Un loft cosy

09/08/10 à 15:38 - Mise à jour à 15:38

Le mot "loft" a beau fréquemment s'accoler avec les adjectifs "froid" et "impersonnel", l'architecte Ludovic Sohet a choisi de prendre la tangente, en optant pour un aménagement chaleureux et convivial.

LIGNES DE FORCE 1. La conversion d'un ancien bâtiment industriel en logement. 2. La configuration de l'espace et la répartition des fonctions : tout est généreusement ouvert, mais chaque zone profite d'une atmosphère propre. 3. Le patio, qui offre aux habitants un espace extérieur tout en illuminant l'intérieur. 4. L'escalier monumental et la passerelle qui structurent l'espace de vie et l'occupent sans l'envahir. 5. La qualité et la taille du volume, situé à deux pas du centre-ville.

ARCHITECTEASJ Concept, Ludovic Sohet

Si certains quartiers de Liège très prisés paraissent saturés, il y a parfois moyen de tirer profit d'espaces insolites, avec un peu de chance et de l'imagination... C'est la carte qu'a choisi de jouer Ludovic Sohet, du bureau ASJ Concept. Avec succès. Dans ce coin de la Cité ardente cerné par la Meuse et la dérivation de l'Ourthe, les bâtiments se succèdent comme des buildings sur un front de mer.

L'endroit, situé à deux pas du centre-ville, est idéal. Au rez-de-chaussée de l'un de ces immeubles à appartements, récemment rénové, un couloir mène à une cour intérieure et donne sur un entrepôt désaffecté. Là, si les deux premiers plateaux sont destinés à recevoir des voitures, un escalier métallique grimpe au deuxième étage.

Deux éléments

L'architecte a choisi d'exploiter le sommet de ce vieux bâtiment industriel pour y installer sa famille. Un loft aujourd'hui aménagé sur deux niveaux, illuminé et ouvert sur une perspective tout aussi intéressante que la Meuse : la dérivation de l'Ourthe, qui s'écoule à l'arrière de l'immeuble.

Le bâtiment se divise en deux éléments. Un premier bloc à toiture plate, situé à l'avant, reçoit aujourd'hui l'entrée et les zones de service. Il est accessible par l'escalier métallique qui s'installe dans la cour intérieure. Particularité de ce volume : son coeur est évidé et un jardin suspendu s'y développe. Les murs extérieurs ont été conservés pour favoriser l'intimité des occupants. Cet espace est comme une pièce sans toit, garnie d'un mur végétal. Il fait entièrement partie de l'intérieur, grâce aux grandes baies coulissantes qui effacent la limite entre dedans et dehors.

C'est dans le second volume que se déploient les zones de vie. On y pénètre par une porte coulissante translucide, qui isole le sas d'entrée. L'espace est plus élevé, généreux, situé sous une toiture à double versant et baigné de lumière grâce aux nombreuses baies.

Large escalier

Deux anciennes fermes de charpente métalliques, toujours porteuses, organisent l'espace. Autrefois libres, elles sont désormais soutenues par une série de colonnes d'acier. Leur rôle : consolider la structure qui reçoit les planchers du niveau supérieur et définir les zones de vie.

L'espace s'étend sur 130 m², généreusement ouvert, mais les fonctions se différencient les unes des autres par des hauteurs sous plafond variables et par leurs couleurs, recréant une atmosphère propre à chacune. La zone centrale est laissée libre, profitant de toute la hauteur du bâtiment.

Pour grimper à l'étage, un large escalier de verre et d'acier s'implante au coeur du loft, dans la travée centrale. Cet escalier monumental habille l'espace tout en légèreté, en s'imposant plutôt qu'en se cachant. Les deux plateaux de l'étage, placés de part et d'autre des fermes, sont reliés par une passerelle qui s'appuie sur un pan de mur accueillant le feu ouvert.

Léa Bierlin

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