Une expérience de vie étonnante

10/07/15 à 15:30 - Mise à jour à 15:30

Même si elle date de l'entre-deux-guerres, cette maison de rangée très ordinaire, située à Uccle, a été entièrement remise au goût du jour. L'architecte Nicolas Van Eetvelde a veillé à conserver le lien avec le passé, tout en conférant à cette habitation une touche sobre et contemporaine lui permettant de répondre aux desiderata actuels. Cette maison, très lumineuse, est un exemple de variation de perspectives.

Cette maison de rangée est située dans une rue à l'aspect hybride : une alternance de maisons mitoyennes, de villas et de maisons de type bel étage, plongées au milieu des espaces verdoyants qui s'étendent à cet endroit de la périphérie bruxelloise. La rue est située en bordure d'un espace vert de quelque 8,5 hectares, composé de potagers, de pâturages et de bois. Un quartier qui n'a plus aucun secret pour l'architecte Nicolas Van Eetvelde.

Son architecture se caractérise par une grande simplicité et un souci du détail, qui font que ses habitations respirent la légèreté. Dans tous ses projets, un rôle prépondérant est accordé à la lumière. Ici aussi, cette dernière y triomphe très gracieusement. Du rez-de-chaussée à l'étage supérieur, la lumière est omniprésente et se répand dans les moindres recoins de l'espace.

Des niveaux intermédiaires

Le précédent occupant était menuisier et avait aménagé son atelier au rez-de-jardin, là où se trouve actuellement le salon. La maîtresse de maison le connaissait bien car autrefois, ils avaient été voisins. Un jour, elle a eu l'occasion d'acquérir la maison. Excepté la structure globale, peu d'éléments d'origine ont été conservés.

Nicolas Van Eetvelde a entièrement redessiné l'habitation pour créer une expérience de vie unique pour le couple et ses trois enfants. À peine franchi le pas de la porte, on se rend compte de la simplicité de sa réalisation. Dès l'entrée, le regard est en effet attiré par l'escalier en bois d'origine. Ce dernier ne relie pas uniquement deux étages, mais constitue également le lien entre passé et présent. C'est presque un signe métaphorique qui indique que cette habitation a été conçue au sein d'une structure existante, étendue vers la partie jardin sur l'ensemble de la hauteur. C'était d'ailleurs une nécessité car l'habitation d'origine était trop étroite pour héberger une famille de cinq personnes. Cette maison se caractérise également par ses niveaux intermédiaires. Un aspect que l'architecte a conservé dans les nouveaux plans.

Une unité formelle

Lorsqu'on pénètre dans l'habitation, on est aussitôt envahi par le grand sentiment d'espace suscité par la cage d'escalier et l'énorme vide situé au-dessus. Toutes les pièces donnent sur cet espace central où la lumière du jour confère une note de légèreté. La cage d'escalier, normalement très sombre, semble pour ainsi dire transparente grâce aux judicieuses ouvertures et aux découpes permettant à la lumière de s'infiltrer à l'intérieur. Le hall d'entrée central " réunit " l'ensemble et, grâce à l'abondance de lumière, offre un grand sentiment d'espace. L'architecture est originale et toujours lumineuse, en partie grâce à l'usage de matériaux qui semblent défier la pesanteur. En même temps, elle n'est pas dépourvue de matériaux puissants. Ainsi, les sols et les escaliers sont revêtus de bois de chêne, ce qui constitue un clin d'oeil à la nature mais présente aussi une forte unité formelle.

Raumplan

Nicolas Van Eetvelde évoque le mot Raumplan (plan d'espace) en référence à Adolf Loos, architecte autrichien actif au tournant du XXe siècle, défenseur du dépouillement intégral. Dans cette vision, le mouvement de conception architecturale va de l'intérieur vers l'extérieur. L'extérieur fait littéralement fonction de vaste écran destiné à protéger la vie privée. L'intérieur se dévoile aux habitants comme une succession d'espaces, dotés de caractères totalement différents. Dans cette habitation, les références au Raumplan sont clairement présentes par le décalage des niveaux. Dans un tel plan, la répartition des espaces à l'intérieur de l'habitation dépend du volume de la construction. Chaque pièce se voit par ailleurs attribuer une dimension et une hauteur appropriées à sa fonction et son degré d'importance.

Facilité d'entretien

Tout comme c'est le cas dans l'architecture d'Adolf Loos, on observe ici que les fonctions sont reliées par des escaliers. Quelques marches comblent en effet la différence de niveau entre le salon, au niveau du jardin, et le rez-de-chaussée. En partant de tout en bas pour rejoindre l'étage, on découvre progressivement les pièces et les échappées. On a l'impression de se balader le long d'espaces avec une alternance de vues et de perspectives. À tous égards, cela crée une expérience de vie particulière et chaque fois renouvelée. Pour les petits escaliers aux allures de passerelles, Van Eetvelde a souvent fait usage de fines structures d'acier laquées de blanc, qui confèrent une certaine légèreté à l'ensemble. Cela vaut d'ailleurs pour tous les espaces répartis au sein de l'habitation selon leur degré d'importance. En raison des dimensions différentes des espaces et des divers intérieurs, chaque pièce revêt son propre caractère et dégage une ambiance particulière. De cette manière, les espaces sont séparés et se différencient les uns des autres par l'atmosphère qu'ils dégagent et la fonction qu'ils revêtent, sans que des murs soient nécessaires. Ainsi, la salle à manger est longue et étroite mais particulièrement fonctionnelle et regorge d'espaces de rangement. Ici, les mots d'ordre sont efficacité et facilité d'entretien. Les parents exerçant tous deux un métier prenant, ils ont en effet tout intérêt à résider dans une habitation pratique.

Un refuge

Le bureau situé à l'étage revêt un caractère très personnel. Il est séparé du reste de l'habitation, mais y reste visuellement relié par une baie vitrée horizontale à même le sol, permettant d'avoir une vue sur la salle à manger et toutes ses activités. Une longue vitre permet également d'admirer la nature verdoyante qui enchante le regard et laisse courir l'imagination.

Un demi-étage plus haut se trouvent les chambres des enfants, spacieuses et lumineuses. Les enfants disposent également de leur propre salle de bains et toilettes. Le sommet de l'habitation abrite la chambre à coucher principale, de taille moyenne, offrant une belle vue sur les jardins environnants. Ici aussi, la lumière est omniprésente. Cette chambre à coucher, située sous le faîte, semble séparée du monde. C'est en quelque sorte le refuge des parents où ils peuvent se retirer paisiblement, loin de toute agitation. Il est clair qu'un lieu d'habitation est avant tout un lieu d'existence.

Quelques prix au m2

Parquet en chêne :

90 euros/m2, placement inclus, hors TVA

Dalles en céramique :

70 euros/m2, placement inclus, hors TVA

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