Bioclimatique et intégrée

09/08/10 à 14:31 - Mise à jour à 14:31

Un terrain en pente, à deux pas d'un château classé, à Aubange. Le site était idéal, et hors lotissement qui plus est.

LIGNES DE FORCE 1. Les performances énergétiques de la maison. 2. L'intégration de l'architecture contemporaine dans le site rural. 3. Les différentes ambiances créées par les ouvertures et le choix des matériaux.

ARCHITECTESébastien Théate

Perchée sur son terrain à Aubange, dans le sud du pays, la maison de Sébastien Théate domine les environs. Pour affirmer un aspect léger sur le terrain en pente, le volume rectangulaire de 20 mètres de long sur 6 de large est posé sur deux éléments de maçonnerie couverts de crépi gris. L'une des extrémités se projette en porte-à-faux, assurant un effet aérien. Dans le même esprit, pour éviter de trop envahir le terrain, le volume est couvert d'un toit plat plutôt que d'une toiture à double versant, plus traditionnelle.

Vu la déclivité du terrain, les caves se trouvent au niveau de la rue, à l'avant. Les espaces de vie s'installent un niveau plus haut, au rez-de-jardin. On y trouve le séjour, la cuisine, la salle à manger et un coin jeux. Tandis que l'étage reçoit quatre chambres, deux salles de bains, un bureau et une terrasse couverte en lien avec la chambre des parents. Toutes les fonctions sont distribuées selon le même principe, dans cet espace tout en longueur : un couloir, ouvert ou fermé selon l'étage, mène d'un bout à l'autre de l'habitation.

Pour répartir les espaces intérieurs, l'architecte s'est basé sur les vues plus que sur l'orientation. Car le paysage du sud, donnant sur l'arrière de maisons, était le moins intéressant. "On voulait une maison bioclimatique, mais pas à n'importe quel prix. On préférait miser sur les vues. Cela dit, étant donné tout ce qui a été fait au niveau des économies d'énergie, si cette maison était orientée correctement, elle serait passive."

Ventilation mécanique

Concrètement, la maison affiche un coefficient d'isolation K20, soit à peine plus qu'une maison passive (K15). Pour y parvenir, l'architecte a placé du triple vitrage cerné de châssis en épicéa recouvert d'aluminium teinté gris. Un compromis entre les performances techniques et l'absence d'entretien.

Les murs qui mesurent une trentaine de centimètres d'épaisseur sont composés d'une ossature bois, d'une isolation en ouate de cellulose, de panneaux de fibres de bois et de laine de roche. Le bardage en afzélia brut naturel permet aux propriétaires d'éviter tout entretien. Ce bardage est ajouré et horizontal pour se fondre au mieux dans le site.

La construction bénéficie d'une ventilation mécanique double flux, connectée à un puits canadien. En matière d'énergie, une petite pompe à chaleur permet de chauffer l'eau chaude sanitaire, via un forage de 15 mètres de profondeur, et les 20 m² de panneaux photovoltaïques produisent la moitié de la consommation annuelle d'électricité. Un petit poêle à gaz vient en appoint. Une citerne de 10 000 litres récolte l'eau de pluie nécessaire au fonctionnement des sanitaires et machines. "Ces aménagements, hors panneaux photovoltaïques, représentent un surcoût de 10 % par rapport à un prix de base", assure l'architecte.

Léa Bierlin

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