Exploitation maximale

14/01/11 à 12:17 - Mise à jour à 12:17

Un ancien atelier implanté dans le fond d'une cour a été réaffecté en logement.

LIGNES DE FORCE 1. La transformation en logement d'un petit atelier en arrière-cour, sans en modifier l'aspect extérieur. 2. La rentabilisation de l'espace par la création d'une fosse surmontée d'une mezzanine pour augmenter la surface disponible de près d'un tiers. 3. L'interpénétration des différentes zones de vie et la suppression des fonctions non indispensables. 4. Le travail de la lumière, naturelle et artificielle, qui combine subtilement éclairages d'ambiance et fonctionnels.

ARCHITECTE Pascal Noé

Une rue citadine de maisons mitoyennes, dans la périphérie liégeoise. Entre deux immeubles, un écart. L'atelier qu'a réaménagé Pascal Noé, architecte, se trouve au fond de la cour. On pourrait presque passer devant sans le voir. Il y a quelques années, ce dernier a acheté un ensemble : une maison à front de rue et un entrepôt en fond de parcelle.

Si ce dernier a mis la maison en location, il se destinait l'entrepôt pour y vivre. L'endroit ne constituait pas le rêve de sa vie, mais il a considéré le projet comme un premier investissement. Un endroit où vivre seul ou en couple, durant quelques années.

Toiture à redents

L'atelier était composé des quatre murs de façades, couvert d'une toiture en "shed", ou toiture à redents, c'est-à-dire en dents de scie, typique des vieilles constructions industrielles. Si la première caractéristique présentait un avantage, l'endroit étant complètement vide, la seconde posait problème : vu la hauteur sous plafond, il était impossible en l'état d'aménager un premier étage.

Pascal Noé l'architecte a dès lors trouvé une solution : enterrer le salon, de manière à dégager de l'espace. "Comme il n'y avait pas assez de hauteur, on a creusé une fosse de 45 centimètres", explique-t-il. "Cette dimension n'est pas due au hasard : elle correspond à une hauteur d'assise. Pour rentabiliser l'espace au maximum, l'auteur du projet a également dessiné un grand placard qui longe l'escalier.

Outre le fait que ce dernier dissimule la circulation verticale, il profite aussi des moindres recoins sous les marches, jusqu'à devenir un coin technique là où l'espace le permettait pour installer la chaudière et la machine à laver.

La cuisine est quant à elle spacieuse. Elle s'étend sur toute la largeur de l'ancien atelier, et profite d'un vaste îlot central qui joue également le rôle de coin à manger. La dimension de cet élément a permis de supprimer la fonction de salle à manger. Du séjour, on ne remarque que les quelques marches qui débordent du placard censé dissimuler l'escalier.

L'aspect énergétique Une manière de susciter la curiosité des visiteurs, de suggérer que quelque chose se passe en haut, tout en conservant le côté privatif des fonctions qui s'installent à l'étage. La chambre profite du plateau ouvert en mezzanine, en ménageant un espace où se développe un bureau. Dans un souci d'homogénéité, le bureau est placé dans la prolongation du muret qui joue le rôle de garde-corps.

Quant à l'aspect énergétique, tous les murs extérieurs ont été conservés. Pour les isoler, il fallait donc procéder de l'intérieur. "Il y avait de beaux murs en brique apparente, mais je les ai cachés au profit des performances énergétiques", commente Pascal Noé.

Léa Bierlin

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