En images : Quand architecture moderne, durabilité et efficacité énergétique vont de pair

10/12/15 à 13:42 - Mise à jour à 13:41

Pour un nombre croissant de maîtres d'ouvrage, la construction écologique est la tendance du futur. Nous avons découvert dans la commune de Drongen un exemple rigoureux où l'architecture moderne se combine avec l'écologie et les économies d'énergie.

C'est sur ces trois piliers que l'architecte Katja Verdonck s'est basée pour concevoir son habitation, implantée sur une parcelle étroite et profonde de 20 mètres sur 70. Cela a donné naissance à une habitation rectangulaire, isolée de la rue et de l'autoroute situées au nord, mais entièrement ouverte sur le jardin orienté sud.

En matière de conception, l'habitation reflète une étonnante simplicité compacte sans que cette compacité hypothèque lourdement l'architecture. " Pour construire une habitation économe en énergie, il est essentiel de tenir compte de la compacité et de l'orientation de l'habitation dès la phase de conception du projet", explique Katja.

Ossature en bois

La structure de l'habitation a été réalisée à l'aide d'une ossature en bois montée sur place. L'isolation a ainsi pu être intégrée dans l'épaisseur des murs extérieurs, limitant celle-ci à 44 centimètres et permettant de disposer à l'intérieur d'une surface utile plus importante. Entre un panneau en fibre de bois à l'extérieur et une plaque OSB à l'intérieur, on a insufflé 18 centimètres de flocons de cellulose dans la structure portante en bois. Cette isolation est complétée par 6 centimètres de fibre de laine et de laine minérale dans l'épaisseur de la contre-cloison technique.

Autre avantage de la construction à ossature en bois : il s'agit d'une construction " sèche " (plaques de plâtre), ce qui contribue à limiter la durée du chantier. Les maîtres d'ouvrage ont donc pu s'attaquer rapidement aux travaux de parachèvement. À noter toutefois que le risque de surchauffe est un élément important à prendre en considération dans ce type de méthode de construction. " La structure possède en effet beaucoup moins de masse et a donc une capacité de stockage de chaleur (ou inertie thermique) moindre par rapport à une construction classique ", reconnaît l'architecte. Pour créer de la masse, elle a choisi d'isoler non seulement les murs extérieurs mais aussi toutes les cloisons intérieures ainsi que les planchers intermédiaires et la toiture à l'aide de flocons de cellulose. Le parachèvement en plaques de plâtre a également participé à une inertie thermique plus élevée et à une meilleure isolation acoustique.

Échangeur de chaleur géothermique

Les calculs PEB ont néanmoins révélé qu'un risque élevé de surchauffe subsistait. Katja a donc pris des mesures supplémentaires, comme le placement de vitrages quatre saisons en combinaison avec une protection solaire permanente au rez-de-chaussée, assurée par le débordement de l'étage, et un pare-soleil mobile à l'étage (screen). Le toit a pour sa part été muni d'un enduit de couleur argentée réfléchissant les rayons du soleil. Enfin, l'architecte a opté pour un échangeur de chaleur géothermique (puits canadien) relié au système de ventilation. L'air qui transite par le conduit souterrain de l'échangeur est réchauffé ou refroidi par le transfert de la température du sol - quasi constante à une profondeur d'environ deux mètres. En été, cela permet de ventiler avec de l'air rafraîchi passivement, tandis qu'en hiver, l'air extérieur est préchauffé avant d'entrer, ce qui améliore la récupération de chaleur dans l'échangeur double flux de la ventilation mécanique. Pour que le système puisse fonctionner de manière optimale, la commande de la récupération de chaleur s'opère au sein de l'unité de ventilation, et celle de l'aspiration de l'air extérieur par le sol est effectuée par le biais de la domotique.

TEXTE : Philip Willaert

PHOTOS :Luc Roymans

ARCHITECTE : Katja Verdonck

Nos partenaires