La possibilité d'une plate-forme

12/08/10 à 11:16 - Mise à jour à 11:15

Au pays des collines, la tradition rurale ne semblait en rien propice à l'édification d'un projet contemporain.

LIGNES DE FORCE 1. Une dynamique cohérente et agréable entre les 3 volumes. 2. Un ensemble qui assure une liaison naturelle avec le bâti existant. 3. Une implantation pertinente de chacun des volumes. 4. Une intégration volontairement discrète. 5. Une exploitation optimale de l'orientation.

ARCHITECTEJean-Pierre Navez

Une plate-forme. Tel était le désir du maître d'ouvrage en acquérant cette grande parcelle de 25 ares cernée par deux grandes bâtisses rurales. Une idée plutôt utopiste au vu de la situation et des contraintes urbanistiques locales. La faible probabilité d'obtenir le permis d'urbanisme en présentant un projet tellement contrasté avec le bâti rural existant aurait en effet pu en décourager plus d'un. Mais preuve est faite désormais qu'une telle architecture est possible au pays des collines, quelle que soit la difficulté de son contexte.

La configuration du site présentait des particularités qui ont favorisé le souhait du maître d'ouvrage de bâtir une plate-forme et la volonté de l'architecte d'intervenir le plus discrètement possible. Premier avantage : la présence d'un mur de clôture à rue qui rend le nouveau bâtiment quasiment invisible de la voirie.

Trois volumes

Le projet s'articule en trois volumes à toits plats, agencés perpendiculairement l'un à l'autre, avec des niveaux ajustés pour créer une dynamique cohérente et agréable : un rectangle bas et deux rectangles de deux niveaux. Comme les bâtiments voisins et le mur à rue, ces trois blocs sont habillés de briques de terre cuite, ce qui a permis en soi un vrai dialogue avec le bâti existant. Les toitures plates offrent quant à elles une souplesse d'articulation des volumes tout en présentant l'expression la plus simple et la plus synthétique de l'esprit du projet. L'arrière du terrain ne présentant aucun vis-à-vis, le projet pouvait très largement s'ouvrir vers l'extérieur. D'immenses baies vitrées enchâssées dans de l'aluminium garantissent aux habitants une vue panoramique sur le jardin, dont la terrasse en bankiraï se dilate généreusement pour accueillir une piscine.

Bon sens

"De telles baies vitrées étaient inconcevables il y a 20 ans, explique l'architecte. Aujourd'hui, les nouvelles techniques permettent ces grandes dimensions de vitrage. En les exploitant, on peut non seulement créer du confort visuel, mais aussi développer une approche bioclimatique au sens classique du terme."

La création des baies au sud-ouest constitue en effet un véritable apport thermique : la chaleur engendrée par le rayonnement solaire suffit souvent à chauffer confortablement les zones de vie correspondantes. "Il faut veiller à ne pas oublier ce principe de base au profit des nouvelles technologies visant à économiser l'énergie, commente l'architecte. Ainsi, il ne sert à rien de construire une maison passive si l'orientation du bâtiment n'est pas propice. C'est une question de bon sens."

Stephan Debusschere

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