Le règne de la nature

13/12/10 à 15:04 - Mise à jour à 15:04

Plutôt que de suivre l'exemple de leurs voisins, les propriétaires de cette maison ont préféré se fondre dans le paysage.

LIGNES DE FORCE 1. La volumétrie originale de cette maison contemporaine, qui lui permet de se fondre dans le paysage sans heurter le voisinage. 2. La configuration des espaces et l'inversion des niveaux, dictées par le site. 3. Le respect maximal d'un terrain fortement pentu et de son environnement direct. 4. La relation intime intérieur-extérieur : la nature pénètre jusqu'au coeur de la maison. 5. La sobriété dans le choix des matériaux, mariant subtilement les matières lourdes et légères.

ARCHITECTEAtelier d'architecture Grondal et associés

Le quartier a beau être récent, il est des plus classiques. Les maisons de briques, quatre façades, se succèdent les unes aux autres. Les habitants de ce lotissement d'Embourg, en région liégeoise, ont tous opté pour un même style traditionnel. Tous, sauf un...

Dans le bas de la rue, un couple a choisi une autre architecture, qui tranche, certes, mais sans pour autant dénoter... Plutôt que de s'implanter sans originalité sur ce site en pente, ouvert sur les bois, les propriétaires ont préféré s'adapter et se fondre dans le terrain. Le principe : encastrer une lourde assise en maçonnerie dans le talus et y intégrer les fonctions de nuit, au niveau du jardin en contrebas.

Vue sur la forêt

Une structure plus légère, couverte de zinc, vient se poser sur ce socle au niveau de la rue. Ce volume reçoit les espaces de vie. De ce fait, la configuration des espaces est inversée par rapport aux maisons traditionnelles. L'avantage de ce système : la pente du talus n'a presque pas été modifiée. Et puisque les pièces de nuit se trouvent au niveau du jardin, la maison perd un étage par rapport à ses voisines. Caractéristique qui permet à cette maison contemporaine de se fondre plus discrètement dans l'environnement.

Le volume des espaces de vie, tourné vers l'ouest, puise de la lumière indirecte à l'est grâce à sa toiture à un pan, surélevée côté rue et posée sur un bandeau vitré. Salon et salle à manger profitent pleinement de la vue sur la forêt. Dans le prolongement, une terrasse, implantée plein sud et couverte par le débordement de toiture, permet d'accéder au jardin.

Intérieur-extérieur

Là aussi, l'accent est mis sur la relation intérieur-extérieur : le plafond, telle une grande aile blanche, se prolonge au-dehors, simplement séparé de l'espace de vie par un vitrage dont les châssis sont encastrés. Il n'y a plus de frontière. La cuisine participe à l'espace qui reçoit le salon et la salle à manger. Mais elle se trouve côté rue et profite à la fois de la vue sur l'avant, via une fenêtre en bandeau située en hauteur, et de la forêt à l'arrière. Structurée par un îlot central, elle est équipée d'armoires en stratifié gris clair et anthracite, et de plans de travail en granit noir.

La conception architecturale et le choix des techniques ont été dictés par une volonté de réduire les besoins en matière d'énergie. Les architectes ont imaginé cette maison en pensant compacité, inertie thermique et solaire passif. Ils ont également renforcé l'isolation.

Un système de chauffage par le sol a été installé dans toute la maison ; il est alimenté par une chaudière gaz à condensation avec sonde extérieure. Poêle à bois et citerne à eau de pluie complètent le tableau. Impossible par contre de placer des panneaux solaires sur la toiture en zinc, en raison de sa mauvaise orientation.

Léa Bierlin

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