En images: comment on a réussi à transformer ce terrain à bâtir (où pratiquement rien n'était en ordre) en habitation exceptionnelle

20/01/16 à 11:06 - Mise à jour à 11:06

Ce projet démontre qu'il est possible de réaliser une maison particulière sur une parcelle a priori totalement inadaptée. Les architectes ont transformé de main de maître les points faibles, à savoir la mauvaise orientation, le manque d'intimité et la surface très restreinte, et prouvent ainsi qu'il est possible de retirer un avantage de chaque inconvénient.

Tant la forme de la parcelle que l'orientation nord rendaient ce projet pour le moins compliqué. De ce fait, le maître d'ouvrage s'est même vu contraint de changer d'architecte en cours de route. " Le premier projet nous avait laissés sur notre faim. Les espaces n'étaient vraiment pas répartis de façon optimale et nous avions peu d'intimité. La colonne soutenant l'encorbellement, techniquement indispensable selon l'architecte, était pour nous un coup de poing dans l'oeil, raconte-t-il. Lorsque nous avons vu une photo d'un projet des architectes Graux & Baeyens dans la brochure de l'événement "Ma Maison Mon Architecte", nous avons immédiatement été séduits par leur style. Ce sentiment n'a fait que se renforcer lors de la visite de cette maison. Nous nous sommes dès lors adressés à eux et nous avons tout de suite compris que nous étions sur la même longueur d'onde. "

Sortir des sentiers battus

Même si le bureau d'architectes n'avait pas encore une longue expérience en 2009, le projet lui a d'emblée paru un beau défi à relever. " Dans des réalisations telles que celle-ci, l'architecture représente plus qu'un simple objet : nous pouvions contribuer à la qualité de l'habitat par notre projet. La possibilité de démontrer qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une parcelle parfaite pour réaliser une maison qualitative nous passionnait vraiment ", remarque l'architecte Koen Baeyens. " Nous voulions par la même occasion apporter une réponse univoque et donner une individualité à la maison, malgré les divers paramètres à gérer ", complète son associé. Pour mener à bien un tel projet, il y a toutefois une condition sine qua non : le maître d'ouvrage doit être ouvert aux solutions créatives qui sortent des sentiers battus. " Cela n'est pas toujours évident, mais nous sommes tombés ici sur le maître d'ouvrage parfait, qui a fait preuve d'une grande ouverture d'esprit et nous a toujours suivis dans nos idées ", conclut Basile Graux.

Comment ça, semi-mitoyenne ?

La parcelle est large côté rue mais elle se termine en pointe à l'arrière. " Cela réduit sensiblement tout contact avec l'environnement et surtout avec le bois environnant de Buggenhout. Nous avons dès lors rapidement décidé de transférer l'espace de vie au premier étage et d'intégrer les chambres au rez-de-chaussée. La façade libre de cette construction semi-mitoyenne était toutefois orientée vers le nord et donnait directement sur la maison des voisins. C'est pourquoi nous avons décidé de fermer totalement cette façade et de créer de l'autre côté - le long du mur mitoyen - une terrasse enclavée ", souligne Koen Baeyens.

Ce faisant, les architectes ont complètement renversé la structure logique de la maison. Néanmoins, cette intervention a permis aux occupants de profiter de leur intimité et d'un espace de vie transformé en cocon très douillet. " Les nombreux éléments vitrés créent une sensation d'espace, et l'intégration de l'escalier extérieur nous donne l'impression de vivre dans une maison quatre façades, plutôt que dans une maison semi-mitoyenne. Au rez-de-chaussée, seuls les espaces techniques et la salle de bains jouxtent la maison voisine. Outre les nombreuses vues sur l'environnement, ceci est pour moi un des aspects les plus réussis ", remarque le maître d'ouvrage.

Je vais construire & rénover n°387

Texte: Elien Haentjens - Photos: Luc Roymans - Graux & Baeyens Architecten

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