Créativité versus rigidité urbanistique

04/08/10 à 15:06 - Mise à jour à 15:06

Loin de l'architecture pure et dure, ce concept ingénieux a permis de concilier une série de prescriptions apparemment contradictoires et difficiles à respecter.

LIGNES DE FORCE 1. Fermée au maximum à l'avant et sur les côtés, ouverte côté jardin : intimité garantie ! 2. En dépit des prescriptions urbanistiques rigides, deux niveaux de construction ont pu être réalisés 3. Une terrasse de toit à l'avant et à l'arrière grâce aux pans de façade en retrait à l'étage 4. Une luminosité maximale et une grande transparence grâce au vide créé 5. Le zinc en tant que matériau malléable, facile à entretenir et abordable

ARCHITECTEM-ar-S architecten

Un ménage avec trois enfants acquiert un terrain à bâtir situé dans un lotissement d'un quartier rural de Kampenhout, dans le Brabant flamand. Les deux parcelles attenantes ont déjà été bâties. La première préoccupation est de préserver l'intimité par rapport au voisinage. Avec un souhait : disposer de deux niveaux de construction de belles dimensions. Mais ce souhait ne s'inscrit pas dans le cadre des prescriptions urbanistiques. En effet, celles-ci imposent un gabarit très strict : une hauteur de corniche de maximum 4,50 mètres, une toiture inclinée obligatoire et une profondeur de construction maximale de 17 mètres. La solution ? Mettre ces prescriptions en application en faisant preuve de créativité.

Le rez-de-chaussée développe un volume qui s'étend sur toute la profondeur autorisée du bâti, à savoir 17 mètres. Les façades de l'étage se posent en retrait - tant à l'avant qu'à l'arrière - et s'insèrent parfaitement sous la toiture inclinée tout en développant un séjour de belles dimensions. Les prescriptions - hauteur de corniche et toiture inclinée - sont donc respectées et le souhait des propriétaires concrétisé.

Créativité

Les deux façades latérales suivent également le gabarit imposé et sont quasi aveugles, ce qui préserve l'intimité des propriétaires. En outre, la façade avant reste aussi relativement fermée. À l'inverse, la façade arrière s'ouvre entièrement au rez-de-chaussée comme à l'étage et se voit dotée de grandes baies vitrées.

L'urbanisme a fait la grimace mais n'a pu émettre qu'un commentaire positif concernant l'esprit inventif des architectes d'aujourd'hui. Les règles ont été respectées à la lettre, mais d'une manière créative," raconte l'architecte Myriam Vangenechten.

Les pans de façade en retrait de l'étage développent quasi automatiquement deux terrasses de toit, l'une côté rue et l'autre côté jardin. La terrasse à l'avant est beaucoup plus fermée que celle de l'arrière, pour des raisons d'intimité et de sécurité, car c'est ici que se situent les chambres des enfants.

Lumière filtrée

À l'arrière, la terrasse profite entièrement de l'orientation au sud. Les façades latérales - qui font partie de la toiture inclinée obligatoire - offrent un écran naturel face au vis-à-vis avec les voisins. "Les deux façades latérales quasi aveugles ont été perforées subtilement çà et là, en désolidarisant quelques briques dans la maçonnerie massive, précise Stephan Van Wassenhove.

Une lumière filtrée pénètre ainsi à l'intérieur du carport et dans les deux salles de bains de l'étage. L'entrée latérale vers le débarras a été habillée avec les mêmes bandes de briques que la façade et est dotée d'une poignée de porte industrielle."

Sofie De Vriese

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