L'âme et la matière

21/10/11 à 15:20 - Mise à jour à 15:20

L'architecte a réussi le pari de construire son nid dans un bâtiment néo-gothique flanqué d'ailes plus récentes, en mariant l'authentique et le contemporain.

Lignes de force (selon l'architecte/maître d'ouvrage)1. Des lignes pures mais pas de minimalisme absolu. 2. Une transparence entre les espaces mais pas d'ouverture totale. "Cela permet de découvrir l'appartement progressivement, au fil de la visite. Et de jouir de points de vue inattendus." 3. Un travail volumétrique bien proportionné. 4. L'emploi de matériaux nobles et contrastés comme le bois, la brique, le métal... Et des couleurs qui tranchent.

ArchitecteOlivier De Sorgher pour DDGM Architectes Associés - 02 511 96 95 ou 0477 48 95 11

De l'extérieur, l'ensemble, sis dans un cadre bucolique, ne manque pas de distinction. Constitué d'une ancienne aile de ferme, d'un édifice de style moyenâgeux et d'une partie plus récente, il dégage un charme d'antan que l'on soupçonne d'emblée à l'intérieur.

L'appartement qui nous intéresse a été entièrement rénové par son propriétaire. Il nous surprendra par sa modernité, ses multiples astuces architecturales et son jeu de contrastes qui, tel un fil d'Ariane, ponctue l'ensemble du duplex.

Un beau potentiel Bruxellois d'origine, l'architecte et maître d'ouvrage est tombé sur la bâtisse un peu par hasard. "Je cherchais un bien pour mon père pensionné, qui souhaitait migrer à la campagne. C'est ainsi que j'ai découvert ce bâtiment, dont j'ai rapidement pu évaluer le potentiel, confie Olivier De Sorgher. Tout était à refaire, bien sûr, mais la bâtisse jouissait d'un bel emplacement au coeur d'Ohain, et sa tour avait une âme. En outre, c'était à vendre pour une croûte de pain." Spécialisé en restauration de monuments historiques et en architecture contemporaine, le propriétaire a, dès le départ, eu l'idée d'exploiter subtilement ces deux disciplines dans son habitation.

Six années se sont écoulées entre le moment où l'architecte a acheté le bien et la date de son emménagement. "J'ai dû demander plusieurs permis d'urbanisme à la commune, et je ne les ai pas toujours obtenus rapidement. J'ai également tout désossé seul, des sols aux plafonds." Déformation professionnelle oblige, Olivier De Sorgher a aussi eu tendance à modifier et remodifier ses plans jusqu'à la perfection.

Côté rue, un soubassement en pseudo-moellons (essentiellement décoratifs), des créneaux et un style gothique signent le caractère de l'édifice. Le bâtiment a été laissé tel quel, à l'exception de quelques interventions nécessaires comme le remplacement des châssis (en méranti).

"Le bâtiment blanc, à droite, a été bâti à l'aide de briques trop crues. En conséquence, chaque hiver, l'eau s'infiltre, fait éclater un centimètre de brique, et la peinture saute. Un jour prochain, nous serons sans doute obligés d'y appliquer un enduit."

Stavie Deroc

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