Planophore (2014) de sorte que ce mobilier fonctionne à la fois comme une bibliothèque et un élément de séparation spatiale. Le divan Mariposa (2014) a pour sa part des accoudoirs mobiles. Du coup, il a des fonctions multiples : on peut l'utiliser pour travailler, se détendre ou regarder un film. Grâce à son mouvement de trente degrés, on peut se créer la position assise ou couchée qui nous sied le mieux. Comme pour la majorité de nos créations, ce concept est issu de nos propres besoins, car nous aimons l'idée d'un divan sur lequel on peut tantôt s'asseoir pour bavarder, tantôt travailler sur son ordinateur ou jouer avec ses enfants. Désormais, ce divan a trouvé sa place aussi bien dans les maisons que dans les bureaux. La frontière entre ces deux marchés s'estompe d'ailleurs de plus en plus.

Lors du Design Festival de Londres, vous avez présenté, outre votre ouvrage, des lampes de papier tout à fait originales. Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

E. B. : Personnellement, j'adore le Japon. Ce souci obsessionnel du détail et de la perfection fait que le savoir-faire japonais est exceptionnel. En vacances là-bas, je me suis rendu chez Ozeki, une entreprise familiale qui fabrique des lanternes en papier depuis 1891. Au cours d'un dîner avec ses dirigeants, je leur ai demandé s'ils seraient intéressés par un concept venant d'un studio de design britannique. Et petit à petit, l'idée a fait son chemin. Nous avons fait quelques croquis, puis la réalisation des prototypes a été mise en oeuvre. Ce fut un processus lent car tout est fait main et en papier de bambou, mais c'est bien ce qui fait la beauté et aussi la solidité de ces lanternes.

Ces dernières années, vous avez acquis une belle notoriété en tant que designers, mais vous avez tous deux étudié d'abord l'architecture. Est-ce un avantage ?

E. B. : Je pense que nous pouvons plus aisément imaginer un meuble dans un espace donné. Et nos croquis ont cette simplicité qui fait penser à un dessin d'architecte. Nous commençons toujours par une forme plutôt abstraite et des essais de couleurs, dans lesquels les aspects graphique et organique occupent la première place. De ces croquis naissent nos pièces dotées d'arrondis subtils et de contours nets mais pas trop droits. C'est comme ça que nous essayons de créer des objets intemporels.

Elien Haentjens

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