Formule maximale dans espace minimal

14/11/11 à 13:25 - Mise à jour à 13:25

Les architectes François Stekke et Serge Fraas ont réussi un tour de force en aménageant cet espace difficile en loft ouvert et lumineux avec des zones différenciées.

Lignes de force (selon l'architecte)

1. L'adéquation du programme au lieu 2. Le dégagement d'un maximum d'espace 3. La cellule sanitaire indépendante qui est une réponse à ce lieu précis

Architectes

Stekke + Fraas - 02 648 49 35

Au départ, il y a ce plateau traversant de 113 m², dans un lieu au passé industriel réaffecté en logements. Appelé "La Briqueterie" en raison de l'artère du même nom - et non en référence à une activité antérieure -, ce vaste complexe des années 1900 a été construit pour la Chocolaterie Derbaix Frères, secteur jadis prospère à Laeken. Après les douceurs, c'est une entreprise de déménagement qui occupera les lieux et les adaptera à ses activités.

Au début des années 2000, ce complexe typique de l'architecture industrielle du début du XXe siècle, sis à un jet de pierre de Tour & Taxis, fait l'objet d'un projet de renaissance dans le secteur du logement. C'est l'association momentanée Bernard Delwarde, CF Architecture sprl et Carlos Florin qui mène à bien l'opération. Les appartements sont livrés casco (gros oeuvre, terrasse aménagée, gaine technique avec arrivées eau, gaz, électricité et évacuation des eaux usées).

Les contraintes comme moteur du projet

C'est à ce moment qu'interviennent les architectes bruxellois Stekke et Fraas pour le compte d'un jeune propriétaire tombé sous le charme de l'endroit. Trois éléments étaient indispensables aux yeux de celui-ci quant à la localisation de son bien : proximité d'un parc et d'une station de métro, et présence d'une terrasse (bien orientée de surcroît !). À ces conditions s'ajoutaient celles d'un espace à l'esthétique industrielle authentique, ouvert mais pouvant être cloisonné, d'une superficie suffisante et d'un prix abordable.

La demande du client était d'y aménager un appartement à une chambre, qui resterait dans l'esprit du loft. Fort heureusement, ce programme minimum a pu être réalisé dans cet espace assez complexe. En effet, la disposition traversante, tout en offrant des vues de part et d'autre, engendre un espace qui se développe tout en longueur avec une partie centrale assez sombre. Le cloisonnement devait impérativement tenir compte de ce facteur lumière. Par ailleurs, l'implantation de la gaine technique et des évacuations dictait en partie l'organigramme, de même que la terrasse et l'orientation impliquaient logiquement certaines fonctions.

La forme complexe du lot et la position de la porte d'entrée ne facilitaient pas la tâche. D'autres contraintes émanaient de la copropriété. Ainsi, pas question de changer quoi que ce soit au niveau des façades ou des châssis (en aluminium), obligation de traiter les éléments en fonte avec une peinture ignifuge et, surtout, obligation de respecter une surcharge maximale sur la dalle existante et de réaliser une isolation acoustique au sol.

C'est ce dernier point qui a conduit à utiliser une chape légère (chape à l'argex) et à réduire au strict minimum les épaisseurs de chapes (composition : chape technique d'égalisation/couche d'isolation acoustique avec remontées périphériques/chape flottante de finition/revêtement de sol bois ou acier).

Laure Eggericx

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