L'architecte paysagiste : lumières sur un métier méconnu

11/02/11 à 15:02 - Mise à jour à 15:02

Source: Je Vais Construire

Le métier d'architecte paysagiste a beaucoup évolué : c'est autant un professionnel qu'un homme d'idées.

L'architecte paysagiste est l'un des nombreux professionnels susceptibles d'intervenir lors d'un projet de construction ou de rénovation. Gros plan sur ce métier méconnu qui a beaucoup évolué ces dernières années.


"L'architecte de jardin est un expert et un concepteur. Son métier ne se résume pas à remplir de l'espace avec des plantes ou, plus caricatural encore, à remplir des bacs." Cette mise au point qui est le fait de Luc Lampaert, secrétaire de l'ABAJP*, permet de resituer la profession dont les missions sont de plus en plus variées.

Que l'on songe aux toitures vertes, aux murs végétaux ou "vivants" auxquels Patrick Blanc a donné ses lettres de noblesse - y compris en plein centre de Bruxelles, au Parlement -, aux terrasses, aux constructions de jardins et à la diversité des plantes et des matériaux, de la terre cuite au bois en passant par le béton et les matières recyclées...

Compétences et domaines d'intervention


La tâche du paysagiste est aussi vaste que variée. Elle vise à augmenter la qualité spatiale de l'environnement. En tant que concepteur et spécialiste de la planification spatiale, le paysagiste conçoit - dans le cadre de missions publiques ou privées - des projets pour l'aménagement (nouvel espace) ou le réaménagement de l'environnement et assure le suivi de la réalisation.

Sa mission ne se limite pas au végétal, dont certains projets se passent d'ailleurs fort bien. Et notre interlocuteur d'évoquer l'aménagement exclusivement minéral d'une cour. Car le métier ne s'attache pas qu'aux grands espaces. Il peut concerner une cour de 10 m² comme un parc de 10 hectares.

L'intervention du spécialiste commence aux murs extérieurs de la maison pour se terminer à la clôture de la propriété ! Mais petit ne rime guère avec facile. Il est parfois bien plus complexe d'exploiter un petit espace qu'un vaste domaine jouissant d'espace à foison, avec grand étang, piscine, terrasses, potager...

Ces dernières décennies, la discipline s'est manifestement étendue au-delà de la conception des parcs et jardins pour englober le paysage et l'"espace libre", dans des contextes urbains comme ruraux (voir à ce sujet le site www.abajp.be ainsi que les publications de l'association, qui expliquent l'évolution de la profession et de ses missions et reprennent une liste avec les coordonnées de ses membres ainsi qu'une foultitude d'informations sur les formations, recyclages et autres groupes de travail).

Missions


Dans le cadre de missions privées, le paysagiste établit des projets, contrôle l'exécution, donne des avis pour l'aménagement, le réaménagement et la gestion de jardins, de parcs et d'ensembles récréatifs, de zones vertes autour des entreprises, etc.
Dans le cadre de missions publiques, l'architecte paysagiste est chargé de réaliser des études, de concevoir des projets et de donner des avis pour :
- les plans et schémas de structure, les plans d'aménagement ;
- les plans de paysage dans le cadre du remembrement et de l'aménagement du territoire ;
- les plans de gestion dans le cadre de monuments et sites (classés) ;
- les plans communaux de développement de la nature ;
- les études d'incidence ;
- les plans d'aménagement ou de réaménagement d'espaces récréatifs, terrains de sport, parcs publics et autres espaces verts urbains, plaines de jeux, cimetières... ;
- l'aménagement ou le réaménagement du domaine public ;
- la gestion des espaces verts ;
- etc.

Le paiement

S'ils n'agissent pas sous contrat d'emploi, les architectes paysagistes sont rémunérés par leurs clients, selon une convention qui aura été définie dès le premier contact (voir supra). Deux possibilités s'offrent au client pour le paiement : soit au forfait pour la mission complète (en général jusqu'à la réception définitive), soit au pourcentage (entre 6 et 12 %, voire 15 %). Cette seconde option, moins claire, n'a guère les faveurs de Luc Lampaert qui estime que "ce n'est pas le coût qui fait la valeur d'un projet, car on peut réaliser le même projet avec des matériaux plus ou moins chers" !

La formation


La profession n'est pas reconnue à ce jour, mais la protection du titre est en cours (loi cadre 2006). Plusieurs écoles du nord et du sud du pays dispensent un enseignement de qualité, de type bachelor et/ou master.

Laure Eggericx

Merci à Luc Lampaert, secrétaire de l'ABAJP.


Nos partenaires