En images: Une surprenante habitation dressée à flanc de colline

27/08/15 à 10:23 - Mise à jour à 10:25

Des biches, des renards ou encore des écureuils. Voilà le voisinage quotidien du jeune architecte Anthony Seutin qui, au sortir des études, a entrepris seul la construction de sa maison namuroise, dressée sur le flanc d'une colline boisée. Une belle union entre simplicité et efficacité, justesse et nécessité, dans un esprit " cabane " très réussi.

Construire sa propre maison, c'est l'idée fixe d'Anthony Seutin alors qu'il suit ses études d'architecte. Lorsqu'il reçoit son diplôme, son projet a déjà bien mûri, et ses plans sont quasiment prêts. Cette maison, il l'imagine comme un refuge qui serait à la fois en retrait de la ville mais à proximité de tout. À la recherche du terrain qui pourrait concrétiser cette vision, il déniche un jour une parcelle en vente depuis une dizaine d'années. À croire que personne n'en voulait. De fait, le chemin forestier qui grimpe le long de cette colline boisée et s'achève en cul-de-sac sur une zone relativement plate est totalement impraticable pour les camions. De quoi refroidir les ardeurs de plus d'un candidat bâtisseur. Sans compter que l'accès difficile à ce terrain sauvage totalisant 70 ares n'est pas la seule contrainte.

En effet, la situation est également particulière sur le plan administratif, dans la mesure où le terrain semble inscrit en zone d'équipement communautaire au niveau du plan de secteur. Mais l'architecte se penche de près sur ce point, car la parcelle convient très bien à son projet. À raison, puisque la Région reconnaît finalement qu'il y a eu une erreur d'inscription... Anthony Seutin se voit donc confirmer la possibilité d'acquérir le terrain, sous réserve d'obtention du permis d'urbanisme.

Parcours du combattant

Obtenir le permis... Pas évident au vu de la nature du projet. Sans véritable façade, sans pente de toiture et sans corniche, son concept relève davantage d'une cabane. " J'étais presque convaincu que mon projet allait être refusé par l'administration ", explique l'architecte. Mais à sa grande surprise, l'urbanisme l'encourage et lui promet son meilleur soutien. " J'ai compris ce jour-là que l'administration était bien davantage un allié qu'un adversaire, et qu'elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour trouver, avec les architectes, des solutions face à des outils de planification complexes et parfois désuets. Cela a considérablement changé la vision que j'avais de mon métier, qui consiste à trouver des solutions et non à être sans cesse confronté à des problèmes. J'ai ainsi pu prendre conscience du rôle important que les architectes ont à jouer dans la cité. "

Le projet a tout de même failli ne pas aboutir, car la Région a, pour sa part, émis un avis défavorable, pour des raisons purement techniques. La commune n'a donc pas pu délivrer le permis directement. Mais le recours introduit auprès du ministre compétent et le soutien des responsables communaux ont finalement fait basculer la balance dans le bon sens.

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