Le doux parfum des briques

05/08/10 à 15:58 - Mise à jour à 15:58

Aménager en habitation une bâtisse industrielle à l'abandon, sans pour autant intervenir trop radicalement au niveau de l'authenticité du site historique qui accueille la bâtisse en question. C'était l'objectif du bureau d'architecture anversois Verdickt & Verdickt.

LIGNES DE FORCE 1. La grande force de la bâtisse réside dans sa simplicité. 2. L'âme de l'ancienne briqueterie a été préservée. 3. Un effet maximal avec un minimum d'interventions 4. Le principal défi : aménager différentes fonctions dans un seul espace relativement limité.

ARCHITECTEVerdickt & Verdickt

C'est dans l'ancienne zone de briqueteries à proximité de Boom que Sven et Lieve, tous deux amateurs d'art et doués d'un esprit créatif, ont acquis une ancienne briqueterie. La bâtisse se trouvait dans un état de délabrement avancé. Carl Verdickt admet que la nature du projet lui a plu d'entrée de jeu. "Nous réalisons relativement souvent des projets de réaffectation où nous tentons de préserver l'âme de la bâtisse en pratiquant un minimum d'interventions."

Sur base de cette philosophie, on a très vite réalisé que le bâtiment qui nous occupe ne demandait que peu d'adaptations. On peut d'ailleurs facilement s'en rendre compte si l'on considère les cinq fours auxquels on n'a pratiquement pas touché, si ce n'est au niveau de l'étanchéité à l'eau et au vent et du sablage qui s'est accompagné de l'une ou l'autre réparation indispensable.

Caractère industriel

Mais le tout s'est fait en fonction de la préservation de l'identité de cette partie du bâtiment. "Le mot d'ordre était : "aussi industriel et minimaliste que possible", tant au niveau de l'atmosphère que du budget.

Toute la bâtisse "respire" la brique et nous ne voulions surtout rien y changer. Le bâtiment présente une bonne inertie, ce qui garantit une douce chaleur en hiver et une agréable fraîcheur en été." Les architectes n'ont guère ajouté beaucoup d'autres matériaux. L'intervention la plus notoire est le revêtement de sol en béton poli, qui s'inscrit par ailleurs totalement dans la notion de respect pour le caractère industriel du bâtiment.

L'un des fours d'origine est devenu un long sas qui permet d'accéder aux pièces à vivre. L'intervention s'est limitée ici à pratiquer une ouverture et n'a demandé aucun réaménagement : la structure est restée telle quelle.

Simplicité

À l'extrémité de la pièce de vie, à l'endroit où se trouvait autrefois une cabine à haute tension, les architectes ont percé une grande baie vitrée pour laisser entrer la lumière à volonté. À cette baie s'ajoutent de grands lanterneaux. Ces ouvertures existaient déjà, mais elles étaient recouvertes de tôles ondulées industrielles ; les architectes les ont préservées et ont remplacé les tôles par des lanterneaux pourvus de vitrage pare-soleil. La lumière du jour pénètre donc généreusement au coeur de l'habitation.

La force du projet ? "Incontestablement la simplicité ! On dirait qu'il n'y a pas eu ici la moindre intervention, et pourtant, c'est loin d'être le cas. Pour obtenir cela, il a fallu travailler très minutieusement, sans que les détails se remarquent pour autant. Le résultat se veut intemporel : les propriétaires habitent dans une briqueterie, et non dans une habitation qui était autrefois une briqueterie. C'est précisément ce que nous avons tous voulu, depuis la case départ."

Dirk De Mesmaeker

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