Bourgeoise et contemporaine

16/05/11 à 16:37 - Mise à jour à 16:37

Transformer une imposante bâtisse de la fin du XIXe siècle en maison moderne, tel était le défi à relever par l'architecte Jean-Pierre Navez.

LIGNES DE FORCE 1. Le séjour reliant le bâtiment principal et la grange (distants de 20 mètres). 2. L'intimité totale grâce au bâtiment de bureaux situé juste en face des baies vitrées du séjour. 3. Le bloc incluant les sanitaires et le vestiaire au coeur du salon, autour duquel il est aisé de se mouvoir grâce à une double circulation. 4. Le jeu de plans différents grâce aux espaliers en inox et en bois qui ornent la façade vitrée et font oublier les limites du construit. 5. L'impression de suspension de la couverture qui se détache de tout point d'appui et confère à l'espace un sentiment de légèreté.

ARCHITECTE Jean-Pierre Navez

La principale intervention réside dans le remplacement des anciennes dépendances par un "trait d'union" léger et lumineux entre le bâtiment principal et la grange située à 20 mètres de la façade arrière. Cet espace est ponctué par un noyau technique accueillant sanitaires et dressing, isolant le séjour d'un espace réservé aux enfants.

Détails baroques

La cuisine actuelle occupe une partie de l'ancien garage ; elle s'ouvre largement sur la cour intérieure et participe ainsi activement à son atmosphère particulière. L'ancienne pièce principale est accessible via une double porte d'époque d'aspect monumental. Cet espace a été transformé en salle à manger pour les réceptions, et en petit salon pour les enfants. Quelques détails baroques dialoguent avec les majestueuses moulures qui ornent le plafond.

Patio

L'architecte a orienté son projet autour d'un patio situé entre cette pièce à l'esprit baroque et la nouvelle partie, le séjour actuel. Planté de bambous, le patio offre une vision verte vers l'extérieur.

Pour relier le bâtiment d'origine à la grange, les anciennes annexes ont été détruites pour donner vie à un "tunnel" à toit plat en zinc, de 80 m². Cette pièce très contemporaine est revêtue au sol d'un chêne blanchi. Très épuré, simple et léger, ce salon tranche avec le style des pièces originelles.

Construction japonaise

Derrière l'écran plat intégré dans le mur du fond, un cube technique a été aménagé et abrite un vestiaire et des toilettes. Uniquement visible lorsqu'on le dépasse, ce bloc a intelligemment réussi à découper l'espace pour créer, à l'arrière, un coin pour les enfants comprenant une bibliothèque et une télévision. Dans un souci de légèreté, l'architecte a dégagé le cube du plafond.

La philosophie du bâtiment rénové rejoint celle des archétypes de la construction japonaise. On y trouve en effet une terrasse au même niveau que le sol intérieur, une charpente qui poursuit légèrement sa course à l'extérieur, créant de la sorte un petit auvent protecteur, et des éléments coulissants. Dans un même esprit, on note une affirmation de la structure, ainsi qu'un plan libre, ouvert, dont les articulations sont créées par une dissociation des fonctions.

Une bâtisse qui apporte à chaque pas son lot de surprises. Une mise en scène habilement orchestrée dans un esprit japonisant très lumineux, où la noblesse des matériaux semble voyager à travers le temps et l'espace.

Stavie Deroc

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