En images: tirez profit d'un terrain à bâtir difficile et de règles strictes

21/01/15 à 11:04 - Mise à jour à 11:04

Dans la campagne namuroise, l'architecte Christophe Sechehaye démontre à travers son propre logement que l'on peut faire de l'architecture dans le cadre d'un lotissement aux prescriptions urbanistiques strictes. Et que l'on peut aussi tirer parti d'un terrain difficile.

La parcelle de 12 ares sur laquelle l'architecte Christophe Sechehaye a construit sa maison était loin d'être la plus attractive. Très étroite, elle présentait aussi la particularité d'être en forte déclivité. " De la rue au jardin, il y a pas moins de 12 mètres de dénivelé ", commente l'architecte. " Ce terrain, qui faisait autrefois partie du jardin du voisin, est longtemps resté en vente avant d'être acheté par quelqu'un qui l'a revendu peu de temps après. À croire que personne n'en voulait... "

Challenge

L'étroitesse et la forte déclivité n'étaient pas les seules contraintes du site. La parcelle faisait en effet partie d'un lotissement et était soumise à des prescriptions urbanistiques datant des années 1970. " En tant qu'architecte, je suis régulièrement confronté aux inquiétudes - légitimes - des maîtres d'ouvrage face à l'aspect dérogatoire que peut présenter leur projet de logement. Avec ce projet, j'ai voulu démontrer que l'on pouvait créer de l'architecture sans devoir déroger à ces prescriptions. "

Étirer

Les prescriptions urbanistiques locales exigeaient une architecture de type traditionnel, avec une toiture à deux versants. Christophe Sechehaye a donc posé la forme traditionnelle imposée pour respecter ces prescriptions, mais il l'a étirée pour la projeter vers le vide et la vue panoramique sur la vallée de la Sambre qui se déploie en contrebas.

Affinage

Pour accompagner l'étirement de cette architecture de type traditionnel tout en optimisant sa lecture, l'architecte s'est concentré sur son profil. Comme s'il avait voulu en extruder la forme, il a creusé les pignons avant et arrière qu'il a réalisés en ossature bois et bardés de cèdre. La dissimulation des gouttières, la cohérence chromatique des matériaux utilisés et la composition des vitrages - tantôt en hauteur, tantôt en longueur, toujours en phase avec les lignes directrices - participent aussi de ce processus d'affinage.

Césure

En intégrant une partie professionnelle dans son projet, l'architecte voulait en avoir une lecture claire de l'extérieur. Pour bien la dissocier visuellement, cette partie professionnelle, placée à rue et disposant de sa propre entrée, s'achève par une césure nette, marquée par la zone d'entrée entièrement vitrée de la partie privée et par l'habillage en zinc au niveau de la toiture.

TEXTE: Stephan Debusschere

PHOTOS: Sandy Macharis

Architecte: Christophe Sechehaye

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