Quelle durée pour votre prêt ?

27/02/13 à 09:25 - Mise à jour à 09:25

Source: Je Vais Construire

Si vous êtes à la recherche d'un crédit logement pour votre projet de construction ou de rénovation, veillez à bien choisir la durée de celui-ci. Comment procéder ?

Quelle durée pour votre prêt ?

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Si vous êtes à la recherche d'un crédit logement pour votre projet de construction ou de rénovation, veillez à bien choisir la durée de celui-ci. Comment procéder ?

Si vous souhaitez conclure un crédit logement, vous devez tenir compte de plusieurs facteurs, notamment la durée. En principe, chaque durée jusqu'à 30 ans est envisageable. Saviez-vous que vous pouviez choisir une durée de 17 ans, par exemple ? Cela peut être important si vous prenez votre retraite dans 17 ans exactement et que vous voulez être libre de toute dette à cette échéance. Un sondage réalisé auprès des banques belges nous apprend que la durée moyenne varie actuellement entre 19 et 21,5 ans. Cette durée moyenne a accusé une légère baisse au fil des ans chez BNP Paribas Fortis. Cette baisse s'explique par l'impact accru des rénovations ces dernières années. De fait, les prêts liés aux rénovations affichent généralement une période plus courte (en général une quinzaine d'années).

Dans les autres banques, la durée a augmenté ces dernières années. Cette évolution trouve son origine dans la hausse des prix de l'immobilier survenue entre 2001 et 2008. Quasiment toutes les institutions financières proposent aujourd'hui des crédits logement d'une durée de 30 ans. Une telle durée vous permet d'étaler le remboursement en réduisant la mensualité et de maintenir ainsi votre budget familial en équilibre. C'est parfois même la seule façon de limiter le montant de la mensualité à un tiers du revenu mensuel du ménage - rapport considéré comme sain. Dans la pratique, le prêt sur 30 ans n'est toutefois pas très populaire : il ne représente que 7 à 10 % de tous les crédits hypothécaires des banques belges.

La durée idéale ?

Mais quelle est la durée idéale de votre crédit ? Nous pouvons déjà vous dire que la durée idéale n'existe pas. Le choix est en effet influencé par le montant emprunté, le taux d'intérêt, votre âge, vos possibilités financières et votre situation fiscale. Cependant, il faut également tenir compte de l'aspect psychologique : quelle impression cela vous fera-t-il d'être lié pour 30 ans à votre banque ?

Sachez en tout cas que plus la durée est longue, plus vous devrez payer d'intérêts. D'une part parce que plus les crédits sont longs, plus les taux d'intérêts sont élevés, d'autre part en raison des mensualités composées de deux parties : une partie capital et une partie intérêts. Au début, vous remboursez surtout des intérêts et vous ne remboursez quasiment pas de capital. Plus vous avancez, plus le remboursement du capital augmente et plus la part d'intérêts diminue. En résumé, plus votre prêt est long, plus la partie intérêts diminuera lentement et plus vous payerez d'intérêts.

Et l'aspect fiscal ?

Certains banquiers utilisent l'avantage fiscal comme argument pour vendre des prêts de longue durée. Il est vrai que vous pouvez alors déduire fiscalement les intérêts, les remboursements du capital et les primes de votre assurance solde restant dû (jusqu'à un certain montant) durant plusieurs années. Néanmoins, la possibilité de prolonger la déduction fiscale ne contrebalance pas le supplément d'intérêts à payer. L'avantage fiscal dont vous profitez grâce à votre prêt hypothécaire peut en outre réduire d'autres avantages fiscaux, voire même les annuler complètement. Et si vos revenus diminuent, par exemple parce que vous êtes pensionné, votre avantage fiscal diminuera aussi. Last but not least, il ne faut pas oublier que les règles fiscales peuvent changer dans le futur.

L'emprunt n'est d'ailleurs pas la seule façon de profiter d'avantages fiscaux. Pensez par exemple aux nombreuses formules d'épargne-pension qui vous offrent également une réduction d'impôt. En d'autres termes, même si vous optez pour une durée plus courte, certains avantages fiscaux ne sont pas exclus. Vous devez donc surtout retenir que l'aspect fiscal est moins pertinent lors du choix de votre crédit hypothécaire. Une bonne prise en compte de la charge de prêt dans le budget global du ménage est beaucoup plus importante.

Un exemple

Romain et Julie souhaitent emprunter un montant de 200 000 euros. S'ils optent pour une durée de 15 ans, leur banque leur propose un taux d'intérêt fixe de 3,64 %. Dans ce cas, ils devront rembourser chaque mois 1 438 euros. La totalité de leurs revenus s'élève toutefois à 3 200 euros. S'ils souhaitent respecter la règle saine du 1/3, ils doivent se limiter à un remboursement mensuel d'environ 1 070 euros. Ils envisagent dès lors une durée plus longue. S'ils optent par exemple pour 25 ans, ils peuvent emprunter auprès de leur banque à un taux fixe de 4 %. La mensualité passe alors à 1 048 euros, un montant qui cadre parfaitement avec leur budget.

En prolongeant la durée de 10 ans, Romain et Julie ont diminué leur remboursement mensuel d'environ un quart. Les intérêts qu'ils doivent payer sur toute la durée ont toutefois considérablement augmenté. Ils sont passés de 58 786 euros sur 15 ans à 114 338 euros sur 25 ans, ce qui est quasiment le double ! Nous ne tenons naturellement pas compte ici des avantages fiscaux, ni de l'inflation au fil du temps. Néanmoins, cet exemple montre clairement que le prêt à plus long terme coûte nettement plus cher.

Roel Van Espen

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